Une semaine après l'assaut, le camp militaire de Dioura reste abandonné par les troupes maliennes. L'attaque lancée le 10 septembre par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, contre cette importante emprise du centre du Mali continue de faire remonter son bilan, sans qu'aucun chiffre officiel n'ait été communiqué par l'état-major malien.
Les premières estimations parlaient de plusieurs dizaines de militaires tués. Elles ont depuis doublé. Selon des sources sécuritaires, militaires et locales citées par Reuters et l'AFP, plus de 100 soldats maliens ont perdu la vie. Une source sécuritaire interrogée par Reuters évoque même 130 tués et plus de 100 militaires faits prisonniers ; une source diplomatique avance de son côté environ 120 morts. Le JNIM, qui a revendiqué l'attaque dès le 10 septembre, affirme pour sa part avoir tué 150 soldats et capturé 93 militaires — un bilan diffusé par le groupe jihadiste et qui n'a pu être confirmé de manière indépendante.
Des combattants russes parmi les victimes
L'AFP avait déjà fait état, le 18 septembre, de plus de 100 militaires maliens tués et de cinq combattants russes de l'Africa Corps morts dans l'assaut. À Sévaré et Konna, dans la même région, le JNIM a revendiqué d'autres attaques contre des positions militaires : Reuters rapporte que l'aéroport militaire de Sévaré a essuyé plusieurs nuits de tirs, et qu'une quarantaine de soldats maliens blessés ainsi que des combattants russes ont été admis à l'hôpital de la ville.
L'état-major malien, dans sa communication du 19 septembre, a fait savoir avoir mené pendant plus d'une semaine des « opérations aéroterrestres » contre les assaillants, et affirme avoir neutralisé plusieurs dizaines de combattants jihadistes. Deux compagnies ont été évacuées de la garnison. Les recherches pour retrouver les soldats retenus en otage se poursuivent, sans qu'aucun bilan chiffré des pertes, blessures ou captures n'ait été rendu public.
« Qui doit nous protéger ? »
Le camp de Dioura n'en est pas à sa première épreuve : déjà l'un des plus attaqués du centre du pays ces dernières années, il avait subi une offensive du JNIM en mai 2025, qui avait fait une quarantaine de morts. Sur place, des habitants cités par des médias locaux s'inquiètent ouvertement : « Finalement, qui doit nous protéger ? », « Pourquoi l'armée n'a-t-elle pas envoyé de renforts ? »
Face à la gravité de la situation, le président de la transition Assimi Goïta a réuni son état-major dimanche à Bamako. Aucune communication officielle détaillée n'a suivi cette rencontre à l'heure où ces lignes sont écrites.







