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L'UE débloque 6,6 milliards d'euros pour l'Ukraine après la levée du veto hongrois

Après des années de blocage, les Vingt-Sept se sont accordés vendredi sur le remboursement de fonds avancés à l'Ukraine, ouvrant la voie à de nouvelles aides. Le déblocage doit beaucoup à la défaite électorale du Hongrois Viktor Orban, longtemps opposé au mécanisme.

JGJunior Gnapié25 septembre 2026⏱ 3 min de lectureLu 4 foisActualité
Drapeaux de l'Union européenne devant le bâtiment Berlaymont à Bruxelles
📷 Illustration : Drapeaux de l'Union européenne, bâtiment Berlaymont, Bruxelles
L'Union européenne est parvenue, vendredi 25 septembre, à un accord sur le financement de 6,6 milliards d'euros à l'Ukraine, des fonds déjà versés à Kiev par plusieurs États membres mais dont le remboursement était bloqué depuis des années, a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, selon France 24.
Ces fonds relèvent de la Facilité européenne pour la paix, un mécanisme destiné à rembourser les États ayant aidé militairement l'Ukraine. Sa mise en œuvre nécessite l'unanimité des Vingt-Sept à chaque étape. Une règle qui avait longtemps permis à la Hongrie de Viktor Orban, proche de Moscou, d'opposer son veto. Selon le journal belge La Libre, ce blocage a pris fin après la victoire électorale de Peter Magyar en Hongrie en avril, qui a changé la donne sur plusieurs dossiers européens liés à l'Ukraine.

4,7 milliards remboursés, le reste pour de nouveaux projets

Sur la base d'une proposition de Kaja Kallas, l'accord prévoit que 4,7 milliards d'euros soient remboursés aux États membres qui avaient avancé les fonds. Plusieurs d'entre eux ont déjà annoncé vouloir les réinvestir dans des projets d'armement conjoints avec Kiev. Quelque 900 millions d'euros financeront la mission européenne de formation des forces ukrainiennes, et un milliard d'euros sera consacré à de nouveaux achats groupés d'armement, a précisé la responsable européenne sur le réseau X.

« « Les attaques hybrides de Moscou cherchent à intimider l'Europe pour l'amener à réduire son soutien à l'Ukraine. L'Europe fait exactement le contraire. » »

Cette déclaration de Kaja Kallas intervient alors que la guerre continue de frapper les civils ukrainiens. Le jour même de l'annonce, une frappe de drone a visé un immeuble de bureaux à Kiev en pleine journée, faisant au moins quatre morts et sept blessés, dont un enfant, selon le maire de la capitale, Vitali Klitschko, cité par France 24. Un peu plus tôt, un autre drone avait frappé un immeuble résidentiel, tuant un garçon de 14 ans, un adolescent qui, selon le ministère israélien des Affaires étrangères, possédait la nationalité israélienne. Plus de trente personnes ont été blessées au total dans ces attaques, toujours selon le maire de Kiev.

Vers de nouveaux systèmes de défense antiaérienne

Le même vendredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé avoir obtenu l'accord définitif de Donald Trump pour produire, sur le sol ukrainien, des systèmes de défense antiaérienne Patriot, une technologie jugée nécessaire par Kiev pour intercepter les missiles balistiques russes.
Cet accord de vendredi est distinct d'un autre mécanisme, plus large, déjà validé en avril : un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, adossé aux avoirs russes gelés en Europe, dont la mise en musique avait elle aussi buté sur des résistances politiques à Bruxelles. Les deux dossiers illustrent la difficulté chronique de l'UE à transformer sa solidarité affichée envers Kiev en décaissements rapides, tant que la règle de l'unanimité laisse à un seul État membre la capacité de bloquer l'ensemble du mécanisme.
Pour l'Afrique de l'Ouest, cet accord européen ne change rien dans l'immédiat aux prix de l'énergie ou des céréales, mais il confirme la poursuite d'un soutien financier occidental à l'Ukraine que Moscou espérait voir s'éroder. Un signal suivi de près par les chancelleries de la sous-région, où plusieurs pays ont dû arbitrer, depuis 2022, entre leurs partenariats occidentaux traditionnels et une présence russe croissante, notamment dans le Sahel voisin.
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