L'Assemblée nationale du Sénégal a rejeté, mardi 3 novembre, le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 par 109 voix contre 20, avec trois abstentions, selon Seneplus. Les députés ont adopté une question préalable déposée par Amadou Ba, du Pastef, ce qui a mis fin à l'examen du texte sans discussion de fond.
Ce vote prive le gouvernement d'un outil qu'il jugeait nécessaire pour ajuster les comptes de l'année en cours. Le texte devait notamment permettre de régler des dettes dues à des entreprises privées et à des fournisseurs d'électricité, et de financer le combustible des centrales, d'après le compte rendu de Seneplus.
Les griefs de la majorité
Les élus de la majorité ont mis en cause la fiabilité des prévisions budgétaires et la manière dont le déficit était présenté : le projet l'estimait à 7,6 % du produit intérieur brut. Ils ont aussi jugé insuffisantes les informations sur la dette publique et sur les besoins de financement du pays.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Cheikh Diba, a répondu en dénonçant « un prétexte pour écarter le budget révisé », selon la même source. Aucune autre réaction détaillée du gouvernement n'a pu être consultée.
Le FMI en arrière-plan
L'enjeu dépasse le calendrier budgétaire. Seneplus indique que le rejet pourrait compliquer l'approbation attendue d'un financement du Fonds monétaire international de 2,2 milliards de dollars, le désaccord portant sur les équilibres budgétaires et la soutenabilité de la dette. Le FMI n'a, à notre connaissance et d'après les textes lus, pas encore réagi publiquement.
La presse sénégalaise du 3 novembre décrit un climat de blocage à l'Assemblée. Sud Quotidien parlait d'un « impossible blocage » et EnQuête d'une Assemblée « au bord de l'impasse », selon la revue de presse d'Afrik.com. Le Soleil signale par ailleurs une baisse des recettes fiscales de 46,4 milliards de FCFA en août, un chiffre que nous n'avons pas pu recouper avec une autre source.
La suite
Le gouvernement doit maintenant trouver une solution avant la fin de l'année pour combler les besoins que la LFR devait couvrir. Les textes consultés n'indiquent pas s'il présentera une nouvelle version du projet ni selon quel calendrier. Pour les lecteurs de la zone UEMOA, le dossier est suivi de près, car la situation budgétaire d'un pays partageant le franc CFA touche la perception des marchés sur toute la région.









