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Travail forcé : Washington frappe le Nigeria d'une nouvelle surtaxe douanière

Depuis le 24 juillet, les États-Unis appliquent des droits de douane de 10 à 12,5 % à une soixantaine de partenaires commerciaux accusés de tolérer le travail forcé dans leurs chaînes d'approvisionnement. Le Nigeria fait partie des pays africains les plus touchés.

APAnge Pascal10 septembre 20263 min de lectureLu 24 foisÉconomie
Travail forcé, Washington frappe le Nigeria d'une nouvelle surtaxe douanière
📷 Illustration : Travail forcé, Washington frappe le Nigeria d'une nouvelle surtaxe douanière © L'indépendant
Depuis le vendredi 24 juillet, une soixantaine de partenaires commerciaux des États-Unis sont soumis à une nouvelle architecture tarifaire de 10 % ou 12,5 %. Le motif a changé de nature : il ne s'agit plus de corriger des déséquilibres commerciaux, mais de sanctionner un laxisme présumé face au travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement. Le Nigeria compte parmi les pays africains les plus directement visés.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, justifie la mesure par la continuité d'une politique déjà ancienne. « The United States has had a forced labour import ban for nearly a century, and rigorously enforces it ; it's well past time for our trading partners to do the same », a-t-il déclaré, selon Euronews. Les nouveaux droits s'appuient sur la section 301 du Trade Act de 1974, après que la Cour suprême américaine a invalidé, en février, l'usage d'une autre base légale pour des tarifs d'urgence similaires.

Sept pays, ou huit : les sources ne s'accordent pas

Sur le nombre exact de pays africains concernés, les récits divergent. Notreafrik.com, qui date sa version du 27 juillet et cite le mémorandum présidentiel du 23 juillet, retient sept pays au taux plein de 12,5 % : l'Algérie, l'Angola, l'Égypte, la Libye, le Maroc, le Nigeria et l'Afrique du Sud. Afrikmag.com, qui décrivait début juin la proposition telle que dévoilée par l'USTR, avant la décision finale, en comptait huit, avec la Mauritanie en plus. Un point sur lequel les deux textes ne se recoupent pas, mais qui laisse un fait stable : le Nigeria, dans un cas comme dans l'autre, figure sur la liste.
Pour l'Angola et le Nigeria, selon notreafrik.com, l'architecture retenue « protège les rentes extractives tout en pénalisant les filières transformées » que ces pays cherchent pourtant à développer. Le pétrole et les engrais, dont l'industrie américaine a besoin, échappent en effet à la surtaxe.

L'AGOA, un accès préférentiel qui perd de sa valeur

La loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), prolongée jusqu'au 31 décembre 2026, garantit en théorie aux pays subsahariens éligibles un accès sans droits pour plus de 1 800 produits. Mais un régime préférentiel ne vaut que par l'écart qu'il crée avec le régime commun : si des droits de 10 à 12,5 % s'appliquent par ailleurs, la franchise perd l'essentiel de sa portée pour les produits qui, comme certains transformés nigérians, ne bénéficient pas d'une exemption totale.
L'exemple sud-africain donne la mesure du risque. En 2025 déjà, les exportations automobiles sud-africaines vers les États-Unis, l'un des principaux succès de l'AGOA jusque-là, avaient reculé de près de 75 %, passant de 25 544 à 6 530 véhicules sur la période étudiée par notreafrik.com. Aucune réponse coordonnée de l'Union africaine ou de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) n'a émergé, à ce stade, pour les sept pays visés. Chacun négocie seul sa sortie du dispositif, par la certification de ses normes de travail.
Trois voies s'offrent, selon notreafrik.com, aux pays concernés, et rien n'empêche de les combiner : obtenir cette certification pour basculer vers le taux réduit de 10 % ; diversifier les débouchés, notamment vers la Chine, qui applique depuis le 1er mai 2026 un tarif zéro pour 53 pays africains ; ou miser sur la ZLECAf elle-même, la voie la plus lente, mais la seule dont les règles ne dépendent d'aucune décision prise à Washington. L'échéance qui compte réellement, souligne notreafrik.com, n'est d'ailleurs pas celle du 24 juillet : c'est le 31 décembre 2026, date d'expiration de l'AGOA, sans qu'aucun signal n'indique à ce jour une volonté américaine de la renouveler.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Économie
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