Un an jour pour jour après la réélection d'Alassane Ouattara, l'opposition ivoirienne dit subir une pression judiciaire croissante. Selon la revue de presse d'allAfrica du 27 octobre, qui reprend Le Monde Afrique, le chef de l'État a été réélu le 27 octobre 2025 avec 89 % des voix, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo ayant été écartés de la course. Depuis, le PDCI et le PPA-CI dénoncent un « harcèlement » et des convocations visant leurs responsables.
Six cadres du PDCI-RDA convoqués
Dans un communiqué daté du samedi 17 octobre, signé par son secrétaire exécutif en chef, Yapo Yapo Calice, le PDCI-RDA indique que six de ses responsables ont reçu des convocations le jeudi 15 octobre, pour des auditions s'étalant jusqu'au 23 octobre. Le parti cite Georges Philippe Ezaley, vice-président et conseiller spécial du président du parti, Alain Cocauthrey, ancien ministre et directeur de cabinet de Tidjane Thiam, Mandodja Mbia Roger, directeur général du parti, Yohou Dia Houphouët Augustin, secrétaire exécutif chargé de la mobilisation, ainsi que Fian Hervé et Kouakou Guillaume, membres du Bureau politique.
Plusieurs convocations renvoient à la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan. Le texte du parti ne précise pas les faits reprochés. Le PDCI-RDA y voit un « signal politique grave », incompatible selon lui avec la réconciliation nationale, et refuse toute assimilation d'un parti politique à une organisation criminelle ou terroriste. Il dit condamner la violence et soutenir la recherche de la vérité, mais s'oppose à ce que la procédure judiciaire serve de sanction politique avant tout procès. Il réclame la présomption d'innocence, l'accès aux avocats, la communication des charges et l'abandon des dossiers qui ne reposeraient pas sur des faits précis.
Cinq responsables du PPA-CI également visés
Le PPA-CI, dans une déclaration publiée le 15 octobre, affirme de son côté que cinq de ses cadres ont été convoqués devant le 8e cabinet de la section antiterroriste, entre le 15 et le 23 octobre : Daniel Billaud Zéréhoué, Emmanuel Ackah (directeur de cabinet de Laurent Gbagbo et troisième vice-président), Koua Justin Banouakou, Dahi Nestor Douhouré et Fabrice Lago. Toujours selon le parti, Koua Justin Banouakou est placé sous contrôle judiciaire et Dahi Nestor Douhouré est incarcéré, pour les mêmes faits.
Le parti avance d'autres chiffres, qu'il est impossible de recouper à ce stade : plus de 1 600 personnes seraient détenues, pour la plupart en détention provisoire, avec cinq décès dont les causes n'auraient pas été établies. Il affirme aussi que l'ancien ministre Sébastien Dano Djédjé a été placé sous contrôle judiciaire le 12 octobre, et que Laurent Gbagbo, convoqué pour le 10 septembre, n'a eu aucune suite à sa convocation. Il invoque la loi du 16 juin 2005 sur le statut des anciens chefs d'État, des responsables d'institutions et des membres du gouvernement, qui serait selon lui ignorée.
Un appel commun au dialogue
Les deux formations demandent la libération des détenus politiques et la reprise d'un dialogue politique inclusif. Le PPA-CI lance : « Asseyons-nous et discutons ! ». Le PDCI-RDA ajoute le retour des exilés et en appelle aux instances nationales de défense des droits de l'homme, aux représentations diplomatiques, à la CEDEAO, à l'Union africaine et aux Nations unies.
L'article du PPA-CI note que les autorités judiciaires n'ont pas répondu aux accusations du parti. Aucune réaction officielle n'a été trouvée dans les textes consultés ; la rédaction doit chercher celle du parquet ou du gouvernement avant publication.









