Le blocus des lycées français a repris lundi 2 novembre, jour de rentrée après les vacances. À 9 h 30, 41 établissements étaient bloqués, un peu plus de 1 % des quelque 3 700 lycées du pays, d'après les chiffres du ministère de l'Éducation. L'Union syndicale lycéenne (USL) en a dénombré 150 et conteste le décompte officiel. L'écart entre les deux chiffres résume l'état du dialogue : chaque camp décrit un mouvement de taille différente.
Marseille, Toulouse, Lyon
Selon des militants lycéens, sept lycées sur 75 étaient bloqués à Marseille. À Toulouse, au moins sept établissements l'étaient aussi. À Lyon, la préfecture du Rhône a compté 15 établissements devant lesquels des rassemblements se tenaient, dont un a basculé en cours à distance. Au lycée Ampère, la police a retiré calmement les objets du blocage. Une personne a été interpellée en banlieue lyonnaise pour usage d'un mortier.
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a jugé la situation « assez résiduelle » sur France Inter, selon l'AFP. Il a aussi averti que plusieurs centaines de milliers d'élèves n'avaient pas eu cours pendant quatre ou cinq semaines, ce qui met l'année scolaire « en risque ».
Ce que le gouvernement a déjà annoncé
La semaine précédente, le gouvernement a annoncé le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028, l'annulation de suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafond de 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places de plus dans l'enseignement supérieur. Les organisations de jeunesse y voient un « premier pas » insuffisant. L'intersyndicale (USL, Unef, Fage, Union étudiante) réclame 10 milliards d'euros d'investissement et l'abrogation de Parcoursup.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est dit prêt à recevoir des représentants étudiants « la semaine prochaine ».
Le calendrier des prochains jours
Mardi, un appel à bloquer lycées et universités est lancé. L'Unef parle d'une « journée noire » pour les universités. La préfecture de police de Paris a refusé un défilé du Panthéon au siège du Medef et propose un itinéraire en périphérie ; le collectif Interfac Île-de-France compte saisir le tribunal administratif. Jeudi, des salariés doivent se mobiliser contre la vie chère, et les organisations de jeunesse veulent les rejoindre.
À l'origine, le mouvement lycéen était parti de lycées de banlieue parisienne. Le 30 septembre, il touchait 356 établissements selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, avec 625 interpellations dans la journée. Un mois plus tard, les chiffres officiels sont beaucoup plus bas, mais les syndicats maintiennent la pression.
Les sources lues ne permettent pas de dire comment ce blocus affecte les élèves d'origine africaine ou les familles de la diaspora, ni d'évaluer l'effet des annonces sur le terrain. Ces points restent à documenter.









