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FPI : Issiaka Sangaré claque la porte et lance son propre parti, Affi encore plus seul

Selon nos informations, le courant « Démocratie et Valeurs » d'Issiaka Sangaré tiendra le 7 novembre 2026 à Abidjan l'assemblée générale constitutive d'un nouveau parti politique, proche du RHDP. Deux ans après sa naissance au sein du FPI, la dissidence s'apprête à voler de ses propres ailes. Pour Pascal Affi N'Guessan, c'est une nouvelle saignée.

APAnge Pascal26 octobre 2026⏱ 4 min de lectureLu 33 foisPolitique
Issiaka Sangaré claque la porte et lance son propre parti, Affi encore plus seul
📷 Illustration : Issiaka Sangaré claque la porte et lance son propre parti, Affi encore plus seul © Abidjan4all
L'information circule dans les états-majors depuis quelques jours et nos sources la confirment : Issiaka Sangaré prépare la transformation de son courant en parti politique autonome. L'assemblée générale constitutive est annoncée pour le samedi 7 novembre à Abidjan. Le nom de la future formation reste, pour l'instant, soigneusement gardé. Sa direction, elle, ne fait guère de doute. Issiaka Sangaré en prendra la présidence et Koulibaly Seydou, l'un de ses compagnons de la première heure, devrait en être le premier vice-président.
Sur le fond, rien de très surprenant. Le courant vivait déjà comme une structure à part, avec ses meetings, ses fédérations et sa ligne politique, tournée vers le pouvoir. Ce qui change, c'est le statut. En se dotant d'un parti, Sangaré met fin à l'ambiguïté d'un mouvement qui se réclamait du FPI tout en combattant ouvertement son président.

Une dissidence née de la rupture avec le RHDP

Pour comprendre cette séparation, il faut remonter à septembre 2024. À l'époque, Issiaka Sangaré est secrétaire général et porte-parole du FPI. Le 24 septembre, il est démis de ses fonctions après un désaccord de fond avec Pascal Affi N'Guessan : le président du parti veut mettre fin au partenariat noué avec le RHDP avant les municipales et régionales de 2023, Sangaré refuse. Un mois plus tard, le 26 octobre 2024 à Cocody, il lance le courant « Démocratie et Valeurs », avec à ses côtés l'avocat Pierre Dagbo Godé, Koulibaly Seydou, Thierry Bouikalo Bi ou encore Séry Désiré Jospin, adjoint au maire de Saïoua.
Le manifeste du courant dénonce alors une gestion autocratique du parti. La suite va creuser le fossé. Le congrès des 8 et 9 novembre 2024 réélit Affi N'Guessan avec plus de 99 % des voix et suspend les principaux dissidents. Sangaré parle de « simulacre » et refuse d'en reconnaître les décisions. En 2025, il assume clairement son choix : il défend le bilan d'Alassane Ouattara, réclame le renforcement de l'alliance avec le RHDP et, à moins de trois mois de la présidentielle du 25 octobre, appelle à voter pour le président sortant. Son camp revendiquait à ce moment-là le contrôle de 30 des 33 fédérations du FPI, un chiffre que la direction du parti n'a jamais reconnu.

Le FPI, un parti qui n'en finit plus de se fragmenter

Pour le FPI, ce départ n'est pas le premier. Le parti fondé dans la clandestinité en 1982 par Laurent Gbagbo a déjà connu une longue guerre interne après la crise post-électorale de 2011. D'un côté, Affi N'Guessan, partisan d'un retour dans le jeu électoral. De l'autre, les fidèles de Gbagbo regroupés derrière Aboudramane Sangaré, la tendance dite « Gbagbo ou rien », qui prônait le boycott. Cette fracture a abouti en octobre 2021, lorsque Laurent Gbagbo, revenu au pays après son acquittement à La Haye, a quitté le FPI pour fonder le PPA-CI, emportant avec lui une large part de la base militante.
Le FPI d'Affi est donc ressorti de cette première scission sérieusement amaigri. La dissidence de Sangaré l'affaiblit à nouveau, cette fois par l'autre flanc. Car pendant que l'ancien secrétaire général se rapprochait du pouvoir, Affi N'Guessan faisait le chemin inverse. Sa candidature à la présidentielle de 2025 a été rejetée par le Conseil constitutionnel, ce qu'il a attribué à son rapprochement avec le PPA-CI. Depuis, il s'est installé dans une opposition frontale. Le 5 octobre dernier, le FPI a déposé avec le PPA-CI et d'autres formations une proposition commune de réforme de l'organe électoral. Et ces derniers jours, il dénonce un « verrouillage » de l'espace politique, appelle à l'union de l'opposition et multiplie les tournées pour redynamiser les structures de base, comme à Yopougon le 18 octobre.

Qui pèse quoi ?

C'est toute la question des prochains mois. Le nouveau parti de Sangaré arrive avec des élus locaux hérités du partenariat de 2023 (ses responsables évoquaient en 2025 une quinzaine d'adjoints au maire et cinq vice-présidents de conseils régionaux) et une proximité assumée avec le parti au pouvoir. Mais une formation créée par scission et adossée au RHDP doit encore prouver qu'elle existe par elle-même, au-delà de son alliance.
Le FPI, lui, garde le sigle, l'histoire et une place dans le front de l'opposition. Reste à savoir ce qu'il conserve de militants. Entre le PPA-CI d'un côté et le futur parti de Sangaré de l'autre, la maison fondée il y a plus de quarante ans voit ses murs se rapprocher. Le 7 novembre dira combien de cadres et de fédérations franchissent effectivement le pas.
APAnge Pascal — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Politique
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