L'Union européenne avance sur l'adhésion de l'Ukraine. Selon Euronews, qui a publié l'information le 13 octobre, les gouvernements des Vingt-Sept, réunis au sein du Conseil, ont convenu d'ouvrir deux groupes de négociation de plus avec Kiev, ce qui porte à quatre sur six le nombre de groupes ouverts. La Hongrie, qui bloquait ce dossier depuis des années, a levé son veto.
Ce qui a débloqué la situation
Le blocage tenait à un différend sur les droits de la minorité hongroise d'Ukraine. Budapest reprochait aux lois ukrainiennes de 2015 et 2017 sur l'éducation et la langue de limiter l'usage des langues minoritaires dans les écoles. Sous Viktor Orbán, la Hongrie s'est servie de ce grief pour freiner l'avancée du dossier.
Depuis la victoire de Péter Magyar aux élections d'avril, Budapest adopte une ligne plus pragmatique, écrit Euronews. L'AFP rapportait déjà le 3 juin que M. Magyar avait annoncé un « accord historique » avec l'Ukraine sur ce sujet. Après des discussions lundi à Luxembourg avec la ministre hongroise des Affaires étrangères, Anita Orbán, le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Sybiha, a dit que les deux parties s'étaient entendues sur les prochaines étapes et saluaient les progrès dans la mise en œuvre de leurs engagements bilatéraux.
Ce que prévoit la nouvelle loi ukrainienne
Selon Euronews, le texte permet à des écoles où plus de la moitié des élèves étudient dans une langue minoritaire officielle de l'UE d'obtenir un statut juridique spécial. Celles qui l'avaient à l'entrée en vigueur le conservent si au moins 20 % des élèves étudient encore dans cette langue. La loi élargit l'usage de ces langues dans la vie scolaire, protège l'enseignement en langue maternelle lors des fusions ou fermetures d'écoles, et permet aux élèves concernés de demander des sujets d'examen traduits, sauf en langue et littérature. L'ukrainien reste « la langue de l'enseignement public ». Le russe n'entre pas dans son champ.
Une longue route
Ouvrir un groupe de négociation ne garantit pas l'adhésion, souligne Euronews. Kiev doit mener de vastes réformes, et la clôture de chaque groupe exige l'unanimité des États membres : d'autres pays pourraient donc encore bloquer, même si les objections hongroises semblent levées. L'agriculture s'annonce comme l'un des dossiers les plus sensibles, certains États craignant l'effet du puissant secteur agricole ukrainien sur les agriculteurs européens et les subventions.
Une première rencontre bilatérale entre Volodymyr Zelensky et Péter Magyar est en préparation, possiblement en marge du sommet européen à Bruxelles, d'après des sources citées par Euronews. Aucune date n'est fixée et la rencontre n'est pas officiellement confirmée. En juin, M. Magyar disait s'opposer à une adhésion accélérée de l'Ukraine, rapportait l'AFP.









