Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
Diaspora

À l'UNESCO Paris, la Côte d'Ivoire veut transformer sa diaspora en machine d'investissement

Lancé le 29 mai 2026 au siège de l'UNESCO à Paris, le forum « Diaspora For Growth 2026 » incarne une ambition nouvelle d'Abidjan : ne plus se contenter de recevoir les transferts financiers de ses 1,15 million d'expatriés, mais les canaliser vers des projets productifs à fort impact économique. Un pari stratégique qui s'appuie sur des chiffres vertigineux — 938,8 milliards de FCFA de transferts en 2025 — et une mobilisation institutionnelle inédite.

GAGeorges AKA22 juin 20265 min de lectureDiaspora
À l'UNESCO Paris, la Côte d'Ivoire veut transformer sa diaspora en machine d'investissement
📷 Illustration : À l'UNESCO Paris, la Côte d'Ivoire veut transformer sa diaspora en machine d'investissement

Le siège de l'UNESCO, avenue de Fontenoy dans le 7e arrondissement de Paris, n'est pas un lieu choisi au hasard. En y lançant officiellement le 29 mai 2026 la nouvelle édition du forum « Diaspora For Growth », la Côte d'Ivoire a voulu signifier quelque chose de fort : la mobilisation de sa diaspora comme levier de développement n'est pas une opération de communication. C'est une stratégie d'État, portée au plus haut niveau, dans un cadre symboliquement chargé d'histoire et de légitimité internationale. Dans la salle, ce jeudi matin, responsables institutionnels, acteurs économiques et représentants de la diaspora ivoirienne ont écouté l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France, Maurice Bandama, saluer « le rôle croissant de la diaspora dans la dynamique de croissance du pays ». Autour de lui, les représentants de deux ministères porteurs du projet — le ministère délégué chargé de l'Intégration africaine et des Ivoiriens de l'extérieur, et le ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l'Insertion professionnelle et du Service civique — et des partenaires du secteur privé. Un partenariat public-privé qui dit tout sur l'ambition de l'opération : ne pas seulement déclarer, mais agir. 🗓️ Lancement officiel 29 mai 2026 · UNESCO, Paris 7e 📅 Forum principal 26 – 27 juin 2026 · Paris 🌍 Roadshow 6 juin 2026 · Milan, Italie 👥 Participants attendus +1 000 (dont 90 % diaspora) 🇨🇮 Expatriés ivoiriens 1,15 million · 140+ pays 938 milliards de FCFA : le poids colossal d'une diaspora encore sous-exploitée Pour comprendre l'enjeu de Diaspora For Growth, un chiffre suffit à saisir la mesure du phénomène : en 2025, les transferts financiers de la diaspora ivoirienne vers la Côte d'Ivoire ont atteint 938,8 milliards de francs CFA. Soit environ 1,4 milliard d'euros. Un flux annuel qui a été multiplié par près de dix en dix-sept ans — de 99,5 milliards de FCFA en 2008 à 640 milliards en 2023, puis le bond spectaculaire vers 938,8 milliards en 2025. 📈 Évolution des transferts financiers de la diaspora ivoirienne 2008 99,5 Mds FCFA 2023 640 Mds FCFA 2025 938,8 Mds FCFA Ces 938 milliards ne tombent pas du ciel. Ils représentent des années de travail, d'économies et de sacrifices de millions d'Ivoiriens établis à l'étranger, qui envoient chaque mois de l'argent à leurs familles. Jusqu'ici, l'essentiel de ces transferts allait — légitimement — à la consommation courante des ménages : nourriture, santé, éducation, construction de maisons. Ce que les économistes appellent des dépenses « de subsistance », indispensables mais peu créatrices d'emplois durables à grande échelle. L'ambition de Diaspora For Growth 2026 est précisément de modifier cette équation. Pas de supprimer les transferts de solidarité familiale — ils sont vitaux et aucune politique sérieuse ne cherche à les décourager. Mais d'en orienter une part croissante vers des projets productifs : l'immobilier développé, les PME, les startups technologiques, l'agro-industrie, les énergies renouvelables. Transformer la diaspora d'un filet de sécurité social en levier de développement économique. C'est le pari. Un forum structuré autour de trois ambitions majeures Le forum des 26 et 27 juin 2026 à Paris n'est pas conçu comme une grand-messe de la diaspora — le genre de rendez-vous où l'on prononce de beaux discours avant de repartir sans suite concrète. Ses organisateurs ont articulé l'édition autour de trois ambitions structurantes, présentées lors du lancement du 29 mai. 