Le Parlement algérien a autorisé, dimanche 25 octobre 2026, l'envoi d'unités de l'armée au Niger. Le motif avancé : protéger les intérêts énergétiques de l'Algérie et appliquer un accord conclu entre les deux pays, rapportent TSA et RTI.
Un vote à huis clos
Selon TSA, le Conseil de la nation a voté à l'unanimité, puis l'Assemblée populaire nationale (APN) a approuvé à la majorité absolue, sous la présidence de Khalida Boufedeche. Le président Abdelmadjid Tebboune avait adressé sa notification aux parlementaires le 22 octobre, en s'appuyant sur le point 2 de l'article 91 de la Constitution. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a présenté l'exposé au nom du chef de l'État.
Les élus ont exprimé leur « entière confiance dans la sagesse » du président, d'après TSA. RTI précise que les deux chambres se sont réunies en sessions extraordinaires à huis clos, le Conseil de la nation votant le premier.
Ce que l'on sait du déploiement
RTI situe l'enjeu autour du bloc pétrolier de Kafra, dans le département de Bilma, au nord du Niger, exploité par la compagnie algérienne Sonatrach. TSA évoque de son côté d'importants investissements du groupe dans le nord du pays, menés avec la société nigérienne des hydrocarbures. Les deux pays partagent une longue frontière terrestre.
Un protocole d'accord de coopération militaire et sécuritaire aurait été signé entre Alger et Niamey le 21 octobre, selon RTI. Ce détail n'apparaît pas dans l'article de TSA.
Combien de soldats partiront, pour combien de temps et selon quelles modalités ? Aucune des deux sources n'avance de réponse. RTI indique que ces éléments n'ont pas été détaillés officiellement.
Une première depuis 1973
La portée historique est soulignée par les deux médias, avec une nuance. RTI parle du premier déploiement officiel de troupes algériennes à l'étranger depuis la guerre israélo-arabe de 1973. TSA écrit que l'Algérie déploie des troupes hors de ses frontières pour la première fois de son histoire. Les deux formulations ne sont pas équivalentes, et ce point mérite d'être précisé avant publication.
RTI rappelle que la révision constitutionnelle de 2020 permet des engagements militaires hors du territoire, sous conditions, avec l'approbation des deux tiers des membres de chaque chambre. TSA, lui, évoque une majorité absolue pour l'APN. Les textes lus ne permettent pas de trancher entre ces deux descriptions.
Un contexte sécuritaire tendu
D'après RTI, le Niger fait face à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, à des groupes armés, à des trafics transfrontaliers et à des sabotages d'infrastructures pétrolières. La coopération pourrait comprendre le partage de renseignements et une surveillance renforcée des zones désertiques. L'Algérie avait déjà envoyé des moyens aériens au Niger ces derniers mois, ajoute le média ivoirien.
Niamey reste, selon RTI, prudent face à toute présence étrangère durable, depuis le départ des militaires français et américains en 2023. Aucune réaction officielle du Niger n'a pu être consultée pour cet article.









