Le président de la République de Guinée quitte Conakry ce vendredi à 15 heures, depuis l'aéroport international Ahmed-Sékou-Touré, pour rallier Abidjan dans le cadre d'une visite d'État. L'information a été confirmée jeudi par un communiqué du Cabinet civil de la présidence guinéenne, repris par plusieurs médias à Conakry comme à Abidjan.
Le protocole prévu autour du départ donne la mesure de l'événement. Sont attendus sur le tarmac le président de l'Assemblée nationale, le Premier ministre, les présidents des institutions républicaines guinéennes, ainsi qu'une brochette de hauts responsables civils et militaires : le ministre secrétaire général de la présidence, le ministre directeur de cabinet, le chef de cabinet du chef de l'État et le ministre d'État conseiller principal. Un dispositif qui traduit l'importance accordée par Conakry à ce déplacement.
Officiellement, la visite s'inscrit « dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays » et vise à « consolider les liens fraternels et la coopération » entre la Guinée et la Côte d'Ivoire. La présidence guinéenne insiste sur trois mots : unité, paix, panafricanisme. Une formule qui rappelle que Conakry et Abidjan partagent une frontière commune, une histoire économique imbriquée autour du commerce transfrontalier, et une préoccupation partagée face à l'instabilité qui touche une partie du Sahel.
Cette visite intervient à un moment où la Guinée cherche à consolider sa place sur l'échiquier régional ouest-africain, après une période de transition politique qui a marqué le pays ces dernières années. Pour la Côte d'Ivoire, elle offre l'occasion de réaffirmer son rôle de partenaire stable dans une sous-région où les recompositions diplomatiques se multiplient, entre le retrait de plusieurs pays sahéliens de la Cédéao et les tensions persistantes autour de la sécurité aux frontières nord.
Ni le communiqué de la présidence guinéenne ni les relais locaux n'ont détaillé pour l'instant l'agenda précis du séjour à Abidjan, ni la liste des accords éventuellement à signer. Les précédents de ce type de visite laissent cependant attendre des discussions sur la coopération économique, les questions migratoires et la sécurité transfrontalière, des sujets récurrents entre les deux capitales.
Sur le plan économique, les échanges entre les deux pays reposent en grande partie sur le transit portuaire : une partie non négligeable des importations guinéennes transite par le port d'Abidjan, et la diaspora guinéenne installée en Côte d'Ivoire, tout comme la communauté ivoirienne présente en Guinée, forme un tissu de relations économiques et familiales qui dépasse le cadre strictement étatique.
La visite de Mamadi Doumbouya s'ajoute à un agenda diplomatique ivoirien déjà chargé cette semaine, marqué notamment par la poursuite des discussions sur la réforme de l'organe chargé des élections. Reste à savoir si les deux chefs d'État aborderont, même en creux, les recompositions politiques en cours dans leurs pays respectifs. Le programme détaillé de la visite devrait être communiqué dans les prochaines heures par les services de la présidence ivoirienne.
Au-delà du protocole, ce déplacement s'inscrit dans une tradition de visites croisées entre les deux chefs d'État depuis l'arrivée de Mamadi Doumbouya au pouvoir à Conakry. Abidjan a toujours affiché sa volonté d'accompagner la transition guinéenne vers un cadre institutionnel stabilisé, quitte à ménager ses positions au sein de la Cédéao, où la question guinéenne continue d'alimenter les débats entre chefs d'État de la sous-région.







