« Nous appelons tous nos camarades à surseoir à tout mouvement de grève pour aller à la concertation et au dialogue. » L'appel a été lancé samedi 26 septembre depuis Abidjan-Plateau, à l'occasion d'un point de presse tenu à l'Ivotel, par un comité rassemblant plus d'une soixantaine de leaders syndicaux et responsables d'organisations professionnelles de la filière café-cacao, rapporte Connection Ivoirienne.
Une filière en crise, un comité qui refuse l'épreuve de force
Le site ne détaille pas l'origine exacte de la crise évoquée, mais la déclaration commune des signataires en dessine les contours : une partie des producteurs conteste la gestion actuelle de la filière et envisage un débrayage, tandis que ce comité entend au contraire écarter toute confrontation. Selon Connection Ivoirienne, ses membres jugent qu'il ne serait « pas nécessaire de profiter de cette situation trouble » pour mener des actions comme la grève, qui « ne fera qu'aggraver les difficultés des producteurs ».
Le comité est présidé par Tia Marcel, également président-directeur général du Conasa-CI (Conseil national du syndicat agricole de Côte d'Ivoire). Devant la presse, il a posé la question qui, selon lui, doit trancher le débat : « Est-ce le départ du DG du Conseil café-cacao qui pourra résoudre les problèmes des producteurs de café-cacao ? Nous pensons que non. » Il a appelé ses « camarades de la filière » à se ranger, avec l'Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao et le Conseil café-cacao, pour porter ensemble leurs difficultés devant le gouvernement.
Soutien affiché au prix de 1 200 FCFA le kilo
Siby Guehi Albert, porte-parole de l'organisation et président du Synaproca-CI, a lu au nom de ses camarades une déclaration détaillant les positions du comité : dire non à toute « instrumentalisation » des difficultés de la filière, s'engager pour la continuité de la commercialisation, respecter le mécanisme de commercialisation en vigueur, et exprimer leur « total soutien » au gouvernement, qui a fixé le prix bord champ du cacao à 1 200 FCFA le kilo, précise Connection Ivoirienne.
La déclaration commune, à laquelle ont souscrit notamment le Synapjea-CI, l'Apccid, la Fenascoopa-CI, l'Apcc-HS, le Synefcc-CI et Fesa, revendique une volonté de « tourner la page de la confrontation » avec le régulateur. Le comité reconnaît lui-même, dans son communiqué, l'existence de « voix discordantes » au sein de la filière, preuve que son appel au dialogue ne fait pas, à ce stade, l'unanimité chez les producteurs.
Ce que cet article ne permet pas de vérifier
Cette prise de position n'a pu être recoupée, à l'heure où ces lignes sont écrites, par une deuxième source : un article annonçant une grève de producteurs du Haut-Sassandra, repéré au cours de la collecte du jour, s'est révélé inaccessible en raison d'une protection anti-robot. Il n'est donc pas possible, sur la seule base du texte lu, de préciser l'ampleur exacte du mouvement que ce comité cherche à empêcher, ni la position du Conseil café-cacao lui-même, qui ne s'exprime pas dans cet article.







