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Crise à l'UJIF : l'Union des Journalistes Ivoiriens en France au bord du naufrage

Partialité du comité ad hoc, conflits d'intérêts, liste électorale contestée, cotisation sans base statutaire, membres fondateurs exclus — le 13 mai 2026, des signataires publient un communiqué de presse demandant la suspension de l'Assemblée Générale élective du 16 mai. Enquête sur la longue agonie d'une organisation née en 2007 avec une ambition noble, qui semble incapable de se réformer sans se déchirer.

GAGeorges AKA10 juin 20265 min de lectureActualité
Crise à l'UJIF : l'Union des Journalistes Ivoiriens en France au bord du naufrage
📷 Illustration : Crise à l'UJIF : l'Union des Journalistes Ivoiriens en France au bord du naufrage

Ils ont fondé cette organisation en 2007 avec la conviction que la solidarité entre journalistes ivoiriens installés en France était non seulement possible, mais nécessaire. Dix-neuf ans plus tard, l'Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) ressemble moins à cette ambition fondatrice qu'à un miroir grossissant des dysfonctionnements qui frappent tant d'associations de la diaspora africaine en Europe : paralysie institutionnelle, rivalités personnelles, manœuvres d'appareils et incapacité chronique à tenir des élections dans un cadre apaisé. Ce mercredi 13 mai 2026, un communiqué de presse signé par des membres et fondateurs de l'UJIF vient jeter une nouvelle bombe dans un processus électoral déjà fragilisé. À quatre jours de l'Assemblée Générale élective du 16 mai, des voix s'élèvent pour en demander la suspension pure et simple. Ce ne sont pas des voix marginales : il s'agit de membres fondateurs, dont l'un — Georges-Eden Bobia, dit Eden Bégé — occupait jusqu'à peu le poste de vice-président du comité ad hoc supposé organiser cette même assemblée. Sa démission du comité et la publication d'une déclaration publique détaillée constituent un acte politique majeur qui oblige à regarder en face l'état réel de l'UJIF en 2026. Fondation 2007, Paris (12e arr.) AGO de crise 25 avril 2026 · 18e arr. Paris AGE prévue 16 mai 2026 (suspendue ?) Communiqué de crise 13 mai 2026 · Signataire : Eden Bégé Présidents successifs Clément Yao → Jean-Paul Oro → comité ad hoc Aux origines de la crise : dix-neuf ans d'accumulation Pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui à l'UJIF, il faut remonter à sa naissance. Créée en septembre 2007 dans le 12e arrondissement de Paris, l'organisation s'était fixé des objectifs clairs : améliorer les conditions de vie et de travail de ses membres, favoriser la circulation de l'information entre la France et la Côte d'Ivoire, favoriser entre acteurs de l'information ivoirienne le partage d'expériences et la réflexion. Son premier président, Clément Yao — correspondant permanent en France du quotidien ivoirien Fraternité Matin — avait été élu en septembre 2007. Son mandat, limité statutairement à deux ans renouvelables une seule fois, s'est prolongé « de deux années supplémentaires, au prix de manœuvres qui ont laissé un goût amer à de nombreux membres », selon les termes de la déclaration signée par Eden Bégé et Taki Bouanzi. Déjà à cette époque, les statuts étaient contournés. Jean-Paul Oro, son successeur, n'a pas réussi à redresser la barre. Sous sa présidence, selon ses détracteurs, l'UJIF s'est enfoncée dans ce que la déclaration appelle sans détour un « coma institutionnel profond ». Un bureau « fantomatique », des membres désabusés par « l'inertie ambiante » : le tableau est sévère, mais plusieurs sources indépendantes l'ont confirmé à demi-mot, dont Afrik Soir qui évoquait, en mai 2026, « une élection sous tension » dans une organisation qui cherche à « sortir de sa léthargie ». La tentative de refondation : le comité ad hoc unifié Face à la paralysie, une partie des membres a décidé d'agir. L'Assemblée Générale ordinaire du 25 avril 2026, tenue dans le 18e arrondissement de Paris, devait être le point de départ d'une refondation. Jean-Paul Oro y a annoncé qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession — une décision saluée. Un comité ad hoc a été mis en place, avec une feuille de route précise : rapprocher les positions, toiletter les textes statutaires, et organiser une Assemblée Générale élective dans un cadre transparent. Dans un premier temps, deux comités distincts avaient été constitués, reflétant les tensions entre les différentes tendances. Ils ont ensuite fusionné en un seul « comité ad hoc unifié ». C'est ce comité dont Eden Bégé était vice-président et Taki Bouanzi membre. La fusion devait symboliser la réconciliation. Elle a en réalité agrégé les antagonismes. Septembre 2007 Fondation de l'UJIF Création à Paris (12e arr.). Clément Yao élu premier président. Statuts fixant un mandat de 2 ans renouvelable une seule fois. Vers 2012 Fin du mandat prolongé de Clément Yao Son mandat est maintenu « deux années supplémentaires au prix de manœuvres » selon ses successeurs. Premier signe de fragilité institutionnelle. Mandats Jean-Paul Oro Coma institutionnel Sous la présidence de Jean-Paul Oro, l'organisation entre selon ses membres dans une longue léthargie. Bureau qualifié de « fantomatique ». 25 avril 2026 AGO de sortie de crise · Comité ad hoc constitué Jean-Paul Oro annonce qu'il ne sera pas candidat. Comité ad hoc mis en place pour conduire à une AGE. Eden Bégé en devient vice-président. Début mai 2026 Premiers passages en force Le bloc majoritaire refuse toute contradiction. Cotisation de 40€ perçue sans base statutaire. Avocat externe intégré sans consultation. Liste électorale contestée. 13 mai 2026 Communiqué de crise + déclaration publique Eden Bégé et Taki Bouanzi se retirent du comité ad hoc. Communiqué de presse demandant la suspension de l'AGE du 16 mai. Saisine du consulat et de l'ambassade de Côte d'Ivoire. 16 mai 2026 AGE élective prévue — avenir incertain L'Assemblée Générale élective est maintenue par le bloc majoritaire. Sa légitimité est contestée par les membres fondateurs signataires.

Crise à l'UJIF : l'Union des Journalistes Ivoiriens en Franc

Ce que dénoncent les signataires : une liste de griefs précise Les deux textes publiés ce 13 mai — le communiqué de presse et la déclaration plus détaillée — sont d'une précision qui mérite qu'on s'y arrête. Ils ne se contentent pas d'agiter des accusations générales. Ils ciblent des pratiques concrètes, des personnes nommées, des décisions prises. C'est la caractéristique d'un document rédigé par des professionnels de l'écriture, qui savent que la crédibilité d'une dénonciation tient à la spécificité de ses faits. 🚨 Les griefs principaux soulevés dans les deux documents 1. Partialité du comité ad hoc — composé de manière déséquilibrée, auteur de décisions unilatérales sans recherche de consensus. 2. Conflits d'intérêts avérés — des membres du comité ad hoc seraient également candidats au futur conseil d'administration. 3. Manque de transparence dans la publication des documents essentiels au processus électoral. 4. Liste électorale contestée — exclusion de membres fondateurs sans justification. 5. Cotisation de 40 euros perçue auprès de prétendus membres, sans aucune base dans les textes fondateurs de l'UJIF. 6. Intégration d'un avocat externe (Me Akassimadou) dans le comité sans consultation préalable des membres. 7. Ouverture aux non-journalistes — dan

GAGeorges AKA — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Actualité
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