Huit cent soixante-dix-sept euros et cinquante centimes. C'est, depuis le 1er août 2026, le montant mensuel minimal que doit désormais justifier tout candidat à un visa de long séjour pour études en France, contre 615 euros auparavant, soit une hausse de 42,7 %, selon les informations recoupées par Africa Radio et le site Le360 Afrique.
Sur une année, le montant de référence grimpe ainsi de 7 380 à 10 530 euros, un effort supplémentaire de 3 150 euros. Le nouveau seuil découle d'un décret publié le 22 juin 2026, qui indexe désormais le niveau minimal de ressources sur 47 % du SMIC mensuel brut français, alors que l'ancien montant forfaitaire de 615 euros n'avait plus été révisé depuis un arrêté du 31 décembre 2002.
Un couperet qui frappe d'abord l'Afrique
Selon les statistiques de Campus France pour l'année 2023-2024, citées par Le360, les régions Afrique du Nord-Moyen-Orient et Afrique subsaharienne représentent ensemble 53 % des 419 694 étudiants étrangers recensés en France. Le Maroc arrive en tête des pays d'origine avec 43 354 étudiants, suivi de l'Algérie (34 269), du Sénégal (16 955, en hausse de 37 % en cinq ans), de la Tunisie (15 224), de la Côte d'Ivoire (11 772 étudiants, huitième position, en progression de 10 % sur un an) et du Cameroun (10 880).
D'autres pays africains affichent une progression plus marquée encore sur cinq ans : le Bénin (+105 %), le Togo (+73 %) ou Madagascar (+28 %). Autant de trajectoires que la hausse du seuil pourrait compromettre, selon Le360, dans des pays où les bourses publiques restent limitées et où la solidarité familiale élargie compense généralement l'absence de revenus suffisants pour les familles concernées.
Le décret ne prévoit aucune modulation géographique ni clause de progressivité : le nouvel article R. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers s'applique uniformément à tout ressortissant de pays tiers, qu'il vienne d'un pays à haut revenu ou non.
Une échéance qui tombe à la rentrée
Selon Africa Radio, France-Visas confirme que les dossiers de visa déposés à compter du 1er août doivent être accompagnés de justificatifs correspondant à ce nouveau seuil. Les demandes déposées jusqu'au 31 juillet inclus restent, elles, examinées sur la base de l'ancien montant, et une période transitoire est prévue pour les étudiants ayant engagé leurs démarches avant l'entrée en vigueur de la règle. Les boursiers du gouvernement français, dont l'allocation dépasse déjà le nouveau seuil, ne sont pas concernés par la hausse.
« « Pour les futurs étudiants, notamment ceux qui préparent leur arrivée depuis Dakar, Abidjan ou Yaoundé, ce changement impose donc de revoir rapidement le budget du projet d'études en France », relève Africa Radio. »
— Africa Radio
Le seuil, désormais indexé sur le SMIC, sera révisé chaque année en fonction de l'inflation, sans qu'une nouvelle intervention du législateur soit nécessaire pour le faire grimper. Une mécanique appelée à durer, au moment même où la France affiche l'ambition d'attirer 500 000 étudiants étrangers d'ici 2027, contre 430 000 recensés en 2023-2024. Pour les familles ivoiriennes qui préparaient une rentrée en France, l'équation budgétaire vient, du jour au lendemain, de changer.







