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Pulchérie Gbalet, en exil, détaille son appel à « l'insurrection ou un coup d'État » face à Alassane Ouattara

Figure radicale de la société civile ivoirienne, Pulchérie Gbalet est sortie de son silence médiatique dans un entretien accordé au média en ligne Décrypter l'Afrique diffusé sur YouTube ce dimanche 28 septembre 2026 (disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=nTkodPNKaak). Condamnée par contumace en mai dernier et aujourd'hui en exil, elle y assume et détaille les propos tenus dans un texte récent, dans lequel elle affirmait que face à ce qu'elle qualifie de « dictature », il ne resterait au peuple ivoirien que deux options : « l'insurrection ou un coup d'État ».

APAnge Pascal29 septembre 2026⏱ 2 min de lectureLu 9 foisPolitique
Pulchérie Gbalet, en exil, détaille son appel à l'insurrection ou un coup d'État face à Alassane Ouattara.jpg
📷 Illustration : Pulchérie Gbalet, en exil, détaille son appel à l'insurrection ou un coup d'État face à Alassane Ouattara.jpg © Abidjan4all
Présidente de l'organisation Alternative citoyenne ivoirienne (ACI), Pulchérie Gbalet s'est imposée depuis plusieurs années comme l'une des voix les plus tranchantes de l'opposition à Alassane Ouattara. Emprisonnée en 2022 après un voyage au Mali où étaient alors détenus 49 soldats ivoiriens, elle avait déjà été condamnée par contumace le 29 mai 2026 à trois ans de prison ferme et deux millions de francs CFA d'amende pour diffusion de fausses informations et trouble à l'ordre public, une décision qu'elle conteste fermement, dénonçant un procès qu'elle juge n'avoir « jamais été effectif ».
Dans l'entretien, l'activiste revient longuement sur la présidentielle du 25 octobre 2025, marquée par l'invalidation des candidatures de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N'Guessan, et remportée par le président sortant pour un quatrième mandat. Elle avait alors été l'une des figures du mouvement « Bloquons tout », lancé en complément du Front commun PPA-CI/PDCI-RDA pour appeler au boycott du scrutin. Un mouvement qu'elle refuse de qualifier d'échec, mettant en avant un taux de participation qu'elle juge très inférieur au chiffre officiel avancé par les autorités, supérieur à 50 %.
Interrogée sur le sens de son appel à l'insurrection ou au coup d'État, elle assume pleinement la formule, la présentant comme un simple constat historique plutôt qu'un appel à la violence armée : « Les armes ne sont pas forcément des armes à feu, il y a plusieurs autres types d'armes. Et nous, principalement, on utilise la parole, on utilise la mobilisation, les manifestations pacifiques », précise-t-elle, tout en reconnaissant que ces manifestations sont aujourd'hui « pratiquement » interdites en Côte d'Ivoire. Elle affirme ne pas appeler elle-même à un coup d'État, mais indique qu'elle ne le « dénoncerait pas » s'il survenait, citant l'exemple de l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings comme précédent selon elle positif d'une transition militaire.
L'activiste se montre par ailleurs très critique envers les partis d'opposition traditionnels, qu'elle accuse d'avoir manqué de « sincérité » dans la conduite du Front commun après la marche du 11 octobre 2025, évoquant un mouvement resté sans consignes claires pour la suite de la mobilisation. Elle estime en particulier que le PDCI-RDA de Tidjane Thiam s'est montré peu actif sur le terrain durant la contestation du quatrième mandat, une remarque qu'elle appuie en comparant cette période à la mobilisation du parti observée en 2020 sous la direction d'Henri Konan Bédié. Elle assure également que des financements circulent en coulisses pour mobiliser des militants lors des manifestations de l'opposition, sans toutefois vouloir nommer les responsables qu'elle vise, ni détailler ses sources sur ce point.
Cet entretien, diffusé alors que le débat sur la réforme de l'organe électoral se poursuit à Abidjan entre gouvernement et partis politiques, illustre la profondeur des divisions qui traversent l'opposition ivoirienne, entre les formations engagées dans un dialogue institutionnel avec le pouvoir et une frange de la société civile qui, elle, a définitivement rompu avec cette option et vit aujourd'hui en clandestinité et en exil.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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