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Maroc : Fatima-Ezzahra El Mansouri nommée cheffe du gouvernement, une première pour une femme

Le roi Mohammed VI a chargé mardi 29 septembre la maire de Marrakech de former le gouvernement, six jours après des législatives marquées par une faible participation. Son parti, le PAM, n'a que 97 sièges sur 395 et devra trouver des alliés.

JGJunior Gnapié29 septembre 2026⏱ 4 min de lectureLu 7 foisPolitique
Fatima Ezzahra El Mansouri
📷 Illustration : Fatima-Ezzahra El Mansouri nommée cheffe du gouvernement © Maroc24
Le roi du Maroc a nommé une femme à la tête du gouvernement pour la première fois de l'histoire du royaume. Mardi 29 septembre, Mohammed VI a reçu Fatima-Ezzahra El Mansouri au palais royal de Rabat et l'a chargée de former le nouvel exécutif, selon La Libre. Elle a 50 ans, elle est maire de Marrakech et elle a été ministre de l'Habitat dans le gouvernement sortant.
Son parti, le Parti authenticité et modernité (PAM), est arrivé en tête des législatives du 23 septembre. La Libre et la BBC donnent le même chiffre : 97 sièges sur 395. C'est loin des 198 nécessaires pour la majorité absolue. La nouvelle cheffe du gouvernement va donc devoir chercher des partenaires.

Six jours d'attente

Jeune Afrique note que le choix a pris plus de temps que prévu : le roi a nommé Mme El Mansouri six jours après la victoire du PAM. Après les législatives de 2016, Mohammed VI n'avait attendu que trois jours pour désigner le chef du gouvernement, rappelle le magazine. Le nom de la maire de Marrakech circulait depuis des années, ajoute-t-il. Dès 2024, chefs d'entreprise, patrons de médias et conseillers politiques interrogés par Jeune Afrique la voyaient déjà à ce poste.
La BBC rapporte qu'elle a été préférée à un autre visage du même parti, Fouzi Lekjaa, président de la fédération marocaine de football. La Constitution laisse au roi le soin de choisir le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête, rappelle la BBC. Ce n'était pas une formalité cette fois : le PAM est dirigé depuis février 2024 par une direction collégiale, et non par un seul secrétaire général, ce qui ne désignait pas d'avance un nom. Après l'annonce des résultats, Mme El Mansouri avait elle-même dit que la décision finale revenait au roi de choisir entre elle et M. Lekjaa.

Un parcours de juriste devenue élue

Avocate de formation, Fatima-Ezzahra El Mansouri est née à Marrakech. La Libre la dit issue d'une famille influente : son père, Abderrahman El Mansouri, a été avocat et bâtonnier, puis pacha de Marrakech et ambassadeur aux Émirats arabes unis. Elle a étudié en partie en France et, selon la BBC, aux États-Unis, en droit des affaires et des sociétés. Elle a ouvert son cabinet spécialisé en droit immobilier, d'après La Libre.
Elle est entrée en politique à la création du PAM, en 2008. L'année suivante, à 33 ans, elle devenait la première femme maire de Marrakech. Elle a retrouvé la mairie en 2021 et a rejoint le gouvernement d'Aziz Akhannouch. Depuis 2024, elle coordonne la direction du PAM.
La BBC relève qu'elle s'est rarement exprimée sur les droits des femmes ou l'égalité, malgré les débats en cours au Maroc sur la polygamie ou l'héritage. Interrogée pendant sa conférence de presse de victoire sur les cérémonies religieuses où hommes et femmes prient séparément, elle n'a pas répondu directement et a loué le roi comme « le plus grand défenseur des femmes ». Elle a aussi dit : « Sa Majesté est la sagesse incarnée… Si la responsabilité de chef du gouvernement m'est confiée, ce sera un grand honneur. » La BBC ajoute qu'elle a fait de cette nomination la deuxième d'une femme à la tête d'un gouvernement dans le monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden, une affirmation propre à ce média.

Une victoire sans majorité

Le PAM est qualifié de « centriste » par la BBC et de « centre gauche » par La Libre : les deux désignations coexistent dans la presse. Ce qui ne varie pas, c'est l'arithmétique. Selon la BBC, le PJD islamiste a rebondi avec 54 sièges, contre 13 lors du précédent scrutin, porté par le retour de son chef Abdelilah Benkirane. Ce dernier a déclaré que son parti resterait dans l'opposition et refuserait toute alliance avec le PAM.
La BBC signale aussi un conflit entre Mme El Mansouri et le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait le gouvernement sortant, le PAM y étant partenaire junior. La Libre évoque une coalition probable avec l'Istiqlal, parti nationaliste de droite. Aucune de ces deux pistes n'est confirmée.
Le contexte social ne facilite rien. La Libre parle d'un scrutin marqué par une participation de 38 %, la plus basse depuis près de vingt ans, et d'une défiance persistante face au chômage, aux inégalités et au manque de perspectives pour la jeunesse. Le PAM a promis un million d'emplois et une croissance de 5 % par an. Mme El Mansouri a cinq ans pour tenir.

Une affaire à Tanger

Le climat politique reste agité par une affaire locale. Jeune Afrique indique que l'affaire des « faux bulletins de Tanger » a conduit à l'arrestation du maire de la ville, Mounir Limouri, cadre et coordinateur provincial du PAM. Des bulletins déjà cochés et des sacs transportés dans un bureau de vote seraient à l'origine de l'enquête, précise le magazine. Nous n'avons pu lire que le début de l'article, et le reste des faits reste à établir.
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