Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
Actualité

COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions climatiques et séduit par son activisme diplomatique

La Côte d’Ivoire s’est illustrée depuis le 6 novembre 2025 à la 30ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Belém, au Brésil, par une présence marquée, des annonces structurantes et une stratégie clairement orientée vers la mobilisation des financements et la consolidation de ses nouveaux engagements climatiques. Dès l’ouverture officielle du 10 novembre, le ton était donné : Abidjan entend faire de cette COP un moment décisif pour l’action climatique nationale, dans une é

GAGeorges AKA16 novembre 20255 min de lectureActualité
COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions climatiques et séduit par son activisme diplo
📷 Illustration : COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions climatiques et séduit par son activisme diplo

Pour la délégation ivoirienne, conduite par le ministre Assahoré Konan Jacques, l’urgence est de convaincre les partenaires internationaux que le financement constitue le pilier central de la mise en œuvre de ses politiques environnementales. Le chef de la délégation, Léon Kacou Adom, l’a rappelé avec force : la mobilisation des ressources internationales demeure un impératif pour permettre au pays de respecter les trajectoires fixées dans ses nouvelles Contributions Déterminées au niveau National. Ces CDN, version 3.0, soumises officiellement le 29 novembre 2025, portent l’ambition ivoirienne à une réduction de 33,07 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035. Un cap résolument ambitieux, renforcé par de nouveaux engagements dans les secteurs de l’énergie, des forêts, de l’agriculture, de la santé et des infrastructures.

COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions clima

Ces nouveaux engagements ont fait l’objet d’un side-event très suivi le 12 novembre au Pavillon Côte d’Ivoire, animé par le Dr Éric-Michel Assamoi, Directeur de la Coopération Internationale et de la Mobilisation des Financements. Il a insisté sur le fait que l’atteinte de ces objectifs dépendra fortement de l’accès du pays aux guichets financiers internationaux tels que le Fonds Vert pour le Climat, le Fonds pour les Pertes et Dommages ou encore les partenariats structurants avec le secteur privé. Au cœur de la COP30, où les négociations visent à mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les pays en développement, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur prêt à capter ces financements pour accélérer sa transition. Un des moments les plus marquants de la participation ivoirienne reste la signature, le 13 novembre, d’un important accord d’achat de crédits carbone avec la structure Emergent. Cet accord porte sur environ deux millions de tonnes d’équivalent CO₂, générées par le Projet de Réduction des Émissions autour du Parc National de Taï. Parfait Kouadio, Directeur de Cabinet du ministre et représentant officiel du pays, a salué un partenariat qui, selon lui, « illustre la crédibilité de la Côte d’Ivoire sur le marché carbone international ». Eron Bloomgarden, fondateur et PDG d’Emergent, a pour sa part félicité les efforts déployés par la Côte d’Ivoire pour valoriser ses ressources forestières et renforcer

COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions clima

la lutte contre la déforestation. Cet accord constitue une avancée majeure dans la dynamique des CDN 3.0, qui misent sur la mobilisation de financements verts et sur l’optimisation des mécanismes de marché carbone.   Les discussions sur les forêts ont également occupé une place importante dans l’agenda ivoirien. Le même 12 novembre, le Programme de Restauration Durable des Forêts de Côte d’Ivoire, piloté par son coordonnateur Jean-Yves Kpalou, a été présenté. L’initiative vise à restaurer le couvert forestier national à hauteur de 20 % du territoire à travers un ensemble d’actions de reboisement, de protection de la biodiversité et d’implication communautaire. À Belém, où l’Amazonie est au cœur du nouvel agenda climatique, la Côte d’Ivoire a trouvé un terrain de convergence fort avec l’ambition brésilienne de placer les forêts tropicales au centre des solutions climatiques mondiales.   La résilience agricole, enjeu crucial pour un pays dont l’économie repose en grande partie sur le cacao, a également retenu l’attention. Le 13 novembre, lors d’un panel consacré à l’adaptation de la cacao-culture au changement climatique, le Dr Tahi Mathias, du Conseil du Café-Cacao, a exposé les défis auxquels sont confrontés les producteurs : stress hydrique, pression parasitaire, baisse des rendements. Il a présenté les innovations agronomiques mises en œuvre, notamment l’agroforesterie, la gestion durable des sols, l’irrigation raisonnée, l’utilisation de matériel végétal résilient, mais aussi des solutions plus récentes comme le biochar issu des résidus de cabosses ou l’usage de mycorhizes pour renforcer la tolérance au stress hydrique. Ces stratégies, associées à des mécanismes financiers innovants tels que les échanges « dettes contre nature » ou le Mécanisme de financement de l’adaptation, démontrent la volonté du pays d’anticiper et d’accompagner les impacts climatiques sur ses filières stratégiques.

COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions clima

Autre moment fort : la présentation, le 13 novembre toujours, de la stratégie nationale sur les pertes et préjudices. Patricia Alika Djetouan, Point focal national du Fonds de Réponse aux Pertes et Préjudices, a détaillé un document ambitieux, doté d’un budget global de 303 millions de dollars sur cinq ans. Cette stratégie prévoit notamment le renforcement des systèmes d’alerte précoce, la restauration des écosystèmes dégradés, la protection des populations vulnérables et la mise en place d’un cadre juridique robuste. Des experts internationaux, dont ceux de l’OIF et du Legal Response International, ont salué cette démarche comme un modèle de vision et de planification pour les pays en développement. Au-delà des forêts, de l’agriculture et du financement, la Côte d’Ivoire a également présenté sa feuille de route pour la transformation du secteur des transports et pour l’adaptation du système de santé aux risques climatiques. Les objectifs fixés à l’horizon 2035 prévoient que 60 % des véhicules importés soient conformes à la norme EURO 6 et que 12 % du parc national soient constitués de véhicules électriques, soutenus par un développement massif de l’énergie solaire.

COP30 à Belém : la Côte d’Ivoire affiche ses ambitions clima

Dans le domaine de la santé, le pays s’engage à couvrir 90 % du territoire par des systèmes de surveillance épidémiologique et à intégrer les critères de résilience climatique dans 60 % des établissements de santé. Deux avancées majeures, alors que les impacts du climat sur la santé publique se font de plus en plus pressants. En multipliant panels, side-events, rencontres bilatérales et annonces concrètes, la Côte d’Ivoire s’est affirmée à Belém comme une délégation dynamique, stratégiquement préparée et résolument tournée vers l’action. Portée par des engagements renforcés, des projets structurants et une diplomatie climatique proactive, elle quitte déjà cette COP30 avec une crédibilité accrue et une place affirmée dans le paysage climatique africain. Reste désormais à transformer ces engagements en projets financés, et ces projets en acti

GAGeorges AKA — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Actualité
Cop 30archive
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.