🎯 Les trois ambitions de Diaspora For Growth 2026 1. Transformer le potentiel économique — Convertir les ressources et compétences de la diaspora en projets concrets et financés, en phase avec les priorités du Plan National de Développement 2026-2030. 2. Reconnecter les intelligences dispersées — Créer les conditions d'un réseau opérationnel entre les talents ivoiriens installés à l'étranger et les acteurs économiques du pays, pour faciliter les échanges de savoir-faire, les co-investissements et les partenariats. 3. Bâtir une gouvernance ouverte — Favoriser l'implication de la diaspora dans les politiques publiques de développement, au-delà du seul rôle de financeur. Lui reconnaître un statut de partenaire stratégique à part entière. Ce cadre en trois piliers reflète une maturité conceptuelle notable dans la manière dont les autorités ivoiriennes appréhendent désormais la question diasporique. Pendant longtemps, la diaspora africaine était perçue, dans les politiques publiques de ses pays d'origine, essentiellement sous l'angle des devises qu'elle envoyait. Ce regard réducteur a produit des dispositifs qui se contentaient de faciliter les transferts sans chercher à mobiliser les compétences, les réseaux et les ambitions entrepreneuriales de ces millions d'hommes et femmes. La France en tête, Milan pour élargir le cercle La géographie de l'initiative en dit long sur les priorités de la stratégie ivoirienne. La France est, de loin, la première destination des expatriés ivoiriens au sein de l'OCDE. C'est là que vit la diaspora la plus dense, la plus organisée, la plus connectée aux milieux économiques capables de co-investir en Côte d'Ivoire. Le choix de Paris comme épicentre du dispositif est donc logique. Mais les organisateurs ne s'y limitent pas. L'annonce d'un roadshow à Milan le 6 juin 2026 — avant le forum parisien — signale une volonté d'aller chercher les investisseurs potentiels là où ils vivent, y compris hors de France. L'Italie accueille une communauté africaine significative, dont une partie est d'origine ivoirienne. Des Ivoiriens travaillent dans la mode, l'agroalimentaire, la logistique, la finance à Milan, Rome et Turin. Les mobiliser sur le projet Diaspora For Growth, c'est élargir le cercle des contributeurs potentiels bien au-delà du seul bassin francophone. « Les Ivoiriens établis à l'étranger constituent aujourd'hui un levier stratégique pour l'économie nationale. Plus de 1,15 million de ressortissants ivoiriens vivent dans plus de 140 pays, formant un réseau de compétences, d'investisseurs et de professionnels dont le potentiel reste encore largement à exploiter. » — Maurice Bandama, Ambassadeur de Côte d'Ivoire en France · Lancement DFG2026, UNESCO Paris, 29 mai 2026 La diaspora comme acteur, pas seulement comme guichet L'un des aspects les plus intéressants du discours de Diaspora For Growth 2026 est ce changement de paradigme dans la manière de nommer les membres de la diaspora. Plus de « ressortissants », terme qui renvoie à une relation de dépendance administrative. Pas non plus simplement d'« expatriés », notion géographique neutre. Les porteurs du projet utilisent les mots d'« entrepreneurs », d'« investisseurs », de « cadres », de

Côte d'Ivoire, Diaspora, Diaspora For Growth 2026, Diaspora ivoirienne, Economie, Etudes, Investissement CIV, Investissements, Maurice Bandama, Milan roadshow, Paris, PND 2026-2030, Transferts financiers, UNESCO Parisarchive
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.