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Ebola au Kenya : un deuxième cas confirmé, chez un proche du premier patient, et une préparation à tester loin de Nairobi

Un homme de 39 ans, parent du premier malade mort à Nairobi le 5 octobre, a été déclaré positif au virus Bundibugyo le 14 octobre. Il était déjà en quarantaine. Les autorités écartent toute transmission communautaire, mais la capacité des comtés éloignés, comme Wajir, reste difficile à mesurer.

KAKoffi Ange15 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 5 foisSanté
Ebola au Kenya, un deuxième cas confirmé
📷 Illustration : Ebola au Kenya, un deuxième cas confirmé © Congo Presse
Le Kenya compte désormais deux cas confirmés de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo. Mercredi 14 octobre, un homme de 39 ans, proche parent du premier patient, a été testé positif, selon les informations rapportées par Al Jazeera le 15 octobre. Le ministère de la Santé affirme que les deux cas sont liés et qu'aucune transmission dans la communauté n'a été constatée à ce stade.

Un deuxième cas déjà sous surveillance

Selon le ministère, cet homme était en quarantaine et suivi quotidiennement lorsque des symptômes sont apparus le 13 octobre : fièvre, fatigue, douleurs articulaires. Il a été transféré dans un centre de traitement désigné. Le fait qu'il figurait déjà sur la liste des contacts est l'élément que les autorités mettent en avant : le dispositif de traçage a fonctionné comme prévu, puisque le malade a été isolé dès l'apparition des signes.

Le premier cas : un retour de RDC passé par Kampala

Le premier cas avait été annoncé le 6 octobre par le secrétaire d'État à la Santé, Aden Duale. Il s'agissait d'un Kényan qui vivait depuis sept ans en République démocratique du Congo. Tombé malade environ un mois plus tôt et soigné dans plusieurs hôpitaux congolais, il avait rejoint Kampala par la route puis pris l'avion pour Nairobi, où il est arrivé le 3 octobre. Il est mort dans la nuit du 5 octobre et a été inhumé le 6 selon le protocole d'inhumation sécurisée et digne en vigueur au Kenya.
Les analyses ont été conduites par le Laboratoire national de référence en virologie et par l'Institut kényan de recherche médicale (KEMRI). Le Kenya a notifié l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 6 octobre. L'épidémie de RDC et d'Ouganda a été classée urgence de santé publique de portée internationale en mai. D'après les chiffres cités début octobre, la RDC recensait alors plus de 8 000 cas confirmés et au moins 4 000 décès liés à cette souche.

Des chiffres de contacts qui varient

Les bilans publiés ne se recoupent pas parfaitement, ce qui s'explique en partie par leurs dates. Le 6 octobre, le ministère indiquait 28 contacts identifiés, ainsi que 23 passagers et quatre membres d'équipage du vol Jambojet à retracer. Au 12 octobre, l'OMS faisait état de 127 contacts recensés, dont 94 en quarantaine. Les contacts sont suivis jusqu'à 21 jours, durée maximale d'incubation. Un autre média ayant relayé la première annonce parlait de 55 contacts : l'écart reflète des listes qui s'allongent à mesure que l'enquête avance, plus que des versions contradictoires.
Côté dépistage, le ministère comptait au 6 octobre 652 584 voyageurs contrôlés, 267 échantillons testés et 4 971 agents de santé formés. L'OMS donne, au 12 octobre, plus de 665 000 voyageurs contrôlés et cinq laboratoires désignés. Selon l'OMS, le score national de préparation est passé de 66 % en mai à 82 % en juillet, sur la base d'une évaluation de la surveillance, des tests, de l'isolement, du traitement et des équipes d'intervention.

Au-delà de Nairobi : l'épreuve des comtés éloignés

L'enjeu, soulignent les reportages, est de savoir si cette préparation tient hors de la capitale. À Wajir, dans le nord-est, à environ 110 km de la frontière somalienne, un jeune homme de 20 ans revenu de RDC via l'Ouganda, arrivé le 20 septembre, a été examiné pour une forte fièvre à l'hôpital de sous-comté de Habaswein. Son prélèvement s'est révélé négatif, selon les responsables du comté, et il est resté sous observation.
Garad Saney Mohamed, directeur de la communication du comté, assure que Wajir dispose d'un centre d'isolement, d'une équipe d'intervention rapide, d'un plan de préparation et d'un budget, et qu'il mobilise la radio, des relais communautaires, les écoles et l'affichage. Le comté n'a toutefois précisé ni la capacité du centre, ni le nombre de personnels formés, ni le montant du budget. Les chiffres nationaux de formation ne disent pas non plus comment les moyens sont répartis entre comtés.
La question de la protection des soignants est au cœur du discours officiel. La secrétaire principale à la santé publique, Mary Muthoni, a déclaré au nom du ministre, selon une communication de l'OMS du 12 octobre : « Aucun agent de santé de ce pays ne devrait être appelé à prendre en charge un cas suspect d'Ebola sans l'équipement de protection adéquat » (traduction de l'anglais). La Croix-Rouge kényane, par la voix du Dr Paul Olale, insiste de son côté sur la lutte contre la désinformation.
L'épisode rappelle que les cas importés suivent les routes aériennes et terrestres des voyageurs, et que la rapidité de l'isolement des contacts reste le critère décisif. La suite dépendra des résultats du suivi des contacts sur la période d'incubation de 21 jours.
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