Le vice-président de la Sierra Leone, Dr Mohamed Juldeh Jalloh, a effectué le 9 septembre une visite de travail à Conakry, à la tête d'une délégation de quatre personnes. Il y a été reçu par le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, au nom du président Mamadi Doumbouya, pour des échanges centrés sur les questions migratoires, la sécurisation des frontières et la coopération économique entre les deux pays voisins.
Les deux délégations ont convenu de renforcer la coopération en matière d'immigration et de mobilité transfrontalière, notamment par la mise en place de cartes consulaires et de cartes de commerçant destinées à faciliter les déplacements et les échanges des ressortissants des deux pays. Un salon commercial commun devrait par ailleurs être organisé, avec des visites croisées annoncées des ministres du Commerce et de l'Industrie guinéen et sierra-léonais pour en préparer les contours. « Ensemble, les deux équipes des deux gouvernements ont pris des mesures qui vont être annoncées très prochainement sur la question de l'immigration », a indiqué le vice-président sierra-léonais à l'issue de la rencontre.
Un dialogue qui s'inscrit dans la durée
Cette visite prolonge le sommet extraordinaire de l'Union du fleuve Mano, organisation régionale qui rassemble Guinée, Sierra Leone, Liberia et Côte d'Ivoire, tenu à Conakry en mars 2026. Elle intervient aussi quelques semaines après le drame de Dar-es-Salam, un éboulement survenu les 22 et 23 août dans une décharge, qui a fait des victimes parmi les ressortissants des deux pays. Les entretiens à la Primature guinéenne ont d'ailleurs débuté par des mots de condoléances sur cette catastrophe, avant d'aborder les dossiers migratoires et sécuritaires.
Pour les diasporas guinéenne et sierra-léonaise, souvent confrontées à des tracasseries administratives et à une insécurité persistante le long de la frontière commune, ces annonces restent pour l'instant des intentions à concrétiser. La création de cartes consulaires facilitant la circulation, si elle se matérialise, s'inscrirait dans la continuité d'un mouvement régional plus large, où plusieurs pays ouest-africains cherchent à simplifier les démarches administratives de leurs ressortissants installés chez leurs voisins immédiats.
Les deux gouvernements n'ont pas communiqué de calendrier précis pour la mise en œuvre de ces mesures, renvoyées à des annonces ultérieures. Mais le geste diplomatique, une visite de haut niveau quelques mois seulement après le sommet de mars, confirme la volonté affichée par Conakry et Freetown de traiter la question migratoire comme un chantier prioritaire de leur relation bilatérale, plutôt que comme un simple point protocolaire.
L'épisode illustre aussi les limites persistantes de la libre circulation en Afrique de l'Ouest, où les ressortissants d'un pays membre de la CEDEAO peuvent en théorie circuler sans visa, mais se heurtent en pratique à des contrôles tatillons, des documents contestés ou des postes frontière mal équipés. Une carte consulaire commune, si Conakry et Freetown parviennent à la mettre en place, offrirait un instrument concret bien plus qu'un simple symbole de bon voisinage.







