Pendant quelques heures, jeudi 8 octobre, trois arbitres ont écouté à Lausanne les avocats du Sénégal, du Maroc et de la Confédération africaine de football (CAF) se disputer un titre que deux pays disent avoir gagné. L'audience du Tribunal arbitral du sport (TAS) s'est tenue à huis clos, aucune des parties n'ayant demandé qu'elle soit publique. Elle s'est achevée dans la journée. La décision, elle, n'a pas de date.
Une finale gagnée sur le terrain, perdue sur le tapis vert
Rappel des faits. La finale de la CAN 2025 s'est jouée à Rabat le 18 janvier. Le Sénégal l'a emporté 1-0 après prolongation. Mais un penalty accordé au Maroc avait poussé les joueurs sénégalais à quitter la pelouse pendant près de quinze minutes. Ils sont revenus et le match est allé à son terme sous l'autorité de l'arbitre congolais Jean-Jacques Ndala.
La CAF a ensuite tranché dans l'autre sens : elle a jugé que le Sénégal avait déclaré forfait, attribué le match 3-0 au Maroc et reconnu celui-ci champion. Elle a aussi infligé plus d'un million de dollars d'amendes aux deux fédérations, à des joueurs et à l'entraîneur sénégalais Pape Thiaw. C'est cette décision que la Fédération sénégalaise de football conteste devant le TAS. Elle demande l'annulation de la sanction et le rétablissement de sa victoire.
Qui juge, et sur quoi
Le panel est présidé par le Français Gérald Simon. Il compte aussi l'Italien Luigi Fumagalli et l'Allemand Ulrich Haas. Le dossier porte la référence TAS 2026/A/12295. Les fédérations sénégalaise et marocaine étaient représentées en personne, la CAF par ses conseillers juridiques.
Selon ESPN, repris par le quotidien nigérian Vanguard, l'autorité de l'arbitre devrait être un point clé : la règle 5.2 du football prévoit que ses décisions sur les faits de jeu, résultat compris, sont définitives. Côté marocain, le président de la fédération, Fouzi Lekjaa, avait affirmé en avril, d'après Morocco World News, que son pays disposait d'arguments solides et documentés sur ce qui s'est passé pendant la finale.
Combien de temps encore ?
C'est la question que les supporters posent depuis des mois. Le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, n'a pas donné de date. Il a exclu une décision jeudi comme vendredi. Les textes divergent sur la suite : « quelques jours plus tard » dans la reprise d'ESPN, quelques jours à plusieurs semaines pour Maroc Hebdo et Hespress.
« « L'objectif du TAS est de pouvoir fournir une décision motivée dans les plus brefs délais. » »
La phrase, rapportée par Maroc Hebdo, a le mérite de la prudence. Elle laisse surtout deux nations suspendues à un verdict, neuf mois après un match dont chacune se dit vainqueur. Le Maroc est aujourd'hui reconnu champion par la CAF, le Sénégal poursuit sa contestation, et les deux ne peuvent pas avoir raison à la fois.
La prochaine CAN doit commencer en juin, coorganisée par le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. Le calendrier est serré : si le TAS tarde, la compétition s'ouvrira avec un titre encore contesté. Les textes lus ne disent pas si la décision aura des conséquences pour cette prochaine édition.
Le verdict, quand il viendra, mettra fin à une querelle qui oppose Dakar et Rabat depuis janvier. Il laissera aussi une question à la CAF, dont la décision d'attribuer le match sur tapis vert est précisément ce que le TAS est chargé de juger.







