Elle y décrit une architecture et un protocole, le « NBS », qu'elle porte en tant que fondatrice et Principal Architect, les travaux d'implémentation et de tests de conformité qu'elle met en avant, ainsi que son rôle d'ambassadrice honoraire du Cluster Digital Africa. Elle y expose aussi sa ligne de conduite : faire correspondre le niveau de chaque déclaration au niveau de la preuve disponible.
Qu'est-ce que Smart Passport™ aujourd'hui ?
Smart Passport™ est avant tout le projet que j'ai fondé et que j'architecte sous l'identité de Nadia Ben Salah, fondatrice et Principal Architect. Je ne le présente pas comme une société commerciale autonome déjà déployée à grande échelle lorsque cette qualification n'est pas étayée par un document juridique correspondant. Le projet est structuré autour d'une architecture, du protocole NBS et d'un ensemble de travaux d'implémentation, de tests et de conformité. Lorsque je parle de Smart Passport, je désigne donc le projet, son architecture et son écosystème.
Qui porte le projet avec vous ?
Je porte directement la conception du cadre, du protocole NBS et de son évolution. Des contributions, des collaborations et des échanges existent autour du projet, mais je préfère distinguer clairement collaboration, contribution ponctuelle et équipe opérationnelle : une relation professionnelle ou institutionnelle ne devient pas automatiquement une appartenance à l'équipe Smart Passport.
Le protocole NBS est-il protégé ?
Le protocole NBS est le protocole que j'ai développé et qui est associé à l'architecture Smart Passport. Je distingue volontairement trois choses : l'auteur et la provenance du protocole, la protection juridique de la propriété intellectuelle, et la validation technique de son implémentation. Je ne revendique pas de brevet ou de dépôt, auprès de l'INNORPI ou d'ailleurs, sous une référence que je ne pourrais pas produire comme preuve officielle. La formule d'attribution que j'utilise est : « Nadia Ben Salah, fondatrice Smart Passport — protocole développé NBS ».
Où en est l'implémentation ?
Smart Passport n'est pas présenté comme une plateforme déjà déployée en production chez un client, mais il serait réducteur d'en faire un simple concept théorique. L'architecture a fait l'objet d'un travail d'implémentation et de tests de conformité, qui portent notamment sur la cryptographie Ed25519, les liens entre déclarations et preuves, les règles de plafond d'affirmation (Claim Ceiling), le registre de consentement, la prévention du rejeu, la chaîne d'audit et les conditions de blocage par défaut. Les suites d'exécution ont enregistré des résultats de 18/18, 25/25 et 29/29, avec les artefacts et empreintes cryptographiques correspondants. Ces résultats démontrent des propriétés testées de l'implémentation ; ils ne constituent ni une certification indépendante, ni une certification de sécurité en production, ni une preuve d'adoption commerciale.

Que représente l'interface de démonstration de la plateforme ?
Il s'agit d'une interface de démonstration et de représentation de la plateforme, et non de la preuve, à elle seule, d'un produit commercial autonome. L'usage d'outils génératifs ou de frameworks de développement pour produire une interface de présentation ne définit pas l'architecture Smart Passport elle-même. Il faut distinguer l'interface de présentation de la couche architecturale et des mécanismes implémentés et testés.
Des organisations utilisent-elles ou évaluent-elles ce cadre ?
Je réserve les termes « utilisateur », « client », « pilote » ou « évaluateur » aux situations que je peux établir par un mandat, un contrat, un pilote ou un document. Des échanges professionnels et institutionnels ont bien eu lieu, mais un échange, une invitation, une rencontre ou une présentation ne constituent pas automatiquement une adoption.
Où en est la discussion avec l'ambassade de Türkiye en Tunisie ?
Une rencontre institutionnelle a eu lieu en septembre 2026. Elle a été consignée dans le registre Smart Passport et a porté sur les relations Tunisie–Türkiye, la coopération, la jeunesse, la technologie et l'Afrique. Je la décris pour ce qu'elle est : un dialogue institutionnel préliminaire, et non une convention ou un partenariat signé. Le dossier remis à cette occasion est un « Concept & Cooperation Dossier », qui ne présume ni adoption ni accord. Je ne dispose pas d'un document officiel turc que je puisse présenter comme compte rendu, et je ne souhaite pas attribuer l'initiative de la rencontre à l'une ou l'autre des parties sans document pour l'établir.
