Mesdames et Messieurs les journalistes, chers amis de la presse, Merci de votre présence nombreuse pour immortaliser cet événement qui représente un marqueur fort de l’histoire politique de notre pays. En effet, c’est la première fois dans l’histoire de notre pays, que le parti au pouvoir décide de conclure un partenariat avec un parti politique de l’opposition et d’apposer sa signature sur un texte qui l’engage sur des questions essentielles pour la vie de la Nation : la réconciliation nationale, la cohésion sociale et la démocratie. Pourquoi nous engager aujourd’hui sur ces questions alors que la Côte d’Ivoire est apparemment en paix ? Souvent les apparences sont trompeuses et il faut toujours aller au- delà des apparences. En effet à travers les situations judiciaires liées aux crises passées, dans les discours et les postures politiques, nous notons tous que les plaies ne sont pas toutes cicatrisées, parce-que nous n’avons pas su aller au bout d’un processus de réconciliation sincère. Cette réalité, nous la percevons chaque jour dans les tensions relationnelles entre citoyens ne partageant pas les mêmes convictions politiques ou religieuses, dans la méfiance à l’égard des institutions de notre République. Cette réalité s’est invitée dans le dialogue politique entre le gouvernement et l’opposition. Elle justifie la création par le chef de l’Etat du ministère chargé de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale. Certes, la Côte d’Ivoire ne brûle pas, mais les braises ne sont pas éteintes. Et tant qu’il reste une braise, chacun le sait, le feu peut repartir si certains soufflent habilement. La réconciliation impose de pardonner pour surmonter les déchirures et les drames du passé. Pardonner, pour « passer d’un passé divisé à un avenir partagé ». « Sans pardon, il n’y a pas d’avenir », nous dit le révérend Desmond Tutu. Quoi qu’il soit arrivé par le passé, l’exigence d’un avenir commun doit l’emporter sur le désir de vengeance. On ne bâtit pas l’avenir d’un pays sur la vengeance et sur la division. Nous voulons que la formule « jamais plus cela » devienne une réalité. La réconciliation doit permettre de se faire à nouveau confiance. Cela reste à ce jour un défi pour la Côte d’Ivoire. De la méfiance à la haine il n’y a qu’un pas, et on le franchit facilement et pour certains allégrement. L’enjeu est immense. Aujourd’hui, notre pays fait face à des défis fondamentaux. Il ne peut pas s’offrir le luxe d’une nouvelle crise. Notre réconciliation est pour lui la meilleure des protections. Plus unis, nous serons plus forts. Il est vrai que pendant les moments de crises et d’affrontements, de part et d’autre, des agressions ont été commises et subies, des injures et des insanités ont été proférées. Mais nous devons être à la hauteur de la mission que nous nous sommes donnée volontairement, de l’engagement que nous avons pris solennellement de faire de la politique pour le progrès de notre pays et le bonheur de notre peuple. Alors, nous devons être capables de dépassement, pour regarder l’essentiel. Et l’essentiel, c’est la Côte d’Ivoire, notre pays.

Notre démarche fait écho à l’envie de paix, au puissant désir de paix de nos compatriotes. Nous devons, nous leaders politiques, savoir répondre à cette envie de paix en nous donnant les instruments, les outils, afin de tourner pour toujours la page de nos cycles de violence. Nous pensons qu’il y a urgence. Urgence, car nous voyons autour de nous la tentation inverse, celle d’instrumentaliser les souffrances au service d’un agenda politique, celle de souffler sur les braises de nos anciennes divisions. Pour faire de cette réconciliation une réalité ancrée dans la durée, nous devons sensibiliser les populations à ces enjeux. Ce sera notre mission. Nous l’accomplirons les uns et les autres lors de nos différentes tournées sur le terrain. Pour faire de cette réconciliation une réalité ancrée dans la durée, nous nous interdirons désormais les uns et les autres, des postures, des mots, qui pourraient contrevenir à l’objectif. C’est aussi une promesse forte : certaines manières de faire de la politique doivent appartenir au passé. Nous devons apprendre à faire de la politique autrement. La réconciliation est évidemment indissociable de la cohésion sociale. Pour être fortes et durables, la réconciliation nationale et la cohésion sociale doivent être fondées sur la démocratie. Nous nous réjouissons là aussi que le RHDP ait accepté de s’engager à nos côtés. Il s’agit du respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme, de l’impartialité de l’Etat, de la bonne gouvernance des affaires publiques, de l’égalité des citoyens en droits et en devoirs. Affermir la démocratie relève évidemment d’abord de ceux qui ont en charge le pouvoir d’Etat. Mais cela nous concerne tous, chacun à la place qui est la sienne. Il s’agit de problèmes que nous n’avons pas totalement réglés, malgré des avancées certaines, à travers le dialogue politique et certaines initiatives du gouvernement. Sans cela, cet accord n’aurait d’ailleurs pas été possible entre nous. Une démocratie mature, c’est une démocratie dans laquelle nos débats portent sur les idées, avec des campagnes électorales projet contre projet, projet contre bilan. Dans une démocratie mature, on n’instrumentalise pas les ressentiments pour conquérir des voix. On brandit un programme pour fédérer des énergies et emporter l’adhésion du plus grand nombre. Demain, la Côte d’Ivoire doit entrer dans cette normalité démocratique, cette maturité démocratique. Nous allons nous y employer. Mais au-delà des mots, quel sens donner à ce partenariat ? Wikipedia définit un partenariat comme « une association active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun relié à un problème ou à un besoin clairement identifié dans lequel, en vertu de leur mission respective, ils ont un intérêt, une responsabilité, une motivation, voire une obligation ». Ni le RHDP, ni nous-même le FPI, n’étions obligés de signer un tel accord. Chacun de nous aurait pu mener ce combat-là de son côté. Mais comment être crédibles dans nos démarches de réconciliation si nous-mêmes nous ne nous étions pas réconciliés ? Ce partenariat est un acte de réconciliation entre nous pour engager ensemble la réconciliation en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, un parti au pouvoir n’a pas d’obligation de prendre des engagements auprès d’un partenaire, sur ce qui relève de sa prérogative, la gestion des affaires de l’Etat. Le RHDP introduit par cette signature un acte d’humilité et d’ouverture dans sa pratique p







