Il a quitté Abidjan le mercredi 4 novembre, selon le communiqué du Front populaire ivoirien signé par son secrétaire général adjoint chargé de la communication, Ané Téhoua Eddie. Destination : Addis-Abeba, où se tient du 5 au 7 novembre la deuxième édition du Sommet africain des partis politiques (APPS 2026). Pascal Affi N'Guessan y représente le FPI parmi des dirigeants politiques venus de tout le continent.
Les images publiées par son entourage le montrent en bonne compagnie : aux côtés du président de la Commission de l'Union africaine, du Premier ministre éthiopien et de son vice-Premier ministre, ainsi que de Benedicta Lasi, présidente de l'Africa Governance Centre, basé au Ghana, présentée comme l'architecte du projet de rapprochement des partis politiques africains.
Un sommet pour faire des partis des acteurs économiques
Organisé par l'Africa Governance Centre en partenariat avec le Parti de la prospérité, au pouvoir en Éthiopie, le sommet se tient au musée commémoratif de la victoire d'Adwa, sous le thème « Gouverner pour la croissance : les partis politiques, architectes de l'avenir économique de l'Afrique ». L'idée est simple : sortir les partis d'une logique purement électorale pour en faire des lieux de réflexion sur les politiques économiques, la formation des dirigeants et le renforcement des institutions.
Au programme : l'emploi, la croissance inclusive, la résilience climatique et le développement durable, avec l'ambition de promouvoir des solutions africaines aux défis du continent. Le sommet doit déboucher sur une « Déclaration d'Addis-Abeba », dans la suite de la Déclaration de Ghana adoptée lors de la première édition, en août 2025 à Accra.
Pourquoi Affi N'Guessan est là
Pour le président du FPI, l'invitation tombe à point. Sa candidature à la présidentielle de 2025 a été rejetée par le Conseil constitutionnel. Son parti a subi deux scissions en cinq ans : le départ des fidèles de Laurent Gbagbo vers le PPA-CI en 2021, puis celui du courant d'Issiaka Sangaré, qui s'apprête à fonder son propre parti proche du pouvoir. Et l'opposition ivoirienne traverse une séquence difficile, avec plusieurs de ses cadres inculpés par la section antiterroriste d'Abidjan.
Dans ce contexte, Addis-Abeba offre à Affi N'Guessan ce qui lui manque à domicile : une tribune, de la considération et un statut d'interlocuteur. Être photographié avec le président de la Commission de l'UA et un chef de gouvernement africain, c'est rappeler qu'il reste, aux yeux du continent, un acteur politique de premier plan, ancien Premier ministre et chef d'un parti historique.

Les retombées pour le FPI
Les bénéfices sont de plusieurs ordres. D'abord, le réseautage : rencontrer des dirigeants de partis au pouvoir et d'opposition de tout le continent, nouer des liens, échanger sur les pratiques de mobilisation et de financement. Ensuite, la visibilité internationale, utile pour faire entendre la voix de l'opposition ivoirienne sur le « verrouillage » qu'il dénonce. Enfin, la crédibilité : un parti qui participe à des réflexions sur la gouvernance économique montre qu'il prépare un programme, pas seulement des slogans.
Ce réseau pourrait compter le moment venu. À l'horizon 2030, quand la question de la succession d'Alassane Ouattara se posera, le soutien ou au moins l'attention des grandes organisations africaines et des partis frères ne sera pas négligeable pour garantir un scrutin ouvert.
Notre regard
Cette présence est un bon coup diplomatique pour le FPI. Mais elle ne remplace pas le travail à domicile. Les sommets internationaux ne votent pas. Pour peser en 2030, Pascal Affi N'Guessan devra reconstruire un parti affaibli, rassembler une opposition éparpillée et convaincre des électeurs qui ont vu le FPI se diviser. Addis-Abeba lui donne une vitrine. Il lui reste à remplir le magasin.









