Le bilan reste, à cette heure, provisoire et lourd. Un ferry assurant la liaison entre Surabaya, sur l'île de Java, et Banjarmasin, sur l'île de Bornéo, a chaviré dans la nuit de samedi à dimanche au large des côtes indonésiennes, dans les eaux de Masalembo, en mer de Java. Selon les autorités locales, le navire, baptisé Virgo Transport 8, transportait plus de 240 personnes au moment du drame. Six corps ont été retrouvés et environ 129 personnes demeurent portées disparues, malgré l'intensification des opérations de secours engagées dès lundi matin.
Le contact avec le navire a été perdu vers 2 heures du matin dimanche. Selon les explications fournies par I Putu Sudayana, responsable du bureau local de recherche et de sauvetage de Banjarmasin, le capitaine avait auparavant lancé un appel de détresse, signalant que le bâtiment gîtait dangereusement sous l'effet de vagues atteignant jusqu'à trois mètres de hauteur. Deux heures plus tard, les autorités recevaient la confirmation que le ferry s'était retourné, à environ 148 kilomètres de Banjarmasin. Le manifeste du navire faisait état de 243 personnes à bord, dont 213 passagers et 30 membres d'équipage, même si les autorités indonésiennes reconnaissent qu'il n'est pas rare que ce chiffre diffère du nombre réel de personnes présentes. Le Virgo Transport 8 transportait également 89 véhicules.
Dès dimanche après-midi, 107 personnes avaient pu être secourues, avec l'aide de remorqueurs et de navires de passage présents dans la zone. Ce lundi, l'Agence nationale de recherche et de sauvetage (BASARNAS) a déployé un dispositif considérablement renforcé : 17 navires et aéronefs, mobilisant environ 655 personnels issus de l'armée, de la police et d'autres services, ont été engagés dans les opérations. Des équipes spécialisées, ainsi que des drones thermiques sous-marins de la marine, ont également été déployés pour accélérer les recherches et tenter de localiser d'éventuels survivants ou d'autres victimes.
Les conditions météorologiques continuent toutefois de compliquer sérieusement le travail des secouristes. Des vagues pouvant atteindre 2,5 mètres ont été signalées dans la zone de recherche, rendant l'opération particulièrement périlleuse, y compris pour les navires de l'agence de secours elle-même. « C'est extrêmement risqué pour les embarcations », a averti un responsable local, précisant qu'un navire de 40 mètres de l'agence se trouvait lui-même en grand danger dans ces conditions.
L'origine exacte du naufrage n'a pas encore été établie. Le ministère indonésien des Transports a confirmé que le bâtiment s'était bien retourné, tandis qu'une enquête a été ouverte par la Direction générale des transports maritimes afin de déterminer si des facteurs météorologiques, techniques ou humains sont à l'origine du drame. Selon des informations recueillies sur le navire, le Virgo Transport 8, long de 119 mètres, avait été construit au Japon en 1987 et y avait été exploité jusqu'à l'année dernière, avant d'être racheté par l'opérateur indonésien actuel, la société PT Virgo Karya Shipping.
Ce nouveau drame maritime relance les interrogations récurrentes sur la sécurité du transport par ferry en Indonésie, archipel de plus de 17 000 îles où les naufrages, souvent liés à la vétusté des navires, à leur surcharge ou à des conditions météorologiques difficiles, demeurent malheureusement fréquents. Les familles des passagers portés disparus continuaient, ce lundi, d'affluer vers le centre de commandement des secours à Banjarmasin, dans l'attente de nouvelles.







