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FemmesAfrique du Sud

Dix corps de femmes en deux mois près de Johannesburg, deux suspectes arrêtées

Le corps de Jabulile Ntimba, retrouvé la semaine dernière à Dawn Park, porte à dix le nombre de femmes découvertes mortes en deux mois dans la banlieue de Johannesburg. Deux femmes ont été arrêtées ce week-end, une avancée saluée par la police sud-africaine sous forte pression.

MBMadouce Boniking22 septembre 20263 min de lectureLu 2 foisFemmes
Une main tenant une bougie allumée lors d'un rassemblement — photo d'illustration
Le corps a été retrouvé à moitié dénudé, enveloppé dans un drap, à Dawn Park, jeudi dernier. Jabulile Ntimba est la neuvième victime d'une série de meurtres de femmes qui frappe la banlieue de Johannesburg depuis juillet. Dimanche, une dixième victime était découverte à Soweto, cette fois enroulée dans une couette dans un parc.
Deux femmes ont été arrêtées ce week-end et inculpées de meurtre avec préméditation et d'entrave à la justice, en lien avec la mort de Jabulile Ntimba. Un homme, également interpellé, a été relâché sans charge. La police sud-africaine a qualifié ces arrestations de « percée » dans une enquête sous très forte pression, rapporte la BBC. Selon la cheffe adjointe de la police, la générale Tebello Mosikili, citée par la BBC, cette mort « semble découler d'une relation », évoquant la piste d'un possible triangle amoureux, sans confirmer si les dix cas sont liés entre eux ou relèvent d'un même auteur.

Une mobilisation née d'une disparition

La série avait commencé dans une relative indifférence : une femme de 37 ans retrouvée dénudée et entravée le 15 juillet dans le parc de Kempton, dans un pays qui enregistre, selon France 24, près de 60 homicides par jour. Deux autres corps suivent, dans des états similaires. C'est la disparition d'Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, 38 ans, partie courir en laissant sa fille de huit ans à la maison et jamais revenue, qui change la donne : la mobilisation en ligne de ses amis coureurs de fond attire l'attention du public sur cette série de meurtres qui, jusque-là, passait presque inaperçue.
« Suis-je la prochaine ? S'il vous plaît, ne nous tuez pas », pouvait-on lire sur les pancartes d'une manifestation organisée peu avant la découverte du dixième corps, rapporte France 24. « Quelqu'un nous a déclaré la guerre, et nous riposterons, nous ne capitulerons pas », a déclaré le Premier ministre de la province du Gauteng, Panyaza Lesufi. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promis que « tout » serait mis en œuvre pour élucider ces meurtres.

Une « catastrophe nationale » depuis fin 2025

Ramaphosa avait déjà qualifié les violences fondées sur le genre de « catastrophe nationale » fin 2025. Neuf mois plus tard, la Commission sud-africaine des droits de l'homme (SAHRC) constate, dans un communiqué du 16 septembre cité par France 24, que ces violences privent toujours les femmes de leurs droits fondamentaux à la vie, à la sécurité et à la dignité. Elle avance ses propres chiffres : 569 femmes tuées et 1 052 autres survivantes de tentatives de meurtre entre avril et juin 2026, et 8 814 viols signalés au premier trimestre de l'année.
Le taux de féminicides en Afrique du Sud est estimé à environ cinq fois la moyenne mondiale, selon France 24. La police recommande aux femmes de limiter leurs déplacements, d'éviter les zones isolées, de courir en groupe. Une consigne qui n'a pas convaincu Sabrina Walter, fondatrice de l'ONG Women For Change : jointe par le Mail & Guardian et citée par France 24, elle juge que la vigilance individuelle ne peut pas compenser des défaillances institutionnelles. L'association Action Society, de son côté, pointe le fonctionnement défaillant du système d'analyse ADN de la police et l'opacité des statistiques de criminalité locales.
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