La Guinée a désormais sa première raffinerie d'or. Dimanche 1er novembre, le président Mamadi Doumbouya a inauguré la Nimba Gold Refinery à Gbessia, une commune de Conakry, près de l'aéroport international. L'entreprise affirme pouvoir traiter 733 tonnes par an, une capacité nominale, c'est-à-dire un plafond à pleine utilisation, et non une production attendue.
Une cérémonie sous le signe de la souveraineté
Le Premier ministre Amadou Oury Bah, le ministre des Mines et de la Géologie Bouna Sylla, des membres du gouvernement et des acteurs du secteur minier assistaient à l'inauguration. Le ministre a déclaré que l'époque où la Guinée exportait son or brut, en laissant à d'autres la valeur du raffinage, est révolue. Il a rattaché le projet au programme Simandou 2040 et à l'ambition de faire du pays un pôle régional de transformation des minerais.
Moussa Magassouba, qui s'exprimait au nom de l'entreprise, a avancé qu'à 50 % de sa capacité l'usine pourrait traiter l'équivalent d'environ 4,5 milliards de dollars par an. Le mode de calcul n'a pas été expliqué. Il a aussi assuré que l'entreprise voulait répondre aux normes internationales et attendait des résultats au quotidien, de l'État comme du public.
Une obligation de raffiner sur place
L'inauguration fait suite à une décision prise cet été. Selon le Rio Times, Mamadi Doumbouya a annoncé le 19 juin la fin des exportations d'or brut. Un décret de juillet a laissé 90 jours aux opérateurs pour s'adapter, et seul l'or raffiné et certifié en Guinée peut désormais sortir du pays. Les premières barres raffinées ont été exportées le 9 octobre. Le média rapporte que la Guinée a exporté environ 70 tonnes d'or en 2025, d'après des chiffres du ministère, et que près de 70 % de son or provient de mineurs artisanaux.
Ces éléments viennent d'une seule source parmi celles consultées. Plusieurs médias avaient toutefois titré en juin sur cette interdiction, ce qui la rend peu contestable dans son principe, même si le détail du décret reste à vérifier.
Un achat public d'or en francs guinéens
Le ministre Bouna Sylla a également indiqué que l'État compte acheter jusqu'à 30 % de la production des exploitants industriels et semi-industriels, payés en francs guinéens. L'objectif est de renforcer les réserves de change de la banque centrale. Selon le Rio Times, ce mécanisme s'inscrit dans le Code minier.









