Le 19 septembre approche, et avec lui, comme chaque année depuis deux décennies, la parole de Guillaume Soro. Dans une déclaration relayée par le journaliste Serge Pacôme Didi pour Media Prime Mag, l'ancien secrétaire général des Forces nouvelles, toujours en exil, a livré une nouvelle prise de position sur son passé de chef rebelle, à l'approche du 24e anniversaire du déclenchement de la crise qui a divisé la Côte d'Ivoire en deux, le 19 septembre 2002.
« J'assume mon passé »
« J'assume mon passé. J'ai même écrit un livre intitulé Comment je suis devenu rebelle. Alors, comment pourrais-je aujourd'hui fuir ou rejeter ce titre ? », déclare Guillaume Soro, qui propose la création d'un rendez-vous mémoriel fixe.
« « Je propose d'ailleurs un colloque sur la rébellion chaque 19 septembre, afin que la vérité et l'histoire ne soient pas travesties. » »
— Guillaume Soro, cité par Serge Pacôme Didi pour Media Prime Mag.
L'ancien président de l'Assemblée nationale justifie cette proposition par ce qu'il perçoit comme une réécriture progressive de l'histoire par des tiers. « Bien que nous soyons encore vivants, des gens racontent à notre sujet des choses qui n'ont absolument rien à voir avec la vérité », affirme-t-il, sans citer nommément les personnes ou les récits visés.

Un silence présenté comme stratégique, pas comme un aveu
Guillaume Soro tient par ailleurs à couper court à toute lecture de sa relative discrétion publique de ces derniers mois comme un signe de culpabilité. « Nous nous sommes tus pour faire profil bas et favoriser la réconciliation, afin que les cœurs soient apaisés, et non parce que nous ressentons un sentiment de culpabilité », précise-t-il, avant d'ajouter vouloir poursuivre son engagement : « Nous continuerons à nous battre pour la réconciliation et la reconstruction de notre pays. »
Cette sortie s'inscrit dans une longue habitude prise par l'ancien Premier ministre de marquer chaque anniversaire du 19 septembre d'une déclaration publique, un rituel documenté depuis plusieurs années par la presse ivoirienne. Ces prises de parole ont, selon les années, oscillé entre relative contrition et fermeté assumée sur la légitimité de son combat passé.
Un livre-témoignage devenu référence, et objet de débat
Le titre cité par Guillaume Soro renvoie à son ouvrage autobiographique, publié en 2005 sous le titre Pourquoi je suis devenu un rebelle : la Côte d'Ivoire au bord du gouffre, coécrit avec le journaliste béninois Serge Daniel. Ce livre, dans lequel l'ancien chef rebelle détaillait les origines de son engagement armé et sa lecture de la crise ivoirienne, continue de faire l'objet de lectures contradictoires près de vingt ans après sa parution, certains commentateurs reprochant à son auteur de transformer, selon eux, un épisode de guerre civile en récit héroïque.
Guillaume Soro, condamné par contumace en Côte d'Ivoire et vivant en exil depuis 2019, avait annoncé en novembre 2023 son intention d'y mettre fin, avant de rester finalement hors du pays. Son mouvement, Générations et peuples solidaires (GPS), a depuis été dissous par la justice ivoirienne, sans que l'ancien chef rebelle cesse pour autant de s'exprimer publiquement à intervalles réguliers à destination de ses partisans.
Note de la rédaction :







