Une suite logique du forum de 2025
Le contexte : une décentralisation en pleine réforme
Ce que le forum ambitionne
Samedi : les prises de parole
Les organisateurs. Le président d’IBC Invest a ouvert la journée en invitant les investisseurs français à renforcer leur présence en Afrique et les dirigeants africains à reconnaître pleinement le rôle de la diaspora, qu’il a qualifiée de « quatrième pouvoir », notamment économique, appelant à lui accorder un statut officiel. Il a également plaidé pour un allègement des lourdeurs administratives, une meilleure protection des chefs d’entreprise et une plus grande liberté de circulation pour les jeunes entrepreneurs.
Le président de l’association a ensuite dressé le bilan de plusieurs initiatives portées par IBC Invest. Il a notamment évoqué une société d’agrobusiness qui aurait levé plus de 750 millions de francs CFA en 2020 et permis le recrutement d’une cinquantaine de jeunes, ainsi que des formations proposées à plus de 1 600 jeunes en partenariat avec des communes. Il a également cité un programme de mentorat mettant en relation des entrepreneurs d’Europe et d’Afrique, ainsi que des partenariats dans les secteurs de l’énergie et du recyclage des déchets.

Le patronat francophone. Parrain de l’édition précédente et de nouveau présent cette année, Stéphane Tiki, premier vice-président du Mouvement du patronat francophone, a plaidé pour un changement de paradigme : sortir d’une logique d’aide pour entrer dans une véritable logique d’investissement et de partenariat économique.
« Il y a de plus en plus de gens qui veulent venir gagner en Afrique », a-t-il résumé en substance, soulignant ainsi l’intérêt croissant des entrepreneurs pour les opportunités offertes par le continent. Il a annoncé, dans cette perspective, le départ dès mardi d’une délégation de PME pour Dakar, ainsi que l’organisation prochaine d’un forum consacré à la jeunesse.
Stéphane Tiki a également appelé les Africains à « valoriser les leurs », plutôt que de « se mettre des bâtons dans les roues », insistant sur la nécessité de soutenir les réussites et les initiatives issues du continent et de sa diaspora.
Enfin, il a rendu hommage aux victimes d’un drame survenu la veille, tout en appelant à ne jamais banaliser le racisme et l’antisémitisme.
L’État sénégalais. Un représentant du ministère chargé des collectivités territoriales a présenté les principales orientations de la politique sectorielle 2025-2029 : une meilleure répartition des opportunités de développement entre les territoires, le renforcement des capacités des agents des collectivités, l’amélioration de la qualité des services publics locaux, le développement de la participation citoyenne, l’accès à un logement abordable et l’amélioration de la gestion des déchets.
Il a plaidé pour une coopération « fondée sur la réciprocité » entre les territoires africains et européens, dans laquelle les savoirs issus de la recherche puissent dialoguer avec l’expérience des élus locaux et les compétences de la diaspora. Une approche destinée à favoriser le partage d’expertise et la construction de partenariats ancrés dans les réalités des territoires.
De son côté, un représentant de l’ambassade du Sénégal a salué la tenue d’un forum permettant de rapprocher collectivités territoriales, partenaires économiques et diaspora. Il a également rappelé la tenue prochaine, à Dakar, des Jeux olympiques de la jeunesse, présentés comme une nouvelle occasion de renforcer l’attractivité et le rayonnement international du Sénégal.
Les maires. Plusieurs élus et représentants de collectivités sénégalaises sont venus partager leurs expériences de terrain. L’un d’eux a notamment évoqué l’électrification de plusieurs dizaines de villages et l’accès à l’eau pour 100 % de la population de sa commune, des avancées rendues possibles, selon lui, grâce au soutien de partenaires et à la mobilisation de la diaspora.
Un autre intervenant, représentant d’un maire et lui-même originaire d’un village sahélien du nord-est du Sénégal, a décrit le rôle déterminant des émigrés dans le financement de collèges, de centres de santé et de forages, tandis que des groupements de femmes développent des activités de maraîchage. Il a plaidé pour la constitution de coalitions associant municipalités, secteur privé, jeunes, femmes, anciens et autorités coutumières, ainsi que pour le renforcement des compétences des élus locaux.
Le représentant du maire de Mbour a, pour sa part, indiqué que l’édile n’avait pas pu faire le déplacement, une partie de la délégation ayant été empêchée de venir en raison de difficultés liées à l’obtention des visas.
D’autres intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les communes, notamment face aux inondations qui ont touché plusieurs territoires cette année. Les jumelages et les partenariats entre collectivités ont également été présentés comme des leviers permettant de mobiliser des financements et de soutenir la réalisation de projets locaux.
Les élus présents. Selon la liste communiquée par les organisateurs, plusieurs élus sénégalais ont pris part au forum, parmi lesquels Mame Boy Diawo, maire de Kolda ; Me Ousmane Diagne, maire de Thiès-Est ; Mamadou Ngom, maire de Ouadiour ; Elhadji Ba, maire de Mereto ; Moustapha Thiam, maire de Darou Salam ; Abdoulaye Diop, maire de Dalifort-Foirail ; Maguette Mbaye, maire de Notto Gouye Diama ; et Elhadji Malick Ndiagane, maire de Keur Socé, dans la région de Kaolack.
Côté français, les organisateurs avaient notamment annoncé la participation d’Ibrahima Ndiaye, adjoint au maire de Gennevilliers, délégué à la vie associative et à l’accès aux droits, également président de RFAD Group, ainsi que celle d’Abdou Ndiaye, conseiller municipal de Saint-Germain-en-Laye.
Maleine Amadou Niang, directeur régional d’IBP Afrique francophone, a quant à lui été désigné parrain d’honneur de cette édition.
La ville hôte et les élus de France. Représentant la municipalité de Fontenay-sous-Bois, Louis-Mohamed Seye, 4ᵉ adjoint au maire chargé de la politique de la ville, de l’insertion professionnelle, du dialogue des mémoires et des projets interculturels, a souhaité la bienvenue aux participants. « Ici, vous êtes chez vous », a-t-il lancé, avant d’exprimer le souhait de voir l’aventure se poursuivre l’année prochaine dans sa commune.
Engagé au sein d’un collectif d’élus français qui œuvre avec leurs homologues sénégalais à la construction de partenariats « gagnant-gagnant », il a salué le rôle d’IBC Invest dans la mise en relation des territoires et remercié l’ambassade du Sénégal pour son accueil. Il a également présenté plusieurs élus de collectivités françaises associés à cette dynamique de coopération.
Louis-Mohamed Seye a par ailleurs rendu hommage à un ancien adjoint au maire d’Évry, qui a exercé ses fonctions pendant treize ans et préside l’association Équité, engagée dans l’accompagnement de jeunes élus. Il a insisté sur l’importance de la transmission aux nouvelles générations issues de la diaspora, évoquant notamment l’arrivée, lors des élections municipales de 2020, de plusieurs maires et élus noirs au sein des collectivités françaises, « malgré le racisme », selon ses termes.
Pour l’élu de Fontenay-sous-Bois, la France et le Sénégal ont tout à gagner à renforcer la coopération entre leurs collectivités. Il a conclu en réaffirmant l’attachement de ces élus au Sénégal et, plus largement, à l’Afrique.

