C'est un nouvel épisode d'escalade dans la guerre que mène la Russie contre l'Ukraine depuis plus de trois ans. Dans la nuit de samedi à dimanche, des drones russes ont frappé des convois ferroviaires ukrainiens à proximité de la frontière avec la Pologne, membre de l'OTAN. Selon des images diffusées par la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia, une locomotive a notamment été endommagée à la gare de Yahodyn, tout près du poste-frontière avec la Pologne. Une seconde frappe a par ailleurs touché les environs d'un autre point de passage frontalier, à quelques kilomètres seulement du territoire polonais.
Réagissant à ces frappes, le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a haussé le ton lundi lors d'une intervention au siège politique de l'Alliance, à Bruxelles. « Les frappes d'hier sur des trains en Ukraine, à proximité du territoire de l'OTAN, montrent une nouvelle fois le désespoir de Vladimir Poutine, mais aussi sa volonté de semer la peur et la terreur », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que « la Russie devient de plus en plus imprudente en poursuivant sa terrible guerre contre l'Ukraine ». Le chef de l'Alliance atlantique a affirmé que ces attaques ne feraient que renforcer la détermination des Alliés à soutenir Kyiv et à consolider les défenses de l'OTAN le long de sa frontière orientale avec la Russie. « Il pense qu'il peut nous empêcher de soutenir l'Ukraine et saper notre unité. Il a tort », a-t-il lancé à l'adresse du président russe.
Ces déclarations s'inscrivent dans la continuité d'un soutien occidental que l'OTAN présente comme ininterrompu. Une semaine plus tôt, le 8 septembre, Mark Rutte avait déjà participé à Bruxelles à une réunion du Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine, coprésidée par l'Allemagne et le Royaume-Uni, au cours de laquelle il avait salué de nouvelles annonces d'aide militaire, notamment en matière de défense antiaérienne. Selon ses propres chiffres, les pays alliés ont mobilisé plus de 10 milliards de dollars au cours de la dernière année au titre du programme PURL. Un mécanisme permettant aux Alliés de financer l'achat d'équipements militaires américains au profit de l'Ukraine, et des ventes militaires étrangères américaines, dont 3,5 milliards de dollars issus du prêt de soutien à l'Ukraine mis en place par l'Union européenne.
De son côté, la Pologne, dont le territoire n'a pas été directement touché mais qui se trouve en première ligne face à ce type d'incidents, a annoncé un renforcement de la sécurité le long de sa frontière avec l'Ukraine. Varsovie avait déjà, ces derniers mois, exprimé à plusieurs reprises son inquiétude face à la multiplication des incidents impliquant des drones ou débris russes retrouvés près de, voire à l'intérieur, de son espace aérien.
Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a pour sa part indiqué être disposé à suspendre les frappes ukrainiennes visant le territoire russe, à condition que Moscou épargne les infrastructures critiques ukrainiennes, une proposition qui intervient alors que les deux camps continuent de s'accuser mutuellement de viser des installations civiles et énergétiques. Selon plusieurs responsables occidentaux, cités par la presse internationale, cette nouvelle vague de frappes près de la frontière polonaise s'inscrit dans un schéma plus large d'escalade délibérée de la part de Moscou, destiné à tester la réactivité de l'OTAN sans pour autant franchir la ligne d'une confrontation directe avec l'Alliance.
Cet incident relance, une fois de plus, les interrogations sur la capacité de l'OTAN à dissuader la Russie de multiplier les provocations à proximité de son territoire, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année sans perspective claire de résolution diplomatique à court terme.







