Abidjan4AllL'info pour tous les Ivoiriens · partout dans le monde
FemmesFRANCE - UIAFFIF

Deuxième édition du Café-Débat de l'UIAFFIF : la diaspora africaine à Paris réfléchit à la transmission culturelle aux générations futures

Paris : Que transmettre à nos enfants, nés ou grandis entre deux continents ? C'est la question qui a occupé, samedi 26 septembre, la salle MAS du 13ᵉ arrondissement de Paris, où l'Union Interfédérale des Associations Féminines et des Femmes Ivoiriennes de France (UIAFFIF) organisait la deuxième édition de son Café-Débat. Sous la houlette de sa présidente Carole Sanni, la fédération avait donné rendez-vous à la diaspora autour d'un thème aussi intime que politique : « Nos enfants grandissent entre deux cultures ».

FEFanta Erika Dosso27 septembre 2026⏱ 4 min de lectureLu 15 foisFemmes
Le Panel 2, « Famille, éducation et valeurs », réunissant Karima Mertah, Valoua Touré, Moufid Hammami et Jean-Philippe Akpoué, lors de la 2ᵉ édition du Café-Débat de l'UIAFFIF, samedi 26 septembre 2026, salle MAS, Paris 13ᵉ
📷 Illustration : Le Panel 2, « Famille, éducation et valeurs », réunissant Karima Mertah, Valoua Touré, Moufid Hammami et Jean-Philippe Akpoué, lors de la 2ᵉ édition du Café-Débat de l'UIAFFIF, samedi 26 septembre 2026, salle MAS, Paris 13ᵉ. © Fanta Erika Dosso / abidjan4all.info.
Créée en janvier 2017 et forte aujourd'hui de plus de 3 000 membres répartis dans 17 associations, l'UIAFFIF s'est imposée comme l'une des structures féminines les plus actives de la diaspora ivoirienne en France, entre accompagnement des familles, autonomisation économique des femmes et passerelles avec la Côte d'Ivoire. Le Café-Débat en est l'une des vitrines : quatre panels se sont succédé toute la journée, de l'identité culturelle à l'entrepreneuriat diasporique, en passant par la famille et les trajectoires de vie entre Europe et Afrique.
Chiffres clés

2ᵉ édition du Café-Débat de l'UIAFFIF

2017 : année de création de la fédération

3 000+ membres revendiqués par l'UIAFFIF

17 associations membres

4 panels tenus dans la journée

Paris 13ᵉ, salle MAS — samedi 26 septembre 2026

Devant un public mêlant responsables associatifs, professionnels de l'éducation et parents venus en famille, le philosophe Bakary Cissoko, spécialiste des questions de parentalité, a ouvert les échanges sur une question simple en apparence : « Qu'est-ce qu'on donne à nos enfants ? Quel héritage leur transmettons-nous ? » Pour lui, les enfants de la diaspora sont d'abord des enfants du métissage, nés ici ou ailleurs mais vivant ici, et c'est à cette réalité que les parents doivent apprendre à répondre.
Sa réponse tient en un mot : le suivi. « Si le parent ne sait rien, l'enfant ne saura rien. Si le parent ne fait pas confiance à l'enfant, il ne pourra pas avancer. On ne doit pas imposer à l'enfant. On doit l'accompagner : qu'est-ce que tu veux ? Et moi, je t'accompagne », a-t-il insisté. Une manière de dire que l'autorité parentale d'hier, celle qui reproduisait les métiers et les trajectoires de génération en génération, ne suffit plus. « Tu es plombier, ton enfant sera plombier » : ce schéma, a-t-il rappelé, a vécu. Les enfants d'aujourd'hui ont d'autres horizons, et les parents doivent apprendre à dialoguer et à négocier plutôt qu'à imposer.
C'est précisément ce terrain famille, éducation, valeurs qu'a occupé le deuxième panel de la journée, où intervenait Moufid Hammami, directeur des systèmes de bases de données à l'École américaine de Paris et vice-président du Lions Club Saint-Cloud–Garches–Vaucresson, aux côtés de Valoua Touré (adjoint au maire de Bobigny), Karima Mertah (thérapeute et fondatrice de l'association Parole d'Éduc) et Jean-Philippe Akpoué (président du comité de pilotage de l'association ELIT). Hammami a choisi d'aborder la question sous l'angle de la confiance en soi et du rôle du monde associatif : « J'ai partagé mon point de vue sur la confiance en soi, une valeur que nos aînés nous ont transmise à travers le monde associatif. Les valeurs sont innombrables, mais certainement, c'est avec ceci qu'on a pu traverser nos chemins, que ce soit dans nos pays d'origine ou ici, à l'étranger. »
Au-delà du débat d'idées, l'intervenant a vu dans la rencontre un terreau à projets concrets entre associations : « Cette démarche va créer du relationnel entre les acteurs associatifs et se traduire par des projets futurs. Nous avons déjà commencé à parler de dons d'ordinateurs pour mettre en place une classe informatique destinée aux jeunes à Paris. Et nous pourrons étendre cette action, pourquoi pas, en Côte d'Ivoire ou à Dakar. »

« « Si le parent ne sait rien, l'enfant ne saura rien. On ne doit pas imposer à l'enfant. On doit l'accompagner. » »

— Bakary Cissoko, philosophe, spécialiste de la parentalité
Dans la salle, la jeunesse présente n'était pas seulement spectatrice. Bonia Sekongo, juriste en droit des affaires et membre de l'association Iroko & Co, a tenu à expliquer son engagement : « Je souhaite contribuer à la création de liens entre les générations de la diaspora, à la transmission de nos valeurs et à la valorisation de notre identité culturelle. » Une parole qui a résonné avec l'esprit de la journée : donner à la nouvelle génération les moyens de faire de sa double appartenance une force plutôt qu'un écartèlement.
En clôture, le sentiment dominant était celui d'un rendez-vous utile plus que d'un simple colloque : un espace où la diaspora ivoirienne et africaine de France a pu mettre des mots et des débuts de solutions sur ce que veut dire, concrètement, grandir et éduquer entre deux rives. La prochaine édition du Café-Débat de l'UIAFFIF est déjà attendue par une partie de l'assistance, désireuse de transformer les intentions échangées samedi en projets communs entre la France et la Côte d'Ivoire.
Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion — les commentaires sont modérés.