Trois jours de vote, un résultat sans grande surprise mais désormais chiffré. Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, recueille 57,5 % des suffrages sur les trois quarts des bulletins dépouillés à l'issue du scrutin législatif russe achevé dimanche. Le Parti communiste suit loin derrière avec 14 %, devant le parti nationaliste LDPR à 8,7 %. Le taux de participation, 56,7 %, ressort plus élevé que lors des précédents scrutins, alors même que l'issue ne faisait guère de doute : seuls des partis soutenant la ligne du Kremlin et la poursuite de la guerre en Ukraine avaient le droit de se présenter. Le parti anti-guerre Iabloko, lui, avait été écarté du bulletin dès le mois d'août. Le vote s'est aussi tenu dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Une majorité qui ouvre la voie à des réformes constitutionnelles
Russie Unie devrait, selon les projections disponibles dimanche, conserver la majorité des deux tiers à la Douma. Un seuil qui permet, en théorie, de modifier la Constitution russe sans recourir à un référendum. À Moscou, Dmitri Medvedev a salué ces résultats comme une preuve de confiance dans la direction prise par le pouvoir. Le scrutin n'a pourtant pas été épargné par la guerre qu'il est censé légitimer aux yeux du Kremlin : une attaque de drones ukrainiens a tué deux personnes près de Moscou et endommagé une raffinerie le jour même du vote. Le ministère russe de la Défense a promis de poursuivre et intensifier ses frappes contre Kyiv en représailles.
Xi Jinping en route pour Washington
Xi Jinping a quitté Pékin pour les États-Unis, alors que l'économie chinoise continue de tourner à plein régime sur le front du commerce extérieur, selon les données publiées ces derniers jours. Le président chinois doit atterrir le 23 septembre à la base aérienne d'Andrews, près de Washington. Donald Trump l'y accueillera lui-même sur le tarmac, un geste protocolaire rare, réservé d'ordinaire à de très rares alliés, que plusieurs observateurs lisent comme une volonté du président américain de s'assurer que la visite se déroule sans accroc. Ce sera la première visite d'État d'un président chinois à Washington depuis dix ans. Le sommet proprement dit se tient le lendemain, 24 septembre, à la Maison-Blanche.
Trêve commerciale, Taïwan et pétrole iranien
Trois dossiers structurent les discussions attendues. La trêve commerciale conclue en octobre dernier, d'abord, qui avait mis fin à une guerre tarifaire où les droits de douane réciproques avaient dépassé 100 %. Cet accord expire le 10 novembre, et les deux délégations négocient des baisses tarifaires réciproques portant sur environ 30 milliards de dollars de marchandises. Taïwan ensuite, sujet sur lequel Xi Jinping a coutume d'utiliser ces rencontres pour rappeler les revendications chinoises sur l'île : Donald Trump avait présenté ces dernières semaines un contrat d'armement de 14 milliards de dollars destiné à Taipei comme un simple levier de négociation, une formule qui a inquiété aussi bien Taïwan que le Japon. Le dossier iranien, enfin. La Chine reste le premier acheteur de pétrole iranien et continuerait, selon les informations disponibles, à écouler plusieurs milliards de dollars de marchandises vers Téhéran via des circuits destinés à contourner les sanctions américaines, un point que Washington entend également mettre sur la table.
Trois puissances, une même semaine
Une Douma verrouillée qui referme, pour cinq ans, toute perspective de contestation électorale en Russie ; un sommet Trump-Xi scruté à la loupe sur fond de rivalité commerciale et de tensions taïwanaises : la fin du mois de septembre concentre, une nouvelle fois, l'essentiel des grands équilibres entre les trois puissances. D'autres rendez-vous sont déjà annoncés pour la suite de l'année, avec un déplacement de Donald Trump en Chine prévu en novembre et une rencontre évoquée en Floride en décembre. La séquence ouverte cette semaine à Washington ne sera donc pas la dernière.







