Real Madrid 4-1 Leipzig : Yan Diomandé, vingt minutes pour faire taire les doutes
Il y a des soirées qui changent le regard que l’on porte sur un joueur. Mercredi 21 octobre, au Santiago-Bernabéu, Yan Diomandé n’a joué que vingt minutes. Il lui en a suffi de dix-sept, selon les décomptes, pour faire basculer une victoire tranquille en démonstration. Le Real Madrid conserve ainsi son sans-faute en Ligue des champions, avec trois victoires en trois matches et neuf points.
Une fin de match en feu
Le Real a pourtant dû patienter. Bernardo Silva a ouvert le score juste avant la pause, avant qu’Arda Güler, élu l’un des meilleurs joueurs de la soirée par Sofascore, ne double la mise. À la 70ᵉ minute, José Mourinho remplace Vinícius Júnior par Diomandé. La suite appartient à l’Ivoirien : à la 83ᵉ, il sert Kylian Mbappé, qui trouve la lucarne d’une frappe enroulée (3-0). Tidiam Gomis réduit le score à la 85ᵉ pour Leipzig, mais deux minutes plus tard, servi par Brahim Díaz, Diomandé reprend le ballon de volée et loge le ballon en pleine lucarne (4-1).
Le détail statistique mérite d’être relevé : à 19 ans et 341 jours, Diomandé devient, selon plusieurs médias, le plus jeune remplaçant du Real Madrid à marquer et à délivrer une passe décisive dans un même match de Ligue des champions. Et cela, contre le club qui l’avait formé à l’échelon professionnel, avant de le vendre cet été pour une somme comprise, selon les sources, entre 125 et 140 millions d’euros.
Ce qu’en disent Mourinho et le joueur
En conférence de presse, José Mourinho a expliqué que son choix de faire entrer Diomandé n’était pas dicté par le Clásico de dimanche, mais par la présence sur le banc de profils très rapides. Un Diomandé frais en fin de rencontre, a-t-il estimé, « est difficile à arrêter ». L’entraîneur portugais a aussi rendu hommage au match défensif de Vinícius, qu’il a remplacé, et prévenu qu’il serait amené à retirer régulièrement des joueurs qui ne jouent pas mal pour en faire entrer d’autres plus à même d’apporter autre chose.
Pour sa part, Diomandé a raconté son but avec simplicité : sur la passe de Brahim, il s’est dit qu’il fallait tenter, « et boom ». Interrogé sur la difficulté du geste, il a répondu en riant que le dire était facile, mais que le réaliser sur le terrain ne l’était pas du tout. Il a surtout mis en avant l’équipe, et l’importance du soutien du public du Bernabéu.
Des débuts qui avaient fait douter
Ce succès tranche avec les premières semaines de l’ailier à Madrid. Recruté pour un montant qui l’a placé sous le regard de tous, Diomandé a d’abord été utilisé en cours de jeu, pour des séquences de 15 à 30 minutes. Fin août, Mourinho avait même ironisé en conférence de presse sur le prix de son transfert, tout en assurant que son statut sur le banc ne traduisait aucune perte de confiance. Après la victoire contre Séville en Liga (4-1) le 18 octobre, au cours de laquelle Diomandé a délivré une passe décisive à Güler puis marqué, l’entraîneur le décrivait comme encore jeune, naïf et « pas un produit fini », devant progresser dans la finition, tout en le comparant au Vinícius des premières années.
Les chiffres, eux, parlent : avant le match de Leipzig, il comptait deux buts et trois passes décisives en onze apparitions selon Tribuna. Depuis son premier geste décisif en septembre, il enchaîne les contributions.
Un regard extérieur : Thierry Henry
La métamorphose n’a pas échappé aux observateurs. Dans des propos qui lui sont attribués et largement relayés sur les réseaux sociaux, Thierry Henry estime qu’on a jugé le joueur « un peu trop vite ». Il dit avoir craint que son parcours ressemble à celui d’Eden Hazard, avant de saluer ses quatre derniers matches, et affirme que s’il conserve ce niveau lors du Clásico, il sera « inarrêtable ». La comparaison avec Hazard est une opinion personnelle, qui doit être lue comme telle.
Prochaine étape : le Clásico
Dimanche, le Real reçoit le FC Barcelone, tombé cette semaine à Paris. Diomandé y arrivera avec une confiance neuve et une concurrence relancée avec Vinícius sur le côté gauche. Une chose est sûre : vingt minutes lui ont suffi pour rappeler pourquoi Madrid a misé sur lui.









