Le Maroc veut fermer les réseaux sociaux aux adolescents de moins de 15 ans. L'engagement figure dans le programme du gouvernement pour la législature 2026-2031, rapporte TelQuel dans un article du 21 octobre. L'exécutif promet de préparer une loi de protection des jeunes contre les usages illicites de ces plateformes.
Le texte annoncé ne se limite pas aux réseaux sociaux. Selon TelQuel, il prévoit aussi d'interdire l'accès aux jeux vidéo jugés dangereux, sans que les critères soient précisés, et de bannir les smartphones des écoles primaires. L'éducation au numérique serait renforcée dans les programmes scolaires.
L'accès aux outils numériques deviendrait progressif selon les tranches d'âge, dans un « programme national pour l'enfance numérique ». Les familles disposeraient d'outils de contrôle parental, et un label « Espace numérique adapté aux enfants » serait créé.
TelQuel relève qu'aucun calendrier n'est donné pour la présentation du projet de loi. Les modalités de vérification de l'âge ne sont pas expliquées non plus, alors que c'est le point où butent la plupart des pays qui ont tenté d'encadrer l'accès des mineurs. Le journal ne rapporte aucune déclaration directe d'un responsable.
L'article rappelle quelques précédents. En Australie, depuis le 10 décembre 2025, les plateformes doivent empêcher les moins de 16 ans de créer ou de garder un compte, les sanctions visant les plateformes et non les enfants ni les parents. L'Indonésie applique depuis le 28 mars 2026 des restrictions aux comptes des moins de 16 ans sur les plateformes jugées à haut risque.
En France, le Parlement a adopté le 21 juillet 2026 un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais le Conseil constitutionnel l'a censuré le 14 août. Il a estimé que l'interdiction générale était disproportionnée et que les garanties de vérification de l'âge étaient insuffisantes. L'épisode français donne une idée des obstacles juridiques qui attendent le texte marocain.
Pour les familles marocaines et la diaspora, l'annonce reste pour l'instant une intention politique. Tout dépendra du contenu précis de la loi, de son calendrier et des moyens retenus pour contrôler l'âge des utilisateurs.









