La Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d'Ivoire (CDC-CI) a un nouveau patron. Dans un communiqué diffusé le 25 septembre, l'institution a confirmé la nomination de Sidy Cissé au poste de directeur général, avec pour mission déclarée de « poursuivre la mobilisation et la sécurisation des ressources » destinées au financement des projets structurants de l'État.
Le nom n'est pas inconnu des cercles économiques abidjanais. Depuis 2017, Sidy Cissé occupait le poste de directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, en charge des questions financières, économiques et des infrastructures. À ce poste, il a suivi le programme économique conclu avec le FMI, piloté plusieurs opérations d'Eurobonds et accompagné la structuration de grands projets publics. Un curriculum qui colle presque trait pour trait au mandat qui l'attend désormais.
Son parcours dans l'administration ivoirienne remonte à plus loin. Entre 2013 et 2017, il était déjà directeur de cabinet adjoint, mais au ministère du Budget, où il a participé aux réformes des finances publiques et à la création de la Direction Générale du Portefeuille de l'État. Avant cela, de 2011 à 2013, il conseillait le ministère des Infrastructures Économiques sur les grands projets, dont le financement du troisième pont d'Abidjan.
Un aller-retour entre Abidjan et l'étranger
Sidy Cissé n'a pas fait toute sa carrière en Côte d'Ivoire. Diplômé de l'École Polytechnique et de l'École des Mines de Paris, il a d'abord travaillé dans la banque, au Crédit Agricole en France, puis dans les hydrocarbures chez Schlumberger, avec des postes au Soudan, en Inde et en Arabie Saoudite. Il n'est rentré au pays qu'en 2011, avec dans ses valises plus de vingt ans d'expérience répartis entre finances publiques, infrastructures et énergie, sur trois continents.
Une institution en pleine mue
La CDC-CI n'a rien d'un simple guichet administratif. Créée pour centraliser et sécuriser des fonds réglementés, dépôts notariaux, consignations judiciaires, fonds de retraite et autres ressources dormantes, elle s'est vue confier ces dernières années un rôle qui déborde largement cette mission d'origine : celui de bras financier de l'État pour des projets qui ne trouvent pas toujours preneur auprès des banques classiques, faute de rentabilité immédiate ou d'horizon suffisamment long.
Cette nomination intervient à un moment où la CDC-CI voit justement son rôle se renforcer. L'État lui a récemment accordé un pouvoir de coercition élargi pour sécuriser ses ressources, une évolution qui change la nature de l'institution, jusque-là perçue surtout comme un réceptacle de dépôts obligatoires. Le nouveau directeur général arrive donc à un moment charnière, avec un mandat qui dépasse largement la gestion courante.
Reste à savoir ce que ce changement de direction changera concrètement sur le terrain. La CDC-CI doit notamment accompagner le financement du Plan national de développement 2026-2030, dont les volets diaspora et investisseurs étrangers ont été présentés ces dernières semaines à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Sidy Cissé connaît le dossier de l'intérieur, pour avoir suivi les opérations d'Eurobonds de l'État ces dernières années. Reste à voir s'il parviendra à transformer cette connaissance technique en financements réellement débloqués pour les grands chantiers publics qui attendent leur tour.







