Dans une publication dont nous avons reçu copie, le Cndh dresse le bilan des requêtes effectuées au cours de l'année 2025. Les indicateurs sont généralement en hausse par rapport à l'an passé. " Le Conseil national des droits de l'homme a été saisi de 4627 requêtes contre 3163 en 2024", lit on dans ce communiqué. Soit une augmentation de 1463 requêtes parmi lesquelles le Cndh s'est auto saisi 249 fois. Au nombre de ces requêtes dont le curseur monte dangereusement, les violences basées sur le genre ( VBG) qui progressent de façon alarmante. " Les saisines du Cndh portant sur les Violences basées sur le genre ( VBG) ont connu une augmentation, passant de 1 365 cas en 2024 à 1 448 cas en 2025, soit un taux de progression de 6,08% parmi lesquels 28 cas touchaient les personnes en situation de handicap ", nous indique le communiqué. Un chiffre qui cache mal la situation des VBG en Côte d'Ivoire. Car si l'on s'en tient à ces chiffres, ce taux de progression révèle qu'environs 5 personnes sont victimes de VBG chaque jour. C'est inquiétant ! C'est à croire que le combat des féministes et des structures engagées dans la lutte contre le fléau, à travers la semaine d'activisme n'ont pas encore porté les fruits escomptés. Aussi faut il déplorer que ces requêtes sont celles qui ont l'objet d'un monitoring. D'autres cas ont été habillés dans le voile silencieux de la honte et donc non dénoncés. Une analyse montre bien la dangerosité de ce phénomène qui n'épargne aucune couche sociale, même les personnes en situation de handicap dont 27 sont victimes cette année. Quelles sont les personnes ayant subi les viols? Quelle est la proportion des femmes battues ? Combien ont subi les agressions sexuelles ?...

Ce sont autant d'interrogations qui nécessitent des investigations afin de mieux orienter la lutte contre le phénomène qui prend vraiment de l'ampleur. Aussi faut il saluer le travail d'orfèvrerie abattu cette grande institution, qui ouvre les yeux sur les violations flagrantes des Droits de l'homme dont les VBG. Il convient de reconnaître surtout les efforts conjugués des commissions régionales qui joue un véritable rôle de veille en matière de Droits humains car "sur un total de 4627 requêtes reçues en 2025, le Cndh a traité 4070 en provenance des commissions régionales des Droits de l'homme ( Crdh). Selon un expert dans les questions liées aux VBG, " la vulgarisation de la dénonciation des cas de VBG pourrait être l'une des raisons de ce chiffre élevé ". Par contre, un autre observateur estime plutôt que la recrudescence des VBG est une réalité qui trouve son origine dans le fait que les auteurs ne sont pas sévèrement punis. Aussi la prise en charge des victimes n'est pas très efficace. La note satisfaisante c'est que la grande métropole se conforme de plus en plus aux Droits humains mais que les actes dans les provinces sont de plus en plus dénoncés grâce à la couverture du territoire national par la Cndh. Toutefois, en matière de VBG, le combat doit être renforcé et stratégiquement diversifié avec l'implication véritable de l'État ivoirien.
Norbert Nkaka







