C'est un signal fort en faveur du financement des petites entreprises sur le continent. La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, le vendredi 31 juillet 2026, avoir investi environ 332 millions de dollars américains, soit 5,4 milliards de rands sud-africains, dans un titre émis en bourse par Standard Bank Group Limited, la plus grande banque commerciale d'Afrique en termes d'actifs. L'objectif de cette opération : élargir l'accès au financement des petites et moyennes entreprises (PME) à travers l'Afrique du Sud.
Selon un communiqué officiel de l'institution panafricaine, cette facilité est structurée sous la forme d'un titre dit « FLAC » (Financial Loss-Absorbing Capacity, ou capacité d'absorption des pertes financières), une nouvelle classe de dette introduite en janvier 2026 par la Banque centrale sud-africaine (South African Reserve Bank) dans le cadre de son approche progressive de mise en œuvre d'un régime de résolution bancaire. Cette opération constitue la toute première émission d'un instrument FLAC social de Standard Bank Group cotée sur ce marché, dont le produit est spécifiquement destiné au financement de projets à vocation sociale.
- Montant investi par la BAD : 332 millions de dollars (5,4 milliards de rands sud-africains)
- Instrument : titre FLAC (Financial Loss-Absorbing Capacity), une première pour un instrument social soutenu par une institution de développement sur ce marché
- Don technique complémentaire : 1 million de dollars (16 millions de rands), via le programme AFAWA / guichet We-Fi
- Bénéficiaires visés : PME sud-africaines, avec un accent particulier sur les entreprises dirigées par des femmes
- Partenaire : Standard Bank Group, première banque commerciale d'Afrique par le total des actifs
En complément de cette facilité, le programme AFAWA (« Affirmative Finance Action for Women in Africa », soit Action de financement affirmatif pour les femmes en Afrique) de la BAD a accordé un don d'assistance technique d'un million de dollars, soit environ 16 millions de rands, financé par le guichet We-Fi. Cette enveloppe complémentaire doit permettre de lever les obstacles spécifiques rencontrés par les entrepreneures du continent, notamment à travers la mise à disposition d'outils de paiement numériques destinés à constituer des historiques de crédit vérifiables, ainsi qu'un accompagnement au développement des entreprises et des fournisseurs pour les PME dirigées par des femmes. « Cet investissement reflète l'engagement de la Banque africaine de développement à renforcer l'architecture financière de l'Afrique tout en orientant les capitaux à long terme vers les secteurs qui en ont le plus besoin : les petites entreprises et les entrepreneurs sud-africains », a déclaré Kennedy Mbekeani, directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l'Afrique australe et chef du bureau pays pour l'Afrique du Sud. La cérémonie de signature a réuni son homologue de Standard Bank, Luvuyo Masinda, président-directeur général de la banque d'affaires et d'investissement de l'établissement sud-africain. Selon la BAD, les deux volets de cette opération — la facilité de refinancement et le don technique dédié aux femmes — doivent conjointement renforcer et élargir la capacité de Standard Bank à financer les PME sud-africaines, dans un contexte économique où l'accès au crédit demeure l'un des principaux obstacles au développement de l'entrepreneuriat sur le continent, en particulier pour les petites structures et les entreprises dirigées par des femmes, souvent moins bien desservies par les circuits bancaires classiques. Cette opération s'inscrit dans une série d'interventions similaires menées par la Banque africaine de développement à travers le continent au cours des dernières semaines, notamment en faveur du corridor économique de Lobito, entre la Zambie et l'Angola, illustrant la stratégie plus large de l'institution visant à mobiliser des capitaux privés de long terme pour soutenir la transformation structurelle des économies africaines et l'inclusion financière des populations les plus vulnérables du continent.







