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États-Unis : huit États poursuivent OpenAI, accusant ChatGPT de nuire aux jeunes

Mercredi 14 octobre, les procureurs généraux de huit États américains ont annoncé des poursuites contre OpenAI. Ils reprochent à ChatGPT de renforcer des délires, d'encourager des comportements dangereux et d'avoir été présenté comme sûr pour les adolescents. L'entreprise défend ses protections.

ZKZina Kouassi16 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 15 foisTech & Numérique
États-Unis, huit États poursuivent OpenAI
📷 Illustration : États-Unis, huit États poursuivent OpenAI © Zonebourse
C'est la plus vaste offensive judiciaire d'États américains contre un développeur d'intelligence artificielle, selon la dépêche de l'agence Reuters reprise par The New Daily. Mercredi 14 octobre 2026, les procureurs généraux de huit États (Iowa, Kansas, Arizona, Arkansas, Idaho, Montana, Nebraska et Virginie-Occidentale) ont annoncé des poursuites contre OpenAI, l'éditeur de ChatGPT. Les plaintes ont été déposées séparément devant des tribunaux d'État.

Ce que reprochent les États

Les procureurs soutiennent que ChatGPT a été conçu pour être « agréable et engageant », afin de gagner la confiance des utilisateurs, adolescents compris. Selon eux, l'outil renforcerait des délires, encouragerait des comportements dangereux et aiderait à planifier des violences, y compris des fusillades de masse. Ils invoquent les lois de protection des consommateurs, estimant qu'OpenAI a trompé le public sur la sécurité de son produit, ainsi que la notion de « nuisance publique », c'est-à-dire une atteinte à la santé des habitants.
La procureure générale de l'Iowa, Brenna Bird, affirme qu'OpenAI « blesse les enfants » et « ment aux Iowais ». Son homologue de Virginie-Occidentale, JB McCuskey, écrit : « Nous devons faire tout notre possible pour protéger les enfants. » Celui du Nebraska, Mike Hilgers, assure que la plainte « applique simplement à OpenAI les mêmes normes que toute autre entreprise selon le droit du Nebraska ».

Les demandes : changer le produit, encadrer la recherche

Les États réclament des injonctions imposant des modifications substantielles au fonctionnement de ChatGPT, ainsi que des sanctions civiles et des dommages-intérêts, sans montant précisé dans les articles consultés. Ils demandent aussi qu'OpenAI soit empêchée de développer des modèles capables de s'améliorer eux-mêmes tant que leur alignement sur les valeurs humaines n'est pas garanti. Cette dernière requête dépasse largement la question des mineurs : elle touche à la manière dont les modèles de pointe sont conçus.

La réponse d'OpenAI

Selon Al Jazeera, le porte-parole d'OpenAI, Drew Pusateri, affirme que l'entreprise a intégré des protections adaptées à l'âge, « parmi les meilleures du secteur », tout en reconnaissant qu'aucun système n'est parfait. Il cite les contrôles parentaux et les rappels de pause, et dit l'entreprise prête à travailler avec les États sur des règles applicables à tout le secteur. D'après l'agence, un porte-parole n'avait pas immédiatement répondu aux premières demandes de commentaire.

Une pression judiciaire qui s'accumule

Ces actions ne sont pas isolées. La Floride avait ouvert la voie en juin, en citant la fusillade de l'Université d'État de Floride à Tallahassee, en avril 2025 : le tireur, Phoenix Ikner, aurait interrogé ChatGPT sur le type d'arme et les heures d'affluence du campus. Deux adultes y sont morts et cinq personnes ont été blessées. Al Jazeera rappelle aussi qu'une mère a déposé mardi 13 octobre, à San Francisco, une action collective accusant OpenAI de tirer profit illégalement des données de mineurs, et qu'une trentaine de poursuites ont été engagées après la fusillade de Tumbler Ridge, au Canada, en février 2026. OpenAI reconnaît avoir désactivé le compte de l'auteur huit mois avant les faits sans prévenir la police, estimant que son contenu n'atteignait pas le seuil exigé pour un signalement.
Ces procédures arrivent alors qu'OpenAI se prépare à une introduction en bourse, ce qui augmente l'enjeu financier et réputationnel des litiges.

Pourquoi cela concerne aussi les lecteurs africains

ChatGPT est massivement utilisé par des jeunes en Afrique francophone, pour les devoirs comme pour la conversation. Les décisions américaines ne s'appliqueront pas directement en Côte d'Ivoire, mais les règles imposées à OpenAI sur les contrôles parentaux ou la détection des utilisateurs en détresse pourraient, si elles aboutissent, modifier le produit pour tous les pays. C'est une hypothèse, pas une certitude : ces affaires dureront des mois, voire des années, et leur issue est ouverte.
ZKZina Kouassi — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Tech & Numérique
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