6,05 dollars le gallon. C'est la moyenne nationale du diesel constatée aux États-Unis ce vendredi 11 septembre, contre 5,85 dollars la semaine précédente et à peine 3,70 dollars un an plus tôt, en septembre 2025. L'essence ordinaire, elle, s'échange à 4,29 dollars le gallon. Ces chiffres marquent un record historique pour le carburant qui fait tourner l'essentiel du transport routier de marchandises aux États-Unis.
La cause ne fait guère mystère : c'est la guerre qui oppose les États-Unis à l'Iran depuis fin février qui perturbe l'approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient. Le détroit d'Ormuz, point de passage obligé pour une part considérable du trafic pétrolier mondial, fonctionne au ralenti sous l'effet des tensions militaires. Résultat, le baril de Brent a dépassé les 105 dollars vendredi, contre environ 70 dollars avant le déclenchement du conflit. Selon les projections de S&P Global Energy, la production pétrolière moyen-orientale ne devrait pas retrouver son niveau d'avant-guerre avant 2027 au plus tôt.
Le poisson et les fruits avant tout
L'onde de choc se propage d'abord par les produits qui exigent une chaîne du froid ininterrompue. Selon l'Independent Grocers Alliance, le carburant représente entre 15 et 30 % du coût total de transport des denrées alimentaires aux États-Unis. Les produits de la mer, particulièrement sensibles à la rupture de la chaîne du froid, ont vu leur prix grimper de 7 % ; les fruits et légumes frais, de 4,9 %.
Les grands transporteurs ont déjà ajusté leurs tarifs en conséquence. Amazon a instauré dès avril une surtaxe carburant de 3,5 % pour les vendeurs tiers présents sur sa plateforme, tandis qu'UPS, FedEx et le service postal américain ont chacun ajouté leurs propres frais liés au carburant sur les livraisons.
Un choc bien plus lourd hors des États-Unis
C'est là que l'histoire prend une dimension qui concerne directement le continent africain. Si la hausse américaine choque par son ampleur, elle reste modérée comparée à ce que subissent d'autres pays. Le Nigeria a vu ses prix du diesel grimper de plus de 90 % depuis fin février. L'Indonésie enregistre une hausse de 87 %, le Liban de 80 %. Ces économies, plus dépendantes des importations pétrolières et moins équipées pour absorber le choc par des subventions ou des réserves stratégiques, encaissent une facture énergétique autrement plus sévère que celle des ménages américains.
« Selon les projections citées par la presse économique américaine, aucun retour à la normale n'est attendu tant que le conflit israélo-iranien, dans lequel Washington s'est engagé militairement, ne trouve pas d'issue négociée. »
Pour l'instant, aucun calendrier de sortie de crise ne se dessine côté américain, et les marchés pétroliers continuent d'intégrer la prime de risque liée à ce conflit qui, sept mois après son déclenchement, pèse déjà sur le porte-monnaie de millions de consommateurs, de Detroit à Lagos.







