Ex-compagnon de route de Laurent Gbagbo dont il a notamment été le premier ministre d’octobre 2000 à mars 2003, Pascal Affi N’Guessan préside actuellement le Front populaire ivoirien, une responsabilité conquise de haute lutte et devant la justice, d’abord en décembre 2014 quand la justice ivoirienne a invalidé la candidature de Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle de 2015, à la suite d'une plainte déposée par Pascal Affi N’Guessan, ensuite en avril 2015 quand la même justice ivoirienne l’a confirmé dans sa fonction de président du FPI tout en interdisant à Aboudramane Sangaré et ses soutiens (Simone et Michel Gbagbo entre autres) d'utiliser le nom et le logotype du parti. Arrivé deuxième avec 9,2 % des voix derrière le président Ouattara à la présidentielle du 25 octobre 2015, il s’est porté candidat à l’élection présidentielle suivante du 31 octobre 2020 où il a milité dans le camp favorable au boycott porté par l’éphémère Conseil national de transition qui souhaitait « un retour à la légalité constitutionnelle » et l’« organisation d'élections justes, transparentes et inclusives ». Porte-parole de ce même CNT présidé par Henri Konan-Bédié, leader du PDCI, Pascal Affi N’Guessan est arrêté le 7 novembre 2020 sous l’accusation de « complot contre l'autorité de l’État », « mouvement insurrectionnel », « assassinat » et « actes de terrorisme ». Remis en liberté provisoire le 30 décembre, il s’est replongé dans la vie de son parti. Entretemps, l’ex-président de la République, Laurent Gbagbo, définitivement acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), est rentré en Côte d’Ivoire le 17 juin, après dix ans d’absence. Une question essentielle s’est posée : que va faire Laurent Gbagbo avec le FPI légal de Pascal Affi N’Guessan alors que ses fidèles du FPI-GOR (Gbagbo ou rien) ont toujours refusé d’abandonner un bateau qu’ils considéraient leur ? Réponse a été donnée le week-end du 17 octobre avec la fondation d’un nouvelle formation politique, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), qui l’a porté à sa tête. « C’est toujours une déchirure quand on est on est obligé de recommencer », a dit Laurent Gbagbo dans l’entretien qu’il a accordé à France 24 le 19 octobre. « A mon retour, a-t-il ajouté, je n’ai pas reconnu le parti ». Et de poursuivre : « Les temps ont changé, les circonstances aussi » avant d’embrayer sur le sujet du panafricanisme et de faire allusion à l’un de ses chantres, Kwamé Nkrumah. « Il a mis ses idées sur la place publique, je les adopte », a-t-il dit. Alors que cette nouvelle donne, qui en a surpris plus d’un, s’installe dans le paysage politique ivoirien, Pascal Affi N’Guessan s’est confié au Point Afrique. Pas seulement pour parler du FPI mais aussi pour exposer la feuille de route qui lui paraît la meilleure pour la Côte d’Ivoire. Y passent pêle-mêle les Etats généraux de la République, son regard sur la nation ivoirienne, sa conception d’un État refondé sur de nouvelles bases et bien sûr sa vision de la Côte d’Ivoire idéale. Le Point Afrique : L'actualité politique ivoirienne est très dense en ce moment avec notamment la création par Laurent Gabgbo du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire. Quel est votre sentiment sur cette création ? Pascal Affi Nguessan : Aucun sentiment particulier, c'est un parti politique supplémentaire qui voit le jour sur l'échiquier politique ivoirien. Tout ce que nous espérons, c’est qu'il vienne contribuer à l’apaisement, au renforcement de la démocratie et à la stabilité politique du pays Le Point Afrique : Vous attendiez-vous à ce que Laurent Gbagbo crée un autre parti à côté du Front populaire ivoirien ? Pascal Affi Nguessan : Je ne fais pas de spéculation sur les intentions des leaders politiques, je prends acte des actes qu’ils posent.

Le Point Afrique : Quelles sont les perspectives actuelles du Front populaire ivoirien au regard de l’évolution de la situation ? Pascal Affi Nguessan : Les perspectives du FPI restent les mêmes. C’est la reconquête du pouvoir d’État, notamment à l'occasion des élections de 2025. Pour cela, il faut s'organiser, reconstruire le parti sur l'ensemble du territoire, actualiser son projet politique par rapport aux problématiques nouvelles auxquelles le pays est confronté, à savoir celle de la réconciliation et de l'unité nationale, de la lutte contre la corruption et la pauvreté, pour la bonne gouvernance, la promotion des femmes, la lutte contre les inégalités sociales, l’amélioration de pouvoir d'achat et des revenus, notamment du monde rural, la reconstruction de l’école et d’un système sanitaire qui nous éviterait ces incessants voyages entre Abidjan et Paris pour des raisons de santé. Nous devons aussi rester engagés dans la vie quotidienne des Ivoiriens en terme de contrôle de l'action gouvernementale pour être le porte-voix des populations par rapport à la manière dont le pays est gouverné. Il s’agit donc pour nous d’être présent dans l’actualité politique. C’est ce travail-là que nous continuons, en espérant que d’ici 2025, nous aurons convaincu les Ivoiriens de notre aptitude à revenir au pouvoir, de ce que nous avons l'homme qu'il faut pour être à la tête de l'État de Côte d'Ivoire afin de tourner la page de ces 30 ans de violences, de palabres, de pleurs.... Le Point Afrique : Quelle est la matrice idéologique de FPI qui va nourrir votre projet et votre action ? Pascal Affi Nguessan : Notre ancrage idéologique, c'est la social-démocratie. Autrement dit, une idéologie du partage, de la liberté d'expression, de l’initiative, de commerce et d’industrie. C’est aussi une idéologie de la juste répartition des fruits de la croissance afin de ne pas laisser sur le bord de la route les couches défavorisées. Nous sommes pour une société d’équilibre qui refuse les inégalités scandaleuses sources d'instabilité politiques, de violence et de crise. Nous sommes pour la liberté et la démocratie, la solidarité et l'unité nationales parce que nous sommes une nation en construction. Notre volonté, c'est de construire la cohésion de la nation ivoirienne de manière à ce que les Ivoiriens se considèrent comme frères et sœurs, engagés dans le même projet politique en ayant un destin commun. Qu’ils se serrent les coudes, travaillent la main dans la main pour faire face à toutes les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés. Nous souhaitons aussi une Côte d'Ivoire qui pourrait être le moteur même de l'intégration ouest-africaine parce qu’il y a aujourd'hui des problématiques qui exigent une mutualisation des moyens, une convergence des actions. Pour cela, il faut que nous travaillons davantage à consolider la Communauté économique des États de l'Afrique de l







