Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a fait le point mercredi 9 septembre 2026, à Abidjan, sur le calendrier de la révision annuelle de la liste électorale. Lors du compte rendu du Conseil des ministres tenu au palais présidentiel du Plateau, en présence du chef de l'État, il a indiqué que cette opération, pourtant prévue chaque année par la loi, ne pourra démarrer qu'après l'installation des structures censées remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute dans le cadre de la réforme du système électoral.
« Certes, la loi électorale prévoit une révision annuelle de la liste électorale. Mais dès lors que cette refonte est effective, avec notamment la dissolution de la Commission électorale indépendante, il est indispensable de mettre en place les structures nécessaires pour déterminer qui sera chargé de cette révision », a expliqué le ministre porte-parole.
Le gouvernement affirme travailler activement sur le futur dispositif institutionnel. Amadou Coulibaly a précisé que des réflexions sont en cours pour déterminer l'organisme qui prendra en charge les opérations électorales à venir. « Les réflexions sont en cours, et une fois celles-ci terminées, nous saurons exactement quel organisme mènera cette opération. À partir de ce moment-là, la révision aura lieu », a-t-il ajouté, sans avancer de date précise.
Une réforme engagée depuis plusieurs mois
La dissolution de la CEI s'inscrit dans un mouvement plus large de refonte du cadre électoral ivoirien, engagé après le dernier scrutin présidentiel. Les autorités justifient cette réorganisation par la nécessité de moderniser la gestion des scrutins et de répondre aux critiques récurrentes sur la composition et le fonctionnement de l'ancienne commission. Le sujet a occupé une bonne partie des débats publics ces dernières semaines, entre partis politiques, société civile et observateurs des questions électorales.
Amadou Coulibaly a tenu à rassurer sur un point : l'actualisation de la liste électorale demeure, selon lui, une obligation légale à laquelle le gouvernement ne compte pas se soustraire. Simplement, elle sera menée une fois le nouveau cadre institutionnel opérationnel, pas avant. Une nuance qui a son importance pour les partis politiques, dont plusieurs réclament depuis des mois des clarifications sur le sort des électeurs récemment inscrits ou déplacés.
Ce format d'annonce, une clarification technique plutôt qu'une feuille de route détaillée, correspond à la ligne adoptée par l'exécutif depuis le début de la réforme : avancer sans se lier à un agenda précis, quitte à laisser planer une part d'incertitude sur les délais. Pour l'opposition, qui réclame la garantie d'un organe électoral pleinement indépendant, cette temporisation nourrit autant l'attente que la méfiance.
Reste à savoir combien de temps prendra cette phase de transition. Pour l'instant, aucun texte réglementaire fixant la composition ou les prérogatives du futur organe électoral n'a été rendu public, et le gouvernement n'a pas communiqué de calendrier ferme quant à la tenue effective de cette révision, pourtant présentée comme une priorité.







