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Guerre en Ukraine : le Canada promet à Kiev un partenariat de « cent ans » et un renfort de défense aérienne

En visite à Calgary, Volodymyr Zelensky a obtenu jeudi du premier ministre canadien Mark Carney de nouveaux engagements militaires et financiers pour l'Ukraine, alors que la Russie intensifie ses frappes de missiles balistiques. Les deux dirigeants ont signé un accord destiné à sceller une coopération de long terme entre leurs deux pays.

JGJunior Gnapié10 septembre 20263 min de lectureLu 11 foisPolitique
Volodymyr Zelensky et Mark Carney lors d'un sommet international en 2026
📷 Illustration : Guerre en Ukraine : le Canada promet à Kiev un partenariat de « cent ans »
C'est à Calgary, dans l'Alberta, la province où il a grandi au sein d'une importante communauté d'origine ukrainienne, que Mark Carney a reçu jeudi Volodymyr Zelensky. Le choix du lieu n'a rien d'anodin : l'Alberta compte environ 350 000 Canadiens d'origine ukrainienne, héritage d'une vague migratoire qui remonte, a rappelé le premier ministre canadien, à 1893. « Les Ukrainiens ont aidé à bâtir le Canada, et les Canadiens aideront à rebâtir l'Ukraine », a lancé Carney à l'issue de leur rencontre.
Au-delà du symbole, les deux dirigeants ont signé un accord posant les bases d'un « partenariat de cent ans », dont la négociation détaillée doit s'étaler sur les prochains mois. Le texte doit codifier la coopération entre Ottawa et Kiev dans plusieurs domaines : défense, minéraux critiques et énergie.
Sur le plan militaire, le Canada a confirmé un soutien de 350 millions de dollars canadiens (environ 253 millions de dollars américains), acheminé via le programme américain Jumpstart, destiné à renforcer les capacités de défense aérienne ukrainiennes et à reconstituer les stocks de drones de Kiev. Ottawa a par ailleurs annoncé qu'il orienterait 30 % de sa propre production de drones vers l'Ukraine, un geste que Zelensky a salué en assurant que ce matériel rejoindrait « immédiatement le champ de bataille » pour, selon ses mots, « sauver nos enfants, nos familles, nos soldats ».
Le volet énergétique n'a pas été oublié. Carney a annoncé 450 millions de dollars canadiens de garanties de prêts destinées à soutenir le réseau électrique ukrainien, mis à mal par des mois de frappes russes ciblées. Ces fonds doivent permettre de réparer les infrastructures endommagées, d'augmenter les capacités de stockage et d'améliorer l'alimentation électrique des hôpitaux. L'objectif affiché, selon le premier ministre canadien, est « d'aider les Ukrainiens à passer l'hiver », une saison particulièrement redoutée dans un pays confronté à des coupures de courant tournantes et à des températures glaciales.
Ce déplacement intervient alors que la Russie intensifie ses attaques de missiles balistiques sur le territoire ukrainien, poussant Kiev à réclamer sans relâche davantage de moyens de défense aérienne à ses alliés occidentaux. Interrogé sur d'éventuelles négociations pour apaiser les combats, Zelensky s'est montré prudent, jugeant peu probable une avancée substantielle tant que se déroule la période électorale en Russie. Il a toutefois indiqué prévoir une rencontre avec Donald Trump à New York fin septembre, vraisemblablement en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, où Washington espère relancer les discussions en vue d'un règlement du conflit. « Je pense que je pourrai être plus ouvert après la rencontre à New York avec le président Trump », a-t-il glissé aux journalistes.
Après Calgary, le président ukrainien devait se rendre à Banff, où il était attendu pour s'adresser à un séminaire gouvernemental du cabinet Carney, avant de poursuivre sa tournée canadienne vers Toronto puis North Bay, dans le nord de l'Ontario. Un déplacement qui confirme, s'il en était besoin, que le soutien occidental à Kiev continue de s'organiser sur le temps long, bien au-delà des seules livraisons d'armes ponctuelles.
Pour Ottawa, cet engagement de long terme envoie aussi un signal à Moscou, à un moment où plusieurs capitales occidentales cherchent à démontrer que leur soutien à Kiev ne faiblira pas, malgré la durée du conflit et son coût croissant pour les opinions publiques occidentales.
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