S'exprimant devant des diplomates allemands jeudi 10 septembre, le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte a dressé un constat sombre de la situation en Ukraine et en Europe. « Les attaques brutales de la Russie contre l'Ukraine sont incessantes. La Russie subit d'énormes pertes, désormais estimées à plus de 40 000 tués ou blessés graves chaque mois », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que Vladimir Poutine ne montre « aucune volonté de mettre fin à la guerre ».
Selon Rutte, la liste des « activités hybrides malveillantes » attribuées à la Russie à travers le continent ne cesse de s'allonger : cyberattaques, sabotages, incendies volontaires, violations de l'espace aérien, incidents impliquant des drones. « Les dernières actions hostiles de la Russie sont imprudentes, dangereuses et représentent une menace pour la vie », a-t-il averti, tout en assurant que l'Alliance n'était « pas intimidée » et que ces manœuvres, loin d'affaiblir la cohésion occidentale, la renforçaient. Selon des informations relayées par l'agence Reuters, les Alliés de l'OTAN affirment avoir déjoué un projet russe de sabotage de câbles sous-marins dans l'Arctique.
Berlin en première ligne du discours de fermeté
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a tenu des propos tout aussi tranchés, estimant que la menace russe « a atteint notre porte et qu'elle est tangible ». Il a cité en exemple une tentative d'attaque russe visant l'aéroport de Leipzig, qu'il a présentée comme le dernier épisode d'une série d'agressions croissantes contre l'Europe et l'OTAN. « La Russie et ses partenaires opèrent avec un réseau mondial contre nos intérêts et en faveur d'une prétention impérialiste à un statut de grande puissance », a-t-il affirmé.
Ce discours de fermeté s'accompagne, selon Rutte, d'une prise de conscience grandissante des pays européens sur la nécessité d'investir davantage dans leur propre défense. « Les Européens comprennent de plus en plus qu'assumer une plus grande responsabilité pour notre propre sécurité n'est plus optionnel », a-t-il insisté. Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte tendu : la Russie a par ailleurs procédé à l'arrestation d'un agent de sécurité de l'ambassade britannique, soupçonné d'avoir participé à un projet présenté comme une opération sous fausse bannière, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky poursuit une tournée diplomatique destinée à maintenir la pression internationale sur Moscou.
Pour l'heure, ni Moscou ni les autorités russes n'ont réagi publiquement aux accusations portées par l'OTAN sur ce projet de sabotage de câbles sous-marins déjoué dans l'Arctique. La multiplication de ces incidents, qu'il s'agisse de cyberattaques, de sabotages ou d'incursions de drones, alimente en tout cas un débat déjà vif au sein de l'Union européenne sur l'ampleur des budgets de défense à consacrer dans les prochaines années.
Pour les chancelleries africaines qui suivent le dossier ukrainien de loin, ce durcissement verbal confirme la profondeur du fossé qui sépare aujourd'hui la Russie de l'Alliance atlantique, avec des répercussions potentielles sur les prix de l'énergie et des céréales dont plusieurs économies du continent restent tributaires.