Comment comprendre la mention « Confidential — Institutional Intellectual Property » ?
Il faut distinguer la classification d'un document, sa provenance et son statut de propriété intellectuelle, d'une affirmation de confidentialité juridique absolue. Cette mention visait à qualifier la nature du document dans le cadre du projet et à rappeler son lien avec la propriété intellectuelle du travail. Sa diffusion publique ultérieure ne doit pas être interprétée comme une preuve de confidentialité opposable à des tiers. Dans une communication publique, il me semble préférable de ne pas confondre auteur, propriété intellectuelle, confidentialité, protection juridique et secret industriel.
Smart Passport bénéficie-t-il d'un financement ou d'un soutien ?
Je ne présente pas Smart Passport comme ayant bénéficié d'un financement institutionnel ou d'un investissement externe que je pourrais documenter publiquement. Il faut distinguer mon projet de mes responsabilités institutionnelles : au sein du Cluster Digital Africa, je suis identifiée comme ambassadrice honoraire, chargée de la préfiguration et de la coordination opérationnelle d'une initiative baptisée Africa Content Integrity, dans le cadre d'une mission volontaire de 90 jours. Le document institutionnel précise que le CDA n'avance pas de financement pour l'exécution de cette initiative. Cette responsabilité fait partie de mon parcours ; elle ne constitue pas un financement de Smart Passport.
Quel modèle économique visez-vous ?
Il est encore en phase de structuration. La vision ne se limite pas à la vente d'une application : Smart Passport est pensé comme une couche de gouvernance, de preuve, de vérification et de traçabilité qui peut s'intégrer dans différents environnements. Les pistes envisagées comprennent des usages B2B et institutionnels, des intégrations technologiques et, à terme, des modèles de licence ou d'exploitation du protocole. Je parle volontairement d'un modèle économique visé, et non d'un modèle commercial déjà déployé.
Quel est votre parcours avant Smart Passport ?
J'ai construit mon parcours pendant plus de 17 ans dans les télécommunications, les smartphones, les services numériques et l'entrepreneuriat technologique. Je ne revendique pas un parcours exclusivement consacré à la cybersécurité ou à l'identité numérique : Smart Passport est le résultat d'une évolution de mon expérience du numérique vers l'architecture de la confiance, de la preuve, de la gouvernance et de la traçabilité. Techno Tounsi et Tech Passport Phone font partie de mon parcours entrepreneurial ; elles ne sont pas des composants techniques de Smart Passport, mais une continuité d'apprentissage autour des usages numériques, des smartphones et de l'accès aux services digitaux.

De quels documents disposez-vous pour étayer ces éléments ?
Je dispose de documents d'architecture, de la documentation du protocole NBS, d'éléments sur l'implémentation NBS-IEG, des résultats des suites de tests de conformité, d'éléments sur l'Evidence Object et la chaîne d'audit, d'empreintes cryptographiques des artefacts, de dossiers institutionnels, de documents relatifs aux rencontres, et d'invitations officielles, dont un dossier et un VIP Pass pour l'AI Forward Summit 2026 organisé à Yasmine Hammamet. Je souhaite que chaque document soit interprété selon ce qu'il permet réellement d'établir : un badge ou une invitation démontre un accès, une rencontre démontre une rencontre, un dossier démontre le contenu d'un projet, un rapport de tests démontre les tests exécutés et leurs résultats.
Smart Passport est encore peu présent dans la presse. Que répondez-vous ?
Je l'envisage avec beaucoup de sérénité. Smart Passport est dans une phase de construction, de formalisation et de confrontation progressive avec des environnements professionnels et institutionnels. Mon approche est de faire correspondre le niveau de la déclaration au niveau de la preuve disponible, ce qui est aussi le principe central du protocole NBS : « No Evidence → No Claim Upgrade ». La crédibilité de Smart Passport se construira par des preuves vérifiables, des implémentations, des évaluations indépendantes, des usages réels et, lorsque cela sera établi, par l'adoption de ses mécanismes. Je préfère qu'il soit présenté à partir de ce qui peut être documenté aujourd'hui.
Nadia Ben Salah indique pouvoir transmettre, sur demande, les documents correspondant à chacun de ces éléments. Propos recueillis par écrit.









