Le naufrage d'une plateforme de forage au large du Gabon a fait basculer, dans la nuit de samedi 24 à dimanche 25 octobre 2026, une opération de routine en opération de sauvetage. Le Prospector 5, une plateforme autoélévatrice (jack-up) appartenant à la société Borr Drilling, a coulé vers 20 h 37, heure locale, alors qu'elle se préparait à lancer une campagne de forage au large de Mayumba, dans le sud du pays.
Selon Borr Drilling, 115 personnes se trouvaient sur la plateforme. Dimanche 25 octobre, la société a indiqué que 110 d'entre elles étaient saines et sauves. Cinq restent introuvables. C'est le chiffre que retiennent à ce stade la compagnie, son client BW Energy et les autorités gabonaises, selon les informations relayées par RTI et par Splash247.
Un point reste à éclaircir. Reuters, qui cite un responsable d'un syndicat gabonais des travailleurs du pétrole, a rapporté qu'un ouvrier de nationalité indienne avait été retrouvé mort, ce qui ramènerait le nombre de disparus à quatre : trois Gabonais et un autre expatrié. Cette information n'a pas été reprise dans les communiqués officiels consultés. Elle doit donc être considérée comme non confirmée, et le bilan définitif pourrait évoluer.
Ce que l'on sait de l'accident
D'après le ministre gabonais du Pétrole, Clotaire Kondja, la plateforme a gîté puis coulé pendant des opérations de préchargement. Borr Drilling évoque, dans ses premières informations, un « punch-through » : le sol marin a cédé sous l'un des pieds de la plateforme pendant cette phase, entraînant une perte de stabilité. Le préchargement consiste à lester la structure pour vérifier que le fond supporte son poids avant de commencer à forer.
Il s'agit d'une explication préliminaire de l'armateur. Les autorités gabonaises ont ordonné une enquête technique pour établir les causes de l'accident et les responsabilités éventuelles.
Le Prospector 5, construit en 2014, avait été retenu en avril pour la deuxième phase du programme MaBoMo, sur le permis Dussafu Marin. BW Energy, société norvégienne, y détient 73,5 %, devant Panoro Energy (17,5 %) et Gabon Oil Company (9 %). Le contrat prévoyait au minimum 320 jours, avec des options pour 220 jours supplémentaires, afin de forer quatre puits de production sur les gisements Hibiscus et Hibiscus Sud. BW Energy visait jusqu'à 20 000 barils par jour au maximum, avec un premier pétrole attendu au premier trimestre 2027.
La production de l'unité MaBoMo a été arrêtée selon les procédures standard. Panoro Energy a fait savoir qu'aucun dommage ni rejet accidentel n'avait été constaté, et BW Energy indique que les installations et équipements associés sont intacts.
Mobilisation en mer et vigilance environnementale
Les recherches se poursuivent sans interruption, avec la Marine nationale gabonaise. Selon Splash247, des navires et des hélicoptères sont engagés, et la République du Congo a également dépêché des moyens navals. Des véhicules sous-marins télécommandés doivent servir à inspecter l'épave. Une cellule de crise a été activée dimanche.
Sur le plan environnemental, aucun rejet de substance nocive n'a été observé, d'après les autorités, mais une surveillance est maintenue à proximité du parc national de Mayumba, une zone côtière protégée. Des moyens de lutte contre la pollution ont été mobilisés pour protéger le littoral.
Le directeur général de Borr Drilling, Bruno Morand, s'est dit « profondément préoccupé » pour les personnes qui n'ont pas été retrouvées, et a indiqué que la priorité immédiate était d'appuyer les recherches et de veiller au bien-être du personnel. Sur Facebook, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a déclaré que ceux qui travaillent en mer pour le pays doivent pouvoir le faire en sécurité, et que cette exigence serait rappelée à chaque opérateur présent dans les eaux gabonaises.
Ce qui reste à établir
Plusieurs questions demeurent ouvertes : le sort des cinq personnes manquantes, la confirmation ou non d'un décès, la répartition des nationalités à bord, les circonstances techniques exactes du « punch-through » et l'impact sur le calendrier du programme MaBoMo 2. Ni les assurances ni le détail des équipages n'ont été communiqués à ce stade.
Pour le Gabon, où le pétrole offshore reste un pilier de l'économie, l'accident rappelle les risques propres aux opérations en mer. Pour les familles des disparus, il ouvre surtout une attente que seuls les résultats des recherches pourront lever.









