Plus aucune mangue ivoirienne n'entre dans l'Union européenne depuis le 1er août 2026. Le 15 octobre, à la Caistab, au Plateau, le ministre de l'Agriculture Bruno Nabagné Koné a détaillé les mesures du gouvernement pour tenter de rouvrir ce marché, qui absorbe plus de 80 % des volumes exportés selon Afrique sur 7.
Ce que représente la filière
La Côte d'Ivoire produit environ 180 000 tonnes de mangues par an, dont près de 35 000 tonnes partent vers l'Europe. La filière compte environ 5 000 producteurs, plus de 20 000 hectares de vergers, neuf régions productrices et une cinquantaine d'exportateurs. Selon le ministère, elle fait vivre environ 100 000 personnes et rapporte quelque 7 milliards de FCFA par campagne. La mangue est le deuxième fruit exporté du pays, après la banane.
Pourquoi Bruxelles a fermé la porte
En cause : la mouche des fruits. Selon Afrique sur 7, l'Union européenne a durci ses exigences contre ce nuisible en 2019. Les lots ivoiriens interceptés à ses frontières sont passés de 32 en 2024 à 12 en 2025, avant de remonter à 27 en 2026. KOACI confirme ce dernier chiffre. D'après le journal, le ministère estime qu'une petite part des exportateurs, 15 %, concentre plus des deux tiers des interceptions, et que le fret aérien, qui pèse 2 % des volumes, explique près d'un quart des lots refoulés.
Cinq grandes mesures
Pour la campagne 2027, quinze exportateurs et neuf stations de conditionnement sont écartés. Trente-trois exportateurs et trente-quatre stations restent agréés. Les expéditions par avion sont suspendues pour toute la campagne. Une enveloppe de 3,5 milliards de FCFA doit financer le traitement phytosanitaire de l'ensemble du verger et la pose de plus de trois millions de pièges avant la prochaine floraison. Les contrôles sont renforcés, de la plantation jusqu'aux points de sortie, et chaque lot devra pouvoir être rattaché à son verger, à son producteur et au technicien de récolte.
Un mémorandum de réformes a été remis aux autorités européennes en juillet 2026, d'après KOACI. Une cellule nationale de suivi des exportations a été installée fin août. Le Conseil des ministres du 23 septembre a confié la régulation de la filière au Conseil du coton, de l'anacarde et du karité.
Le ministre a refusé de s'engager : « Je ne vous donnerai pas de date, parce que cette décision ne nous appartient pas seuls », a-t-il déclaré, d'après KOACI. La décision finale revient aux instances européennes, après évaluation des garanties phytosanitaires. Le gouvernement vise une reprise dès la campagne 2027, qui démarre habituellement en mars.
« « Une suspension, aussi sérieuse soit-elle, est une épreuve, pas une fin. » Bruno Nabagné Koné, ministre de l'Agriculture (cité par Afrique sur 7) »
À l'adresse des partenaires européens, il a ajouté : « Nous ne demandons aucune faveur », rapporte KOACI. Aux professionnels, il a promis que ceux qui se conformeront seront accompagnés, et que les autres seront écartés.









