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Daloa : il avait menacé de la tuer, elle dormait parfois dehors par peur… deuxième féminicide en quatre jours

Dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 octobre, une commerçante a été tuée à la machette par son époux, qui s'est ensuite donné la mort, près de l'ancien corridor d'Issia, à Daloa. Ils laissent trois enfants. Selon les riverains, la jeune femme vivait sous la menace depuis longtemps. Quatre jours plus tôt, Fabienne, 26 ans, était tuée par son compagnon dans la même ville.

MBMadouce Boniking31 octobre 2026⏱ 3 min de lectureLu 1 foisFaits Divers
Daloa, il tue son epouse et se donne la mort
📷 Illustration : Daloa, il tue son épouse et se donne la mort.jpg © Abidjan4all
Daloa n'avait pas fini de pleurer Fabienne. Ce samedi 31 octobre au matin, une nouvelle a de nouveau glacé la Cité des Antilopes. Dans la nuit, une commerçante a été tuée à la machette par son mari, un cultivateur, qui s'est ensuite donné la mort. Le drame s'est produit vers l'ancien corridor d'Issia, non loin du maquis La Forêt, selon la page Daloa Actu, dont la publication a suscité plus de 1 200 réactions et 400 commentaires en quelques heures.
Le couple laisse trois enfants orphelins.

Une mort annoncée

C'est le détail qui revient dans tous les témoignages, et le plus insupportable. D'après les riverains interrogés par KOACI, l'homme, rongé par la jalousie, avait menacé sa femme de mort à plusieurs reprises. Elle avait peur. Au point de passer certaines nuits hors du domicile conjugal pour se protéger.
Toujours selon ces témoignages, que les autorités n'ont pas encore confirmés, il aurait aiguisé une machette la veille. Il n'y aurait pas eu de dispute au retour de son épouse. Il aurait attendu qu'elle s'endorme. Les forces de l'ordre n'ont pas encore communiqué sur l'enquête.
Sur Facebook, la douleur des proches déborde. Dans un message largement partagé, un membre de l'entourage s'adresse d'abord au mari, avec colère : « Tu as fini de la marier, signé devant le maire, devant Dieu et les hommes. Maintenant tu la tues dans la maison et tu te tues, laissant trois enfants orphelins. » Puis il se tourne vers la défunte, qu'il appelle Larissa : « Avant-hier et hier, on a échangé sur mon affaire de travail, tu m'as dit que Dieu allait me répondre. Tu es où ? » Et de conclure : « Je n'ai que mes larmes pour me consoler. »

Deux femmes en quatre jours, dans la même ville

Il y a quatre jours à peine, dans la nuit du 27 au 28 octobre, D. Lou Fabienne, dite Fabi, 26 ans, gérante de maquis, était tuée dans son domicile du quartier Kennedy 2. Son compagnon, un boulanger du même âge, interpellé par la BRI, aurait reconnu l'avoir frappée à la tempe avec une bouteille lors d'une dispute sur fond de soupçons d'infidélité.
Deux femmes. Deux conjoints. La même jalousie présentée comme mobile. Et à chaque fois, sur les réseaux sociaux, le même mot pour en parler : « crime passionnel ». Il faut cesser d'employer cette expression. Elle laisse croire que l'amour ou la jalousie pourraient expliquer un meurtre. Il s'agit de féminicides : des femmes tuées par leur partenaire, qui se croyait en droit de disposer de leur vie.

Pourquoi personne n'a rien pu faire ?

Le cas de Larissa pose une question que la Côte d'Ivoire ne peut plus esquiver. Une femme menacée de mort à plusieurs reprises, au point de fuir son propre domicile la nuit, à qui pouvait-elle s'adresser ? Le voisinage savait. Peut-être la famille aussi. Mais il n'existe pas, dans les faits, de dispositif simple et connu qui permette d'éloigner un conjoint menaçant avant qu'il ne passe à l'acte : ni ordonnance de protection rapide, ni hébergement d'urgence accessible dans une ville comme Daloa, ni réflexe de signalement.
Les associations de défense des droits des femmes réclament depuis des années que le féminicide soit reconnu comme une infraction à part entière dans le droit ivoirien, et qu'un recensement national soit tenu. Sans chiffres, ces drames restent des faits divers isolés, que l'on commente une journée avant de passer à autre chose. À Daloa, cette semaine, ils ne sont plus isolés.
Trois enfants viennent de perdre leurs deux parents. Leur avenir dépend désormais de la solidarité familiale, et peut-être de l'attention des services sociaux. Ce serait le minimum.
Si vous êtes menacée ou témoin de violences conjugales, n'attendez pas : appelez la police secours au 110, 111 ou 170, ou adressez-vous à la gendarmerie la plus proche.
MBMadouce Boniking — Rédaction Abidjan4AllJournaliste · Faits Divers
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