La vidéo tourne depuis plusieurs jours sur Facebook et TikTok. Relayée notamment par la page J.M Talk, elle affichait près de 58 000 vues et plus de 1 200 réactions au moment où nous écrivons. Face caméra, Cassandra Assamoi vise une seule personne, nommée à chaque phrase : Tina Glamour. Le ton monte vite, les insultes suivent. « Je vais vous affronter un par un », répète-t-elle, avant de se présenter comme « Arafat en femme ».
Nous avons lu l'intégralité de la transcription de cette séquence. Elle contient, contre la mère de DJ Arafat, des accusations qui touchent à sa vie intime, à celle de son fils et aux circonstances de sa mort. Aucune n'est étayée par un document, un témoignage vérifiable ou une procédure judiciaire. Nous avons donc choisi de ne pas les reproduire. Les répéter, même au conditionnel, reviendrait à les diffuser un peu plus.
Une querelle née en février 2025
Le conflit ne date pas d'hier. Cassandra Assamoi, ancienne chroniqueuse de l'émission C'Midi et fille de la chanteuse Dothy Z, s'était fait connaître début 2025 en étalant sur les réseaux un violent différend avec sa propre mère. Tina Glamour était alors intervenue dans une vidéo, en février 2025. La chanteuse estimait que « les réseaux sociaux ne peuvent pas arbitrer un conflit entre une mère et son enfant », en rappelant qu'elle-même avait vécu des tensions publiques avec son fils. Elle avait conclu d'un avertissement : « Dieu ne pardonne pas ça. »
Cassandra Assamoi l'a très mal pris. Elle a d'abord brandi la menace d'une plainte. Puis, le 1er avril 2025, elle a pour la première fois mis en cause Tina Glamour dans la disparition de DJ Arafat, selon plusieurs sites ivoiriens. La presse évoquait à l'époque une plainte en diffamation envisagée par Tina Glamour. À notre connaissance, aucune procédure n'a été confirmée publiquement depuis.
La nouvelle vidéo reprend ces griefs et va beaucoup plus loin. Cassandra y affirme, entre autres, que DJ Arafat se serait suicidé.
Ce que l'on sait de la mort de DJ Arafat
Les faits établis sont pourtant connus de tous. Ange Didier Houon, alias DJ Arafat, est mort le 12 août 2019 à Abidjan, à 33 ans, des suites d'un accident de moto survenu la veille au soir à Angré. La presse internationale et ivoirienne l'a rapporté abondamment à l'époque, et ses obsèques au stade Félix-Houphouët-Boigny ont réuni une foule immense. Rien, dans les éléments rendus publics depuis sept ans, ne vient soutenir la thèse d'un suicide ni celle d'un complot.
Les autres affirmations de la vidéo, qu'elles parlent de sorcellerie, de franc-maçonnerie ou de secrets de famille, relèvent de la même logique : des assertions lancées en direct, sans source, et livrées à des milliers d'internautes qui les partagent en commentant.
Un public partagé, une ligne franchie
Dans les commentaires, les réactions vont de la stupeur à l'encouragement. Certains internautes saluent une femme qui « ose parler ». D'autres rappellent que Tina Glamour reste une mère qui a perdu son fils et que Rafna, la fille d'Arafat, grandit avec ces vidéos en ligne. Beaucoup, enfin, partagent simplement pour le spectacle.
C'est sans doute le cœur du problème. Ces lives fonctionnent parce qu'ils choquent, et chaque partage élargit l'audience de propos que la loi ivoirienne pourrait qualifier de diffamatoires ou d'injurieux. La loi de 2013 sur la lutte contre la cybercriminalité réprime ces infractions lorsqu'elles sont commises en ligne. Seule une plainte de Tina Glamour permettrait de les faire examiner par un juge, et Cassandra Assamoi elle-même y invite dans sa vidéo.
En attendant, la mémoire de DJ Arafat sert de munition dans un règlement de comptes qui le dépasse. Ses fans, la « Chinoiserie », méritaient mieux que ça. Lui aussi.









