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Liste grise du GAFI : la Côte d'Ivoire en sort après deux ans de surveillance

Le Groupe d'action financière a retiré la Côte d'Ivoire de sa liste des pays sous surveillance renforcée, à l'issue de sa plénière de Paris close le 30 octobre 2026. Le pays y figurait depuis octobre 2024. La Bulgarie, la RDC et Monaco sortent en même temps, tandis que le Vietnam reste sous surveillance.

JGJunior Gnapié30 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 2 foisÉconomie
Liste grise du GAFI
📷 Illustration : Liste grise du GAFI : la Côte d'Ivoire en sort après deux ans de surveillance © Signicat
Le Groupe d'action financière (GAFI) a retiré la Côte d'Ivoire de sa liste grise, à la fin de sa session plénière tenue à Paris et close le vendredi 30 octobre 2026. Trois autres juridictions sortent du dispositif avec elle : la Bulgarie, la République démocratique du Congo et Monaco.
Le Vietnam, lui, reste sur la liste. Selon la dépêche relayée par Devdiscourse, le GAFI examinera « les prochaines étapes » si Hanoï ne montre pas d'« améliorations tangibles » d'ici la prochaine plénière. La liste noire ne bouge pas : l'Iran, la Birmanie et la Corée du Nord y restent. D'après le site spécialisé AML UAE, aucun pays n'a été ajouté à la liste grise, qui passe de 22 à 18 juridictions, et la prochaine plénière est prévue du 22 au 26 février 2027.

Vingt-quatre mois sous surveillance

Le dossier ivoirien remonte à octobre 2024, quand le pays a été inscrit pour des faiblesses dans son dispositif contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes. Linfodrome parle de « 24 mois » de réformes depuis le 25 octobre 2024.
Une analyse d'Africa Briefing, parue avant la décision, détaille le plan d'action : coopération internationale, supervision des institutions financières fondée sur les risques, vérification de l'identité des bénéficiaires effectifs des sociétés, exploitation du renseignement financier, hausse des enquêtes et des poursuites, renforcement des sanctions financières ciblées. En juin 2026, selon ce même texte, le GAFI avait jugé le plan « substantiellement » exécuté et autorisé une visite sur place, dernière étape avant une sortie éventuelle.
Parmi les réformes citées, un registre central des bénéficiaires effectifs est désormais opérationnel. D'après le FMI, un mécanisme associant l'administration fiscale et le tribunal de commerce d'Abidjan recoupe les données déclarées : on ne se contente plus de recueillir des déclarations, on les vérifie.

Ce que la sortie change, et ce qu'elle ne change pas

Figurer sur la liste grise n'entraîne pas de sanctions. L'effet est plus diffus : les banques regardent les opérations de plus près, ce qui les rend plus lentes et plus coûteuses. Le ministre congolais des Finances, cité par Devdiscourse, espère que la sortie réduira « le coût et la friction » des transactions transfrontalières pour les banques, les entreprises et les citoyens.
Pour la Côte d'Ivoire, les mêmes mécanismes valent. Africa Briefing rappelle toutefois que la sortie ne signifie pas l'absence de risque. Le FMI a relevé, lors d'inspections récentes, des faiblesses persistantes dans la vigilance à l'égard des clients et la surveillance des transactions dans les banques, et recommande de poursuivre les évaluations sectorielles. Le même texte indique que le pays figurait aussi sur la liste européenne des pays à haut risque, distincte de celle du GAFI, et qu'une sortie de la liste grise ne la ferait pas disparaître automatiquement. Cette situation est à actualiser avant publication.
Pour les Ivoiriens de l'étranger et les entreprises qui envoient ou reçoivent de l'argent, l'effet concret dépendra de la manière dont les banques correspondantes réviseront leurs procédures. Les textes lus ne décrivent pas encore ce calendrier.
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