Un diplomate-philosophe. Parmi les interventions les plus applaudies figure celle d’un participant qui s’est présenté comme diplomate et « philosophe de la simplicité ». Évoquant notamment ses années d’études à Besançon, il a invité les élus locaux à ne pas tout attendre de l’État, mais à mutualiser leurs compétences, à valoriser leurs propres savoir-faire et à maintenir un haut niveau d’exigence dans leurs relations avec leurs partenaires.
Il a également plaidé en faveur de ces « territoires lointains, loin de tout mais pour tout », trop souvent laissés à l’écart des grandes politiques de développement. Un appel à mieux prendre en compte les territoires périphériques et ruraux, mais aussi à faire de leurs ressources, de leurs compétences et de leurs initiatives locales de véritables leviers de développement.
Dimanche 25 octobre : une seconde journée studieuse

Au salon d’exposition : la mode et l’artisanat africains en vitrine
En marge des conférences, un espace d’exposition accueillait des créateurs et artisans venus présenter leurs produits aux participants, une possibilité que le dossier de presse proposait aux exposants pour gagner en visibilité et trouver de nouveaux clients ou fournisseurs. Quatre stands ressortent des images tournées sur place.
- Mode et vêtements revisités. Le stand de la marque MORA, reconnaissable à son fond de toile siglé, a attiré l’œil avec des vestes patchwork en tissus wax et des pièces upcyclées, dont une veste de survêtement aux couleurs du Sénégal retravaillée. Ses créateurs présentaient aussi des tuniques d’inspiration traditionnelle, en bleu, bordeaux ou bleu ciel, ornées de broderies dorées ou d’un écusson en forme de carte d’Afrique. Quelques sacs à dos et accessoires complétaient l’offre.
- Maroquinerie en tissus africains. Une exposante en gilet vert présentait des sacs à main et besaces aux motifs bogolan et ikat, certains avec chaînette dorée, ainsi que de petites pochettes en vannerie colorée. Des pots de petits produits (bougies ou soins) étaient aussi disposés sur la table.
- Étoffes et parures. Une autre exposante, au chapeau brun, déployait des bandes de tissu tissé, des étoffes teintes à l’indigo, des colliers de perles et des flacons de parfum.
- Bijoux et lingerie ornée. Un dernier stand mettait en avant des parures de taille en perles et des ensembles décorés présentés sur mannequin.









