Beugré Mambé appelle l'Afrique de l'Ouest à faire de l'eau un « vecteur de paix »
Le Premier ministre ivoirien a ouvert jeudi à Abidjan la première édition du Forum régional de l'eau de l'Afrique de l'Ouest. Vingt-huit bassins, 500 millions d'habitants : la région veut désormais parler d'une seule voix sur la gestion de ses ressources hydriques.
JGJunior Gnapié25 septembre 2026⏱ 3 min de lectureLu 2 foisEnvironnement
📷 Illustration : Beugré Mambé appelle l'Afrique de l'Ouest à faire de l'eau un « vecteur de paix »
« Gérer l'eau n'est pas seulement construire des ouvrages et adopter des textes. » C'est par cette mise en garde que le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a ouvert jeudi 24 septembre à Abidjan la première édition du Forum régional de l'eau de l'Afrique de l'Ouest (FREAO), selon l'Agence ivoirienne de presse (AIP).
Placé sous le thème « Valorisons l'eau pour transformer l'Afrique de l'Ouest », le forum réunit des délégations de toute la région pour deux jours de travaux, jusqu'à vendredi. Trois chiffres ont été mis en avant pour situer l'enjeu : 28 bassins hydrographiques, représentant 71 % de la superficie de la région, pour une population estimée à 500 millions d'habitants, soit environ un tiers de la population africaine.
« Bâtir la confiance entre les États »
Pour le chef du gouvernement ivoirien, la gestion régionale de l'eau relève avant tout d'un choix politique, qui doit se traduire dans les décisions des États plutôt que rester un vœu pieux.
« « Gérer l'eau, c'est bâtir la confiance entre les États, harmoniser nos politiques et faire en sorte que la ressource qui traverse nos frontières nous rapproche au lieu de nous diviser », a-t-il déclaré, selon l'AIP. »
Robert Beugré Mambé a salué l'institutionnalisation du FREAO comme un rendez-vous biennal, destiné à permettre aux pays ouest-africains de coordonner leurs efforts et de porter une voix commune sur les enjeux liés à l'eau. Face aux évolutions géopolitiques que traverse la région, il a plaidé pour le maintien d'une coopération que les bassins transfrontaliers rendent, selon lui, incontournable pour prévenir les tensions entre États voisins. Il a exprimé la gratitude de la Côte d'Ivoire envers la CEDEAO, l'UEMOA, le CILSS, les organismes de bassin et les partenaires techniques et financiers présents à Abidjan.
Financements et participation des femmes
Le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Assahoré Konan Jacques, a pour sa part insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de financements pour des solutions intégrées dans le secteur de l'eau : partenariats public-privé, financements climatiques, projets bancables. Il a également plaidé pour une meilleure participation des femmes, des jeunes et des communautés vulnérables aux instances de décision, et pour le renforcement de ce qu'il a appelé l'hydrodiplomatie régionale, un outil de dialogue entre États qui partagent un même bassin.
Concernant la Côte d'Ivoire, le ministre a rappelé l'adoption d'un nouveau Code de l'eau en 2023, ainsi que l'élaboration d'une politique nationale de l'eau et l'engagement d'un schéma directeur de gestion des ressources hydriques. Deux textes que le pays présente désormais comme un modèle à partager avec ses voisins.
Une couverture qui dépasse la seule agence officielle
Le site L'Infodrome a également consacré un article à l'ouverture du forum, centré sur l'hydrodiplomatie régionale autour des 28 bassins, signe que l'événement a mobilisé la presse ivoirienne au-delà de la seule agence de presse nationale. Son texte intégral n'a toutefois pas pu être consulté pour cette édition, la page étant protégée par un dispositif anti-robot au moment de la vérification.
Le forum doit s'achever vendredi 25 septembre par l'adoption de recommandations dont le contenu précis n'était pas encore connu à l'heure de la clôture de cette première journée de travaux. Reste à voir si cette « hydrodiplomatie » vantée par les officiels ivoiriens débouchera sur des engagements concrets, ou si elle restera, comme tant d'autres forums régionaux, une déclaration d'intention.