Londres a pris des airs de gala pour une soirée qui restera dans les annales. La 70ᵉ cérémonie du Ballon d’Or, organisée par France Football, a quitté pour la première fois le sol français afin de rendre hommage au tout premier lauréat, l’Anglais Stanley Matthews, couronné en 1956. Le coup d’envoi a été donné avec trois quarts d’heure de retard, à 20 h 45 heure locale, dans le célèbre théâtre de West End.
Putellas, la reine de retour
C’est la plus belle histoire de la soirée. Absente du podium ces dernières années, Alexia Putellas, 32 ans, remporte le Ballon d’Or féminin pour la troisième fois, après ses sacres de 2021 et 2022. La milieu espagnole, désormais joueuse des London City Lionesses, a été récompensée pour une saison marquée par la victoire du FC Barcelone en Ligue des champions. Elle s’impose en l’absence de la triple tenante du titre, Aitana Bonmatí, qui ne figurait pas dans la liste des nommées. Le Barça est aussi élu meilleur club féminin de l’année, et son entraîneur Pere Romeu a reçu le trophée de meilleur coach féminin, ce qui fait trois prix sur trois pour la Catalogne en début de cérémonie.

Kane, le sacre attendu
C’était la grande attente de la soirée, et elle a été comblée. Harry Kane, capitaine de l’Angleterre, a été désigné meilleur joueur du monde, pour la première fois de sa carrière. Vainqueur de la Bundesliga et demi-finaliste de la Ligue des champions avec le Bayern Munich, il avait aussi mené l’Angleterre jusqu’aux demi-finales de la Coupe du monde. Il devance Lamine Yamal, deuxième, et Kylian Mbappé, troisième, et succède à Ousmane Dembélé, tenant du titre.
Les Londoniens, qui l’avaient déjà ovationné en début de soirée lorsqu’il a reçu le Trophée Gerd Müller du meilleur buteur de l’année, après ses 61 buts avec le Bayern en 2025-2026, ont savouré ce moment à quelques kilomètres de son ancien stade de Tottenham. La Mexicaine Charlyn Corral a reçu le même trophée côté féminin. Pour Kane, longtemps critiqué pour l’absence de titre majeur, le Ballon d’Or vient couronner une saison de records et une patience devenue légendaire.
La razzia espagnole
Lamine Yamal, 19 ans, a ouvert le bal en remportant le Trophée Kopa pour la troisième année consécutive, après une saison où il a décroché le titre de champion d’Espagne et la Coupe du monde avec la Roja. Le jeune prodige a toutefois estimé que son coéquipier Pau Cubarsí méritait le prix. Le sélectionneur Luis de la Fuente a été désigné meilleur entraîneur masculin après le deuxième sacre mondial de l’Espagne, et le Trophée Yachine est revenu à Unai Simón chez les hommes et à Cata Coll chez les femmes. Chez les clubs, le Paris Saint-Germain, champion d’Europe en titre, a été élu meilleur club masculin pour la deuxième année consécutive.
Enfin, l’Anglais Bukayo Saka a reçu le Prix Socrates, remis par le chanteur nigérian Burna Boy, pour son engagement caritatif.
Les coulisses de la cérémonie
Les coulisses ont été aussi commentées que la scène. Avant même le début du gala, le site officiel du Ballon d’Or avait publié par erreur un article titré « Harry Kane remporte le Ballon d’Or 2026 », vite retiré. L’épisode avait d’abord été présenté comme un texte préparé en prévision de plusieurs scénarios, comme il en existait aussi pour Yamal et Kylian Mbappé ; il a pris un tout autre relief quand le nom du vainqueur a été prononcé. Sur le tapis rouge, Kane, Mbappé et Yamal sont arrivés parmi les premiers, et l’ancien Ballon d’Or anglais Michael Owen, dernier Britannique couronné, était présent dans la salle. Ronaldo Nazário avait annoncé, au micro de DAZN, qu’il remettrait lui-même le trophée du vainqueur. Luis Enrique, l’entraîneur du PSG, a de nouveau manqué la cérémonie, et le trophée du meilleur club masculin a été récupéré sur scène par Ousmane Dembélé, selon la presse. Autre fait notable : le coup d’envoi, retardé de 45 minutes, a laissé les invités patienter plus longtemps que prévu.
Une soirée à double accent, anglais et espagnol
Entre le sacre tant attendu de Harry Kane, la domination du Barça, la Coupe du monde remportée par l’Espagne et l’éclat d’une Alexia Putellas de retour au sommet, la 70ᵉ édition aura confirmé le poids du football espagnol, mais aussi la montée en puissance du football féminin, mis en lumière à Londres comme jamais. Reste désormais, pour les supporters, à débattre des absents et des « injustices », une tradition à laquelle le Ballon d’Or n’a jamais échappé.









