Lomé sert de décor, cette semaine, à une discussion qui concerne des millions d'Africains, ceux qui vivent loin de chez eux comme ceux qui rêvent de circuler plus librement sur le continent. Du 28 au 30 septembre 2026, la capitale togolaise accueille la première consultation africaine consacrée au futur Conseil consultatif de l'Union africaine sur les migrations.
Qui est autour de la table
La cérémonie d'ouverture a été présidée par le colonel Hodabalo Awaté, ministre de l'Administration territoriale, qui représentait le chef de l'État togolais. Face à lui, le Dr Sabelo Mbokazi, responsable du travail, de l'emploi et des migrations à la Commission de l'Union africaine. Autour d'eux se retrouvent des responsables publics, des experts des questions migratoires et des acteurs de la société civile.
Le ministre a plaidé pour une intégration africaine qui se ressente concrètement dans la vie des citoyens, avec « une circulation plus fluide des personnes, des biens, des capitaux, des compétences et des idées ». Le Dr Mbokazi a, de son côté, salué les mesures de facilitation des visas prises par le Togo, qui ont pesé dans le choix de Lomé pour accueillir la rencontre.
Au programme
Pendant trois jours, les participants examinent l'état de la libre circulation en Afrique, la gouvernance des frontières, les expériences nationales de mobilité et les systèmes intégrés de gestion intelligente des frontières. Ils doivent aussi réfléchir au mandat et aux priorités du futur Conseil, un organe consultatif destiné à éclairer l'Union africaine sur les questions migratoires.
La rencontre tombe vingt ans après l'adoption par l'Union africaine de son Cadre de politique migratoire, et s'inscrit dans la vision de l'Agenda 2063 d'une Afrique intégrée.
Pourquoi la diaspora est concernée
La question migratoire ne se limite pas aux frontières internes. Les Africains de l'étranger envoient chaque année des sommes considérables : les transferts de la diaspora sont estimés à 104 milliards de dollars par an sur le continent, selon Africa24 TV. En Côte d'Ivoire, ils ont atteint 938,8 milliards de francs CFA en 2025. Un conseil consultatif qui pèse sur les politiques de mobilité peut donc, à terme, influencer les conditions dans lesquelles ces migrants voyagent, s'installent, investissent ou reviennent.
Reste l'écart entre les intentions et la réalité. La libre circulation est proclamée depuis des années, mais les voyageurs africains continuent souvent de se heurter aux visas, aux contrôles et aux lenteurs administratives. Une consultation n'est pas une décision : le mandat du futur Conseil, sa composition et sa capacité à peser sur les États membres sont encore à définir.
Ce qu'il faudra surveiller
Trois questions se posent à l'issue de ces trois jours. Quelle place sera réservée aux diasporas dans la composition du Conseil ? Quels États, dont la Côte d'Ivoire, s'engageront réellement sur la facilitation des visas ? Et selon quel calendrier l'organe sera-t-il mis en place ?
Les conclusions de Lomé, attendues à la fin de la semaine, permettront d'y voir plus clair. D'ici là, le Togo se positionne comme un pays d'accueil pour ce débat, avec une politique de visas que l'Union africaine cite volontiers en exemple